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Six heures après la victoire au bout du suspense de l'Albiceleste à Atlanta (3-2, doublé de Messi), la Suisse a éliminé la Colombie aux tirs au but (4-3 t.a.b.) grâce à un Greg Kobel décisif, samedi prochain à Kansas City. La France entre en scène jeudi face au Maroc à 22h00, sans Tchouaméni.
La Coupe du monde 2026 a refermé son chapitre des huitièmes mardi soir à Vancouver. Menée 2-0 jusqu’à la 79e minute par l’Égypte, l’Argentine championne du monde a trouvé la ressource pour s’offrir une nouvelle « remontada » à Atlanta (3-2) et rejoindre les quarts pour la troisième fois de rang en autant de confrontations à élimination directe. Quatre heures plus tard et 4 700 km au nord-ouest, la Suisse a mis fin à soixante-douze ans d’attente : Greg Kobel, désigné homme du match, a porté la Nati aux tirs au but face à la Colombie (0-0 après prolongation, 4-3 t.a.b.) pour s’offrir un quart de finale face à l’Albiceleste, samedi 11 juillet à Kansas City (3h00 heure de Paris). Le tableau des quarts est désormais complet, et la France entre en scène dès jeudi (22h00) à Boston face au Maroc, sans Tchouaméni.
À 06h00 heure de Paris, le matin bascule sur une compétition qui a perdu trois de ses têtes d’affiche en trois jours — Brésil, Portugal, et maintenant le champion d’Amérique du Sud égyptien dans les faits. Reste huit équipes, quatre affiches, et une dernière ligne droite qui commence par un classique : France-Maroc, revanche de la demi-finale 2022.
| Match | Score | Lieu / heure FR | Vainqueur | Quart suivant |
|---|---|---|---|---|
| Argentine – Égypte | 3-2 | Mercedes-Benz Stadium, Atlanta — 18h00 | Argentine | Suisse (sam. Kansas City) |
| Suisse – Colombie | 0-0 (4-3 t.a.b.) | BC Place, Vancouver — 22h00 | Suisse | Argentine (sam. Kansas City) |
L’Albiceleste avait déjà eu besoin d’une prolongation pour écarter le Cap-Vert en huitième, samedi (3-2). Quatre jours plus tard, à Atlanta, Scaloni a retrouvé le même type de soirée : une équipe adverse recroquevillée en bloc bas, un Messi buteur attendu, et un scénario qui s’est longtemps écrit contre le champion du monde. Sur un corner de Marwan Attia, Yasser Ibrahim prenait le meilleur sur Lisandro Martínez et ouvrait le score de la tête (1-0, 15e). Mostafa Shobeir, le portier égyptien, s’interposait ensuite sur un penalty de Messi (21e) et une frappe d’Alexis Mac Allister (28e), maintenant son équipe devant à la pause.
Le coup de grâce égyptien est arrivé à l’heure de jeu : Mohamed Salah lançait Haissem Hassan en contre, qui décalait Mostafa Zico pour le deuxième but (2-0, 67e). À ce moment, l’Argentine n’avait plus qu’un quart d’heure pour éviter l’élimination, et le sélectionneur faisait entrer Lautaro Martínez et Nico González. Le tournant est venu d’un corner de la gauche : Messi déposait un centre enroulé au deuxième poteau, et Cristian Romero, oublié par la défense, signait la réduction de la tête (2-1, 79e). Quatre minutes plus tard, le capitaine argentin égalisait d’une demi-volée somptueuse dans la surface, après un ballon mal repoussé par la défense égyptienne (2-2, 83e) — son huitième but du Mondial, à une longueur d’Erling Haaland et Kylian Mbappé au classement des buteurs. Dans le temps additionnel, Lautaro Martínez lançait Enzo Fernández d’une course de 60 mètres ; le milieu de Chelsea concluait d’une tête croisée au point de penalty pour valider la qualification (3-2, 90e+2). Sept minutes d’arrêt de jeu n’y ont rien changé.
Au coup de sifflet final, l’arbitre français François Letexier a fait l’objet d’une contestation ouverte du sélectionneur égyptien Hossam Hassan, qui a parlé d’« un arbitrage injuste » et estimé que son équipe aurait pu mener 3-1 sans un but refusé pour faute préalable à l’heure de jeu. RMC Sport a défendu la lecture du corps arbitral, estimant que la décision sur le but refusé s’inscrivait dans la cohérence d’un match à haute intensité. Pour Mohamed Salah, 34 ans, la soirée ressemble à un dernier match de Coupe du monde : l’ancienne gloire de Liverpool quitte la compétition après une soirée où il n’a que rarement pesé, et où son équipe a touché au but de l’exploit avant de céder dans la dernière demi-heure. Le point de minuit du 8 juillet avait déjà posé le scénario dans ses grandes lignes ; le récit complet se lit désormais avec la mention du retournement tardif et la statistique sur Messi, premier joueur de l’histoire à marquer lors de six matchs consécutifs du tableau final en Coupe du monde.
