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Pep Guardiola a quitté Manchester City dix ans après y avoir tout gagné. Pour le remplacer, le club mancunien n’a pas cherché à l’extérieur : il a rappelé Enzo Maresca, 46 ans, qu’il avait déjà accueilli chez les U23 en 2020-2021 puis dans son staff lors du triplé historique de 2022-2023. Lundi 29 juin, City a officialisé la nomination de l’Italien jusqu’en 2029, pour un montant d’environ 20 millions d’euros versé à Chelsea.
« Ce sera mon troisième sort ici », a résumé Maresca dans le communiqué publié par Manchester City. La formule n’a rien d’un détail : entre l’équipe réserve (2020-2021), l’adjoint lors du triplé Premier League-FA Cup-Ligue des champions (2022-2023), et le banc principal à compter de cet été, l’Italien a passé l’essentiel des six dernières années à apprendre le club de l’intérieur. Rare dans le football moderne, ce type de continuité devient même un argument de vente pour une direction qui mise sur la philosophie plus que sur le grand chambardement.
« Manchester City est un club que je connais très bien, et avoir la chance d’entraîner cette équipe est une formidable opportunité pour moi », a ajouté l’ancien milieu de terrain de la Juventus. Il a salué un club « incroyablement bien géré », avec une organisation « innovante, planifiée et ciblée ». Pour un technicien qui vient de connaître un divorce à peine digéré à Stamford Bridge, le retour à l’Etihad a tout d’une maison retrouvée.
Pour libérer Maresca, Manchester City a accepté de débourser environ 20 millions d’euros à Chelsea. Le montant, confirmé par plusieurs sources, a été immédiatement commenté par le club londonien. Lundi, Chelsea a publié un communiqué accusant son ancien entraîneur d’une « démission inattendue et abrupte » en décembre 2025, et révélant que l’Italien avait fait part dès l’automne 2025 de « son désir profond » de rejoindre les Skyblues. À Stamford Bridge, on rappelle que Maresca était lié par « un contrat à long terme » : le club dit n’avoir eu d’autre choix que de protéger ses intérêts en acceptant son départ, le 1er janvier 2026.
Le passif est d’autant plus lourd que le bilan de Maresca à Chelsea n’était pas négligeable : recruté après avoir fait remonter Leicester en Premier League en 2023-2024, il a remporté la Ligue Conférence puis, plus prestigieuse, la Coupe du monde des clubs à l’été 2025, avec une victoire 3-0 contre le Paris SG en finale. Une saison et demie de trophées, conclue par une crise de résultats en plein cœur de l’hiver 2025 et un licenciement interne.
Le technicien italien hérite d’une équipe qui n’a plus soulevé le titre de champion d’Angleterre depuis 2024 — le sixième de Guardiola et le premier depuis. Le vestiaire, lui, est en pleine bascule générationnelle. City a vu partir cet été deux historiques, John Stones et Bernardo Silva, piliers du triplé 2022-2023. Autour d’Erling Haaland, Rodri et Rayan Cherki, l’ossature reste solides, mais la page Guardiola se tourne sans préservatif.
L’enjeu européen pèsera tout autant. Sur les trois dernières saisons, City a quitté la Ligue des champions en quarts, en barrages puis en huitièmes de finale, loin du niveau qui fut le sien sous Guardiola. Maresca hérite donc d’une mission claire : retrouver le trône d’Angleterre et refaire du club un candidat sérieux au sacre européen.
L’histoire du football anglais enseigne qu’il est souvent très difficile de succéder à un manager ayant marqué son époque, comme ont pu l’être Alex Ferguson à Manchester United ou Arsène Wenger à Arsenal. Le précédent le plus frais reste celui de Liverpool : Arne Slot, arrivé dans la foulée du départ de Jürgen Klopp, a remporté la Premier League dès sa première saison, avant de ne pas survivre à une deuxième année plus difficile. Le modèle Guardiola-Maresca devra éviter le même piège.
L’avantage de l’Italien, c’est précisément d’avoir déjà partagé le vestiaire et les réunions avec Guardiola. Il connaît la maison, les exigences et, surtout, l’obsession de la possession. L’inconvénient, c’est que la comparaison sera permanente.