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À 11h00 heure de Paris, la photographie du quart de finale France-Maroc se précise : Deschamps a tranché (Barcola à gauche, Koné au milieu, Tchouaméni forfait), Hakimi a écrit à Mbappé, Bouaddi a choisi le Maroc malgré l'appel de Zidane, et le tableau des huit rescapés se lit à voix basse. Jeudi 9 juillet, 22h00, Gillette Stadium de Boston.
Six heures après la matinale qui a bouclé le tableau des quarts, la photographie de la Coupe du monde 2026 s’éclaircit à 11h00 heure de Paris, et le visage se précise : jeudi 9 juillet, à 22h00 au Gillette Stadium de Boston, la France entre en scène face au Maroc dans un quart de finale qui ressemble à une demi-finale avant l’heure. La compo probable des Bleus, la décision Barcola-Doué, le forfait pressenti d’Aurélien Tchouaméni, le message d’Achraf Hakimi à Kylian Mbappé, le choix du Lillois Ayyoub Bouaddi de rejoindre les Lions de l’Atlas, l’infirmerie des deux camps — tout ce qui manquait hier soir s’écrit désormais en clair à J-2 du choc.
L’autre versant du tableau n’est pas en reste. Six heures après la soirée d’Atlanta, où l’Argentine championne du monde a renversé l’Égypte (3-2) dans un nouveau scénario de remontada signé Messi-Romero-Enzo Fernández, et la nuit de Vancouver, où la Suisse a éliminé la Colombie aux tirs au but (0-0, 4-3 t.a.b.) grâce à un Greg Kobel en état de grâce, la planète football a basculé sur un Mondial à huit têtes, quatre affiches, et une dernière ligne droite où chaque détail compte.
Didier Deschamps a passé l’essentiel de la matinée à confirmer ce que L’Équipe avançait dans son édition et que Maxifoot a repris dans la nuit : le sélectionneur tricolore va reconduire l’équipe victorieuse du Paraguay (1-0) en huitième de finale, avec une seule véritable interrogation, et elle se nomme Bradley Barcola. L’ancien Lyonnais (23 ans, 25 sélections, 5 buts) conserve la préférence du staff pour animer l’aile gauche devant Lucas Digne — un choix qui n’a rien de neutre : Barcola aura face à lui un Achraf Hakimi on ne peut plus offensif, et c’est précisément dans le couloir laissé libre par le latéral parisien que le staff imagine pouvoir faire la différence.
Derrière, la défense ne bouge pas : Maignan dans les cages, Koundé-Upamecano-Saliba devant lui, Digne à gauche. Le milieu, en revanche, est recomposé par la force des choses. Aurélien Tchouaméni, qui s’est contenté d’un travail en salle lundi et mardi, est annoncé comme forfait pour le choc contre les Lions de l’Atlas. Pour le remplacer, Deschamps va une nouvelle fois faire confiance à Manu Koné, malgré la menace d’une suspension pour une demi-finale en cas de carton jaune. Rabiot complète l’entrejeu, Dembélé et Olise occupent les couloirs, et Kylian Mbappé, capitaine, emmène l’attaque.
La compo probable arrêtée par L’Équipe tient en une ligne : Maignan – Koundé, Upamecano, Saliba, Digne – Koné, Rabiot – Dembélé, Olise, Barcola – Mbappé (c). Le banc, lui, s’organise autour de la question Doué : Désiré Doué (21 ans, 12 sélections, 3 buts), entré face au Paraguay pour débloquer la rencontre sur penalty obtenu, reste le premier recours en cas de besoin offensif, mais part avec un temps de retard sur Barcola. Une seule incertitude, donc, et tout le reste verrouillé — ce qui, à 35 heures d’un quart de Coupe du monde, ressemble à un luxe.
Le Maroc, lui, n’a pas le même confort. À 18h00 heure de Boston (minuit heure française), les Lions de l’Atlas ont bouclé leur préparation et leur sélectionneur, Mohamed Ouahbi, a répété en conférence que son équipe n’arrivait pas en victime expiatoire, alors que le modèle statistique Opta ne leur accorde que 16 % de chances de victoire contre 65 % pour les Bleus. La question, à 11h00 heure de Paris, est plutôt celle des hommes qui manqueront à l’appel — et le tableau est épais. Ismael Saibari, l’attaquant du PSV Eindhoven, est sorti dès la 21e minute contre le Canada (3-0) en huitième de finale, touché à la cuisse. Chadi Riad, le défenseur central, était déjà absent au tour précédent. La décision sur leur participation, indique Linternaute, pourrait être prise le jour même du match, ce qui ouvre la porte à un plan B marocain : réaxer Noussair Mazraoui en défense centrale, faire glisser Anass Salah-Eddine, le latéral de la Roma prêté au PSV la saison passée, dans le couloir gauche.
