Coupe du Monde
22 juin 2026 8 min de lecture

Mondial 2026, matinale du 22 juin : le Cap-Vert fait plier l’Uruguay, l’Égypte signe sa première victoire

Le Cap-Vert a arraché un nul spectaculaire face à l'Uruguay (2-2) au Hard Rock Stadium et signé ses premiers buts en Coupe du monde. À Vancouver, l'Égypte a retourné la Nouvelle-Zélande (3-1) pour s'emparer de la tête du groupe G et écrire sa première victoire en phase finale.

Kevin Pina (Cap-Vert) célèbre après avoir ouvert le score face à l'Uruguay au Hard Rock Stadium de Miami lors de la Coupe du monde 2026

Miami, 22 juin, 6 heures. Pendant que l’Europe s’éclairait, deux matches ont suffi à redistribuer la Coupe du monde. Au Hard Rock Stadium, le Cap-Vert — 64e nation Fifa et premier Mondial de son histoire — a arraché un deuxième nul retentissant en s’offrant le scalp de l’Uruguay (2-2), obtenant au passage ses premiers buts dans la compétition. Trois fuseaux plus loin, au BC Place de Vancouver, l’Égypte a retourné la Nouvelle-Zélande (3-1) pour signer la toute première victoire de son histoire en phase finale et s’emparer de la tête du groupe G. Au petit matin, deux groupes basculent, deux « premières » se sont écrites en même temps, et la dernière journée de la phase de poules a déjà ses deux chocs : Espagne-Uruguay, Égypte-Iran.

La fenêtre nocturne de cette Coupe du monde à 48 équipes n’a pas seulement donné des résultats. Elle a redistribué les cartes dans deux groupes où tout restait ouvert après la première journée. Dans le groupe H, l’Espagne, qui avait évité le piège du Cap-Vert (0-0) avant d’écraser l’Arabie saoudite (4-0) dimanche soir, voit revenir l’Uruguay et la sélection capverdienne à deux longueurs, à égalité parfaite. Dans le groupe G, l’Iran et la Belgique, qui se quittaient sur un 0-0 stérile au SoFi Stadium la veille au soir, regardent désormais l’Égypte prendre les commandes après sa démonstration de Vancouver.

Les résultats de la nuit

  • Groupe H — Uruguay 2-2 Cap-Vert, au Hard Rock Stadium de Miami (terminé).
  • Groupe G — Nouvelle-Zélande 1-3 Égypte, au BC Place de Vancouver (terminé).

Les deux matches ont livré leur verdict dans la nuit de dimanche à lundi. À Miami, le scénario a basculé en première période, avant que le Cap-Vert ne s’offre un point historique. À Vancouver, l’Égypte a attendu le retour des vestiaires pour passer devant, puis a tué le match en fin de rencontre.

Cap-Vert : un premier Mondial qui se raconte déjà en exploits

Le premier coup franc de l’histoire du Cap-Vert en Coupe du monde est une frappe du pied droit, à plus de trente mètres, signée Kevin Pina à la 21e minute. La sélection capverdienne venait de poser ses valises dans un Mondial qu’elle découvre, après avoir tenu l’Espagne en échec (0-0) le 15 juin. Contre l’Uruguay, elle a fait mieux qu’exister : elle a mené. Le tir a trouvé le filet à droite de Fernando Muslera, sanctionnant une entame uruguayenne volontaire mais brouillonne.

L’Uruguay a resserré le jeu juste avant la pause. Maxi Araujo, déjà buteur contre l’Arabie saoudite lors du nul inaugural (1-1), a égalisé de la tête (44e) sur un ballon repoussé par le poteau du gardien Vozinha. Quatre minutes plus tard, dans le temps additionnel, Agustin Canobbio a donné l’avantage à la Celeste (45e+6). À la pause, l’ordre semblait rétabli : la Celeste devant, le conte de fées en suspens.

C’est à l’heure de jeu qu’Hélios Varela a replongé Miami dans le rêve. À la 61e minute, l’attaquant capverdien a trompé Muslera pour un 2-2 que plus personne au Hard Rock Stadium n’aurait parié une heure plus tôt. Score final : 2-2. Le Cap-Vert, qui jouait le deuxième match de sa première Coupe du monde, signe son deuxième nul contre deux candidats à la qualification. Vendredi 26 juin, à Houston, face à l’Arabie saoudite, il aura la possibilité de transformer l’essai en 8e de finale.

Le sélectionneur Marcelo Bielsa, lui, se retrouve avec une question simple : comment son Uruguay, privée de ses repères habituels, doit-elle se reconstruire avant d’affronter l’Espagne ? La Celeste a désormais deux points, comme le Cap-Vert, et un calendrier qui ne pardonne pas.

