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La Fifa blanchit l'arbitre VAR australien Shaun Evans, filmé dimanche avant Allemagne-Curaçao avec un geste associé au suprémacisme blanc. La Commission de disc

La Commission de discipline indépendante de la Fifa a annoncé lundi qu’elle refermait l’enquête visant l’arbitre assistant vidéo australien Shaun Evans, filmé dimanche lors de la présentation officielle des arbitres du match Allemagne-Curaçao semblant former un signe de la main associé au suprémacisme blanc. La décision de clémence n’épuise pas la question : il y a deux ans à peine, un geste comparable avait coûté son accréditation à un officiel lors de la finale féminine de skateboard des JO de Paris 2024.
Shaun Evans, 35 ans, est l’un des arbitres assistants vidéo déployés par la Fifa sur la Coupe du monde 2026. Dimanche 14 juin, au MetLife Stadium d’East Rutherford, il a été désigné pour officier derrière les écrans lors du premier match du groupe E entre l’Allemagne et Curaçao, remporté 7-1 par la Mannschaft. Sur un plan furtif de la présentation officielle des arbitres, l’Australien a été filmé semblant former un signe de la main en forme de « OK » inversé, un geste que les organisations antiracistes – dont la Ligue anti-diffamation aux États-Unis – associent depuis plusieurs années à un message de suprématie blanche, parfois résumé par l’expression « it’s OK to be white ».
L’image, captée par les caméras de Fifa TV et largement relayée dimanche soir, a immédiatement suscité une polémique qui a conduit la Fifa à ouvrir une enquête préliminaire dans la foulée du match.
Moins de quarante-huit heures plus tard, l’instance a refermé le dossier. Selon un communiqué de la Commission de discipline indépendante, « après avoir examiné l’affaire concernant l’arbitre assistant vidéo Shaun Evans, elle n’a trouvé aucun élément indiquant une violation » du Code disciplinaire de la Fifa. L’agence australienne de presse AAP, qui a rapporté la décision en premier dans la nuit de lundi à mardi, précise que la Commission s’est appuyée sur les éléments fournis par l’arbitre et sur l’examen des images.
Concrètement, Evans n’est pas suspendu, n’est pas écarté du pool des arbitres du Mondial et conserve son habilitation à officier sur les prochains matches. La Fifa n’a, à ce stade, pas précisé s’il serait maintenu sur Allemagne-Curaçao – la rencontre est terminée – ni s’il figurerait sur une prochaine désignation de la compétition.
Dans un communiqué publié dès dimanche, avant même l’ouverture formelle de l’enquête, Shaun Evans avait livré sa version des faits. L’arbitre a assuré n’avoir « pas fait volontairement un geste ou un signe de la main pour communiquer un message, une appartenance, un jeu ou une croyance quelconque ».
« La seule explication que je puisse offrir est que ce mouvement était un tic involontaire et subconscient, et j’ignorais l’avoir fait au moment où il s’est produit », avait-il écrit. Il avait ajouté « comprendre et regretter la façon dont ce geste a été interprété ». Cette défense écrite, transmise à la Fifa puis reprise par l’agence AAP, est l’élément central sur lequel la Commission de discipline a fondé sa décision de classement, selon les éléments disponibles lundi soir.
La décision n’est pas isolée dans le paysage sportif international. Il y a un peu moins de deux ans, lors des Jeux olympiques de Paris 2024, un officiel avait subi un retrait d’accréditation pour avoir effectué un geste similaire lors de la finale féminine de skateboard, à la place de la Concorde. Le CIO avait alors estimé que le signe renvoyait à une symbolique extrémiste incompatible avec la charte olympique.
Ce précédent pose à la Fifa une question de cohérence disciplinaire qu’aucun communiqué publié lundi n’a explicitement traitée. La Commission de discipline dispose d’un pouvoir d’appréciation sur l’intention et le contexte ; rien n’indique, dans les éléments rendus publics, qu’elle ait détaillé la manière dont elle a articulé sa décision avec ce précédent olympique. Le contraste n’en reste pas moins net : un même type de geste a valu, à deux ans d’intervalle, une privation d’accréditation au CIO et un classement sans suite à la Fifa.
Pour le corps arbitral australien, la décision de la Fifa est une bonne nouvelle : Shaun Evans, qui figure parmi les assistants vidéo les plus expérimentés de la confédération Océanie, reste sélectionnable pour la suite du tournoi. Pour la direction de l’arbitrage de la Fifa, en revanche, l’épisode laisse une trace : il confirme la sensibilité extrême des gestes de la main captés par les caméras en mondovision, et la nécessité, pour les arbitres, de mesurer l’image qu’ils renvoient dès la présentation officielle.
L’Australie, qui dispute elle-même la Coupe du monde 2026, n’a pas encore indiqué si elle prendrait une mesure interne complémentaire. À ce stade, le dossier est clos côté Fifa – et l’image, elle, continuera de circuler.