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Espagne 4-0 Arabie saoudite (Atlanta), Belgique 0-0 Iran (Los Angeles) : la Roja prend les devants du groupe H, l'Iran reste en course pour une qualification historique, et la Belgique devra gagner vendredi face à la Nouvelle-Zélande. La nuit continue avec Uruguay-Cap-Vert à 00h00 et Nouvelle-Zélande-Égypte à 03h00.
À minuit, heure de Paris, le Mondial 2026 a déjà changé de visage. L’Espagne a effacé son faux départ avec un 4-0 clinique face à l’Arabie saoudite, la Belgique continue de buter sur l’Iran, et Miami s’apprête à donner le coup d’envoi d’un Uruguay-Cap-Vert qui peut relancer ou enterrer une demi-douzaine d’histoires. Le week-end a choisi ses rythmes : ce qui se joue à présent, c’est la qualité du tri.
La soirée du 21 juin est l’une de celles où l’on voit une Coupe du monde basculer dans sa phase utile. L’Espagne ne parlait plus que de doutes depuis son nul inaugural face au Cap-Vert, la Belgique n’avait plus marqué depuis le premier match, et l’Iran jouait plus qu’un match : une partie d’image, après une préparation plus politique que sportive. Le coup d’envoi à Atlanta a suffi à relancer le récit.
Les deux premiers résultats sont définitifs : la Roja a plié le score en vingt-quatre minutes, l’Iran a obtenu le point qu’il était venu chercher. Tout ce qui suit est programme, pas pronostic.
Il y a un moment, dimanche soir à Atlanta, où la Coupe du monde 2026 a retrouvé son air habituel. Dix minutes : c’est le temps qu’il a fallu à Lamine Yamal pour signer son premier but en phase finale, sur un centre à ras de terre de Mikel Oyarzabal au second poteau. Dix minutes de jeu, et déjà la photo qui restera : Yamal taclant le ballon au fond, ovationné comme seul un toit plein peut ovationner un gamin de dix-huit ans à sa première titularisation en Mondial.
Lui-même n’avait joué que vingt petites minutes depuis sa blessure à la cuisse gauche, contractée le 22 avril. Entré en cours de match face au Cap-Vert, titularisé pour la première fois dimanche, il a fait ce que Luis de la Fuente attendait : relancer la Roja, ouvrir le couloir droit, étirer les lignes saoudiennes. Le sélectionneur espagnol a d’ailleurs préféré le sortir à la pause, avec Oyarzabal, pour le préserver avant l’Uruguay. La gestion dit tout d’un staff qui a compris qu’il tient un joueur à manier avec précaution.
Le reste du match a confirmé la lecture tactique. Oyarzabal, transparent contre le Cap-Vert, a signé un doublé express — à la 21e sur corner, à la 24e sur combinaison côté gauche — qui en fait, selon la lecture de TV5 Monde, l’un des doublés les plus rapides de l’histoire de la sélection espagnole. À 3-0 à la mi-temps, le scénario ne laissait plus qu’une question : quand le score bougerait-il encore ? Réponse dès la 49e, par un but contre son camp d’Hassan Al Tambakti sur corner, qui a fermé la marque.
Tout n’a pas été parfait : Ferran Torres a touché le cadre de peu, vu un but refusé pour hors-jeu dans le temps additionnel, et la défense saoudienne, étirée puis dépassée, a surtout cherché à limiter l’hémorragie. Mais le message envoyé au groupe H est clair : avec Yamal dans le onze, l’Espagne redevient une favorite, et la première place se jouera dans six jours face à l’Uruguay.
À plus de trois mille kilomètres de là, au SoFi Stadium de Los Angeles, l’autre match de la soirée a livré une vérité plus inconfortable encore pour les favoris. La Belgique a dominé comme on domine rarement : 11 tirs à 2 en première mi-temps, six fois plus de passes complétées, plus de 36 minutes de possession sur les 45 premières. Et zéro but au bout. Comme face à l’Égypte, où seul un CSC de Mohamed Hany avait sauvé les Diables.