Égypte : la première, et elle est pour Vancouver

L’Égypte attendait ça depuis 1934. Quatre-vingt-douze ans, trois Mondiaux disputés sans victoire, et puis cette nuit au BC Place. Il a fallu un retournement de situation complet : les Pharaons ont été menés dès la 15e minute, après une tête de Finn Sormann sur corner, avant de réagir au retour des vestiaires pour l’emporter 3-1.

L’égalisation est venue de Mostafa Zico, de la tête, à la 58e minute, sur un centre de Mohamed Hani que le gardien néo-zélandais a effleuré sans pouvoir le détourner. Neuf minutes plus tard, Mohamed Salah a inscrit son premier but de cette Coupe du monde 2026, déclenchant un une-deux avec Zico avant d’ajuster une frappe rasante du droit. À 34 ans et 7 jours, le capitaine égyptien est devenu le plus vieux buteur de l’histoire de la sélection en phase finale, surpassant un record qui datait de Magdi Abdelghani contre les Pays-Bas en 1990.

Mahmoud Trezeguet a clos la marque à la 82e minute, de la tête sur corner, scellant une victoire qui dépasse le seul cadre du groupe G. Selon Opta, Mostafa Zico est devenu le premier Égyptien à marquer et à délivrer une passe décisive lors d’un même match de Coupe du monde. Salah, lui, porte son total à trois buts en phase finale et dépasse Abdel Rahman Fawzi au classement des buteurs égyptiens en Mondial. C’est aussi la première équipe africaine à retourner un match en Coupe du monde depuis la Tunisie contre le Panama en 2018.

Trois points pris à Vancouver, et l’Égypte se retrouve seule en tête du groupe G avec quatre unités. L’Iran et la Belgique, qui se neutralisent depuis le match nul de la veille, sont à deux points. La Nouvelle-Zélande, elle, ferme la marche avec un seul point après deux journées. Vendredi, à Seattle, l’Égypte affrontera l’Iran dans un match qui décidera probablement de la première place du groupe. L’Iran, en cas de victoire, reprendrait la tête. Pour l’Égypte, un nul suffirait à garantir au minimum l’une des huit places de meilleur troisième.

Ce que la nuit a changé au classement

Deux groupes, deux hiérarchies rebattues. Le groupe H, que l’on croyait promis à un mano a mano entre l’Espagne et l’Uruguay, doit désormais composer avec un troisième larron : le Cap-Vert est invaincu, et il suffit de regarder le calendrier pour comprendre que l’Espagne-Uruguay de la dernière journée vaudra plus qu’un simple match de poule. Dans le groupe G, l’Égypte a pris le pouvoir au bon moment : trois points contre la Nouvelle-Zélande, et une rencontre directe avec l’Iran pour finir.

  • Groupe H — 1. Espagne (4 pts) ; 2. Uruguay (2 pts, -1 diff.) ; 3. Cap-Vert (2 pts, 0 diff.) ; 4. Arabie saoudite (1 pt).
  • Groupe G — 1. Égypte (4 pts) ; 2. Iran (2 pts, 0 diff.) ; 3. Belgique (2 pts, 0 diff.) ; 4. Nouvelle-Zélande (1 pt).

Le format de ce Mondial — 12 groupes, deux premiers plus huit meilleurs troisièmes — laisse plus de place aux outsiders que les éditions précédentes. Le Cap-Vert en est l’incarnation la plus visible du jour : un nul contre l’Espagne, un nul contre l’Uruguay, et voilà une sélection qui se présente à Houston avec un destin en main. L’Égypte, elle, a simplement fait ce qu’elle n’avait jamais réussi à faire : gagner un match de Coupe du monde.

La suite de la journée

Le Mondial ne s’arrête pas à l’aube. Vendredi 26 juin, deux rendez-vous se détachent déjà du calendrier : Espagne-Uruguay, à confirmer côté horaire, et Égypte-Iran, programmé à Seattle (23h heure de l’Est, 20h heure du Pacifique, soit 5h du matin heure de Paris samedi). Deux matches qui décideront en grande partie de l’identité des huitièmes de finaliste dans ces deux groupes. Avant cela, la fenêtre de matches de lundi et mardi continue de s’ouvrir : d’autres affiches globales, d’autres retournements potentiels.

Pour replacer la nuit dans son cadre plus large, le récap du créneau minuit (Espagne 4-0 Arabie saoudite, Belgique 0-0 Iran), le rattrappage de la veille (Allemagne, Pays-Bas, Japon) et le récap du samedi 20 juin (groupes E et F) permettent de retrouver le décor global de ce week-end.

Sources