Le BC Place de Vancouver avait rendez-vous avec un match d’attente. À 22h00 heure de Paris, coup d’envoi du dernier huitième entre deux formations restées invaincues depuis le début du tournoi, et la prudence a dominé pendant 120 minutes. À la pause, 0-0, peu d’occasions franches, et une VAR intervenue sans qu’elle ne déclenche de penalty pour la Suisse malgré une action litigieuse. La Colombie, privée de plusieurs joueurs malades en fin de préparation, a évolué dans un 4-3-3 avec Luis Díaz, Luis Suárez et James Rodríguez en attaque ; la Suisse a répondu en 4-2-3-1 avec Breel Embolo en pointe et Granit Xhaka à la construction.
La prolongation n’a pas fait bouger le score. Et la décision s’est faite au tir au but, où Greg Kobel a pris le match à son compte. Le portier de Dortmund, élu homme du match par la FIFA, a arrêté deux tentatives colombiennes — la première dès la deuxième tentative, et une autre décisive qui a renvoyé la Nati en quarts pour la première fois depuis 1954, soit soixante-douze ans d’attente. Ruben Vargas a scellé la qualification en transformant le cinquième penalty suisse (4-3). La Colombie quitte le tournoi sur sa solidité défensive reconnue, mais sans avoir trouvé la faille offensive. Luis Díaz, annoncé comme la principale menace, n’a jamais réussi à prendre en défaut une défense suisse parfaitement organisée, et le forfait de dernière minute de Johan Manzambi (forfait après un virus gastrique) a privé la Nati d’une option offensive supplémentaire.
L’enjeu dépassait le seul huitième : le vainqueur hérite de l’Argentine, samedi 11 juillet à Kansas City, dans la nuit de samedi à dimanche (3h00 heure de Paris). Pour l’Albiceleste, l’adversaire change de profil : la Suisse, c’est une équipe qui n’a perdu qu’une seule fois dans le tournoi (3-1 contre l’Angleterre en phase de groupes), une défense à cinq par moments, et un état d’esprit de contender que la Nati n’avait plus affiché à ce niveau de la compétition depuis des décennies. La soirée du 7 juillet avait posé les clés tactiques de cette affiche ; la qualification de la Suisse valide le scénario d’un quart entre champions du monde et quart-de-finaliste 1954, sur un tempo qui s’annonce lent et tactique.
À 06h00 heure de Paris, les huit équipes encore en lice sont connues. La carte des quarts se lit ainsi :
| Date | Match | Heure FR | Stade | Enjeu |
|---|---|---|---|---|
| Jeu. 9 juillet | France – Maroc | 22h00 | Gillette Stadium, Boston | Revanche de la demi-finale 2022 |
| Ven. 10 juillet | Belgique – Espagne | 21h00 | AT&T Stadium, Dallas | Test grandeur nature pour la Roja |
| Sam. 11 juillet | Argentine – Suisse | 03h00 (nuit sam./dim.) | GEHA Field at Arrowhead, Kansas City | Champions du monde vs Nati retrouvée |
| Dim. 12 juillet | Angleterre – Norvège | 23h00 | Hard Rock Stadium, Miami | Premier choc Haaland-Bellingham |
La France, qui n’a pas joué mardi, entre en scène dans 38 heures. Et l’équipe de Didier Deschamps se présente à Boston avec un point d’interrogation de taille : Aurélien Tchouaméni, encore en marge de l’entraînement collectif mardi selon RMC Sport, reste très incertain pour le quart. Sans son milieu défensif, les Bleus perdent leur première sentinelle naturelle, et c’est toute l’architecture du milieu de terrain — Kanté au cœur du jeu, Camavinga en suppléant — qui se recompose. Le Maroc, tombeur des Pays-Bas en huitième (2-1), arrive avec l’étiquette de l’adversaire qui a déjà pris la France à la gorge il y a quatre ans à Doha.
Le premier quart hispano-belge (vendredi à Dallas) est l’autre test à suivre : la Belgique a sorti les États-Unis en huitième (4-1) en multipliant les piques sur l’affaire Trump-Balogun, et la Roja arrive avec le plein de confiance acquis depuis sa victoire sur le Portugal (0-1, but de Merino en fin de match). Samedi, l’Argentine-Suisse de Kansas City, et dimanche, l’Angleterre-Norvège de Miami, avec le premier choc générationnel Bellingham-Haaland : deux joueurs qui trustent le haut du classement des buteurs, et une affiche qui a toutes les cartes pour devenir le quart de la compétition.
Pas de match de Coupe du monde au programme ce mercredi 8 juillet. Les huit équipes en lice se reposent et peaufinent leurs derniers réglages. Le prochain rendez-vous est donc fixé à jeudi 9 juillet, 22h00 heure de Paris, avec l’entrée en lice de l’équipe de France face au Maroc au Gillette Stadium de Foxborough, dans la banlieue de Boston. La diffusion est confiée à TF1 et beIN Sports 1.
Avant cela, le terrain continue de vivre sur deux dossiers qui n’ont pas encore livré leur conclusion : le feuilleton Balogun, où la FIFA doit encore défendre sa décision de suspendre puis de réintégrer l’attaquant américain après l’intervention publique du président Donald Trump, et le cas Ronaldo, dont la presse portugaise unanime réclame la mise à l’écart de la sélection après l’élimination face à l’Espagne. Le point sur la succession de Roberto Martínez et le récit du huitième Angleterre-Mexique à l’Azteca complètent la photographie d’une Coupe du monde qui a perdu ses trois plus grands favoris en huit jours.