Le 0-0 face à l’Iran raconte deux histoires, et il faut les raconter en parallèle. Côté belge, l’absence de Jeremy Doku a encore pesé sur la percussion offensive, et une génération dorée qui se rapproche de la fin n’a pas trouvé la clé. Côté iranien, c’est une soirée de résistance construite avec ce qu’il faut de solidarité, de chance et d’Alireza Beiranvand. Le gardien de la Team Melli a été infranchissable, sur sa ligne comme dans la lecture des centres, dans un match où les attaquants belges ont touché les zones mais pas la cible.
Le moment qui résume tout est intervenu à la 25e minute. Sur un coup franc à 35 mètres, le capitaine iranien Ehsan Hajsafi a joué court à travers le mur belge pour servir Mehdi Taremi, qui a conclu d’une frappe enroulée entre Thibaut Courtois et le poteau gauche. But refusé, après longue revue vidéo, pour un hors-jeau d’un rien. Une action que le Los Angeles Times décrit comme l’une des plus belles du tournoi — annulée pour un détail, mais révélatrice d’une équipe iranienne qui n’a pas attendu d’être menée pour proposer.
La seconde mi-temps a amplifié la tension. À la 62e minute, une mauvaise passe en retrait de Nathan Ngoy a lancé Taremi seul face à Courtois ; le défenseur belge a tiré le maillot de l’attaquant iranien et a été expulsé. La Belgique a joué le dernier tiers d’heure à dix, sans jamais trouver la faille malgré la supériorité numérique initiale. Vendredi, c’est la Nouvelle-Zélande qui se dressera sur la route des Diables. Sans Ngoy, sans repères offensifs, avec deux points en deux matches et l’obligation de gagner pour passer.
Pour l’Iran, le tableau est plus ouvert. Deuxième match sans défaite, un point qui rapproche d’une qualification historique en phase à élimination directe — un seuil que la sélection n’a jamais franchi en cinq participations. Il suffira de battre l’Égypte vendredi, dans un contexte où l’équipe a déjà transformé une préparation compliquée en énergie compétitive. Le Los Angeles Times le formule sans détour : la terrible, horrible, très mauvaise Coupe du monde de l’Iran est en train de devenir une autre histoire.
Le programme n’est pas terminé. Deux matches peuvent encore rebattre les cartes avant le lever du jour en Europe. À 00h00 heure de Paris, l’Uruguay entre enfin dans la compétition face au Cap-Vert, à Miami. La Celeste a déçu contre l’Arabie saoudite lors de la première journée et n’a plus le droit à l’erreur face à l’équipe héroïque qui a tenu l’Espagne en échec.
Dans le même groupe, une victoire espagnole conjuguée à un nul ou une défaite uruguayenne relancerait sérieusement le Cap-Vert, dont le premier point en Coupe du monde reste la performance du début de tournoi. À l’inverse, une victoire uruguayenne replacerait la Celeste en embuscade pour la première place.
À 03h00 heure de Paris, la Nouvelle-Zélande, convaincante face à l’Iran lors de la première journée, défie l’Égypte, qui a bousculé la Belgique. Dans le groupe G, les quatre équipes sont à égalité avec un point ou deux selon les matches du jour. Une victoire des All Whites relancerait une qualification qui semblait hors de portée ; un succès égyptien replacerait les Pharaons en position de favori pour la deuxième place. La nuit sera longue, et elle peut encore tout changer.
Ce qui se lit à minuit, ce n’est pas seulement une liste de scores. C’est une hiérarchie qui se précise, et une autre qui vacille. L’Espagne, attendue au tournant après le nul du Cap-Vert, a répondu comme une équipe qui connaît son rang. L’Iran, qui jouait plus qu’un match, a montré que sa qualification reste possible et que sa défense peut absorber la pression d’une grande nation. La Belgique, elle, continue de chercher ce qu’elle n’a plus depuis deux matches : un but inscrit par ses attaquants.
Si vous reprenez le fil du Mondial sur JustFootball, le rattrapage de la soirée précédente sur l’Allemagne, les Pays-Bas, le Japon et l’Espagne, le programme du 20 juin sur les groupes E et F et le point de minuit Suisse-Canada-Mexique-Corée permettent de retrouver le décor. Le Mondial 2026 n’a plus besoin d’être raconté comme une promesse : il commence à choisir ses favoris, ses déceptions, ses histoires à suivre.