L’autre ligne de fracture, plus humaine, traverse les vestiaires et les biographies. Achraf Hakimi, le latéral droit du PSG, a adressé un message à son ami Kylian Mbappé à la veille du quart de finale, comme l’a rapporté MadeInParisiens/Ouest-France mardi soir — un fil d’amitié au cœur d’un match que le football européen a appris à décrypter depuis la demi-finale de 2022 (2-0, buts de Théo Hernandez et Randal Kolo Muani). Sur la même ligne, Brahim Diaz, l’ailier du Real Madrid, a résumé l’équation à sa manière : « J’ai des coéquipiers qui jouent pour la France, alors si c’est eux qui se qualifient, tant mieux, parce que dans ce cas, c’est contre eux que nous jouerons. »
Mais le fil le plus inattendu du jour vient d’ailleurs. Dans un dossier consacré à Ayyoub Bouaddi (18 ans, milieu de terrain du LOSC), L’Équipe — reprise par Football365 — révèle que Zinédine Zidane en personne se serait entretenu avec le Lillois par téléphone pour tenter de le convaincre de rester avec les Bleuets. Sans succès. Bouaddi, qui a fait l’essentiel de sa formation en équipe de France Espoirs, a choisi le Maroc, où il a déjà pris une place de titulaire dans la rotation d’Ouahbi. « C’est un très bon joueur, mais on est assez fournis dans ce secteur de jeu. On a Rabiot, Koné, Zaïre-Emery, Kanté et Tchouaméni. Didier ne veut pas bloquer un joueur. Il ne veut pas prendre un joueur pour le faire jouer une minute afin qu’il ne puisse plus évoluer avec un autre pays. Il faut laisser à chacun le choix de sa nationalité sportive », a résumé l’adjoint de Deschamps, Guy Stéphan, en conférence de presse. À J-2 du quart, l’histoire Bouaddi est plus qu’un fait divers : c’est le fil rouge de tout un match entre deux pays liés par des dizaines de trajectoires communes.
Le tableau des huit équipes encore en lice est connu depuis six heures, mais la lecture de l’infirmerie, elle, se précise à l’heure du déjeuner parisien. Foot Mercato, qui a ouvert sa page live France-Maroc, recense côté français les absences de N’Golo Kanté (genou), Marcus Thuram (mollet), Maghnes Akliouche (maladie + hanche) et Lucas Chevalier (genou) — un secteur défensif et un banc déjà fragilisés avant le coup d’envoi. Côté marocain, Yassir Zabiri (musculaire), Azzedine Ounahi (statut inconnu) et Rayane Bounida (maladie) s’ajoutent à la liste, ce qui rend la composition d’Ouahbi tout aussi difficile à arrêter que celle de Deschamps.
Sur le plan des cotes, Winamax donne la France à 1,56, le nul à 3,85 et le Maroc à 6,25 — des chiffres qui valent ce qu’ils valent, et qui ne disent rien du scénario de la soirée. Le modèle de probabilité intégré à Foot Mercato va un peu plus loin (54 % France, 33 % nul, 13 % Maroc) et rejoint, dans ses grandes lignes, la projection d’Opta (65-16). Mais ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire : entre une Roja qui vient d’éliminer le Portugal, une Suisse qui retrouve les quarts pour la première fois depuis 1954, une Angleterre-Norvège Bellingham-Haaland en ligne de mire dimanche à Miami, et une Argentine qui a de nouveau trouvé la ressource contre l’Égypte, le tableau des quarts a basculé en 36 heures sur un Mondial où les trois grands favoris (Brésil, Portugal, Égypte surprise de la soirée) sont déjà dehors.
Reste le programme officiel des quatre affiches, à garder en tête jusqu’à jeudi soir. Jeudi 9 juillet, 22h00 heure de Paris : France-Maroc à Boston. Vendredi 10 juillet, 21h00 : Belgique-Espagne à Dallas. Samedi 11 juillet, 03h00 (nuit de samedi à dimanche) : Argentine-Suisse à Kansas City. Dimanche 12 juillet, 23h00 : Angleterre-Norvège à Miami. Quatre matches, huit équipes, et la photographie du jour qui, à 11h00, ne laisse aucun doute : ce Mondial est entré dans sa dernière ligne droite, et la France, cette fois, est dans le cadre.