Matchs du jour
Chargement des matchs...
La Coupe du monde 2026 a basculé dans sa phase de vérité : la Côte d'Ivoire a arraché l'Équateur sur un but d'Amad Diallo à la 90e, l'Allemagne a corrigé Curaçao 7-1, et les Pays-Bas ont été rejoints deux fois par le Japon (2-2).
La Coupe du monde 2026 a basculé dans sa phase de vérité dans la nuit de dimanche à lundi. Trois matches, trois conclusions opposées : la Côte d’Ivoire a arraché l’Équateur sur un but d’Amad Diallo à la 90e minute (1-0), l’Allemagne a corrigé le petit poucet Curaçao 7-1 avec un doublé de Kai Havertz, et les Pays-Bas se sont fait rejoindre deux fois par le Japon avant d’être crucifiés à la 89e minute (2-2). Trois histoires qui disent, match après match, ce que cette J1 du groupe E et du groupe F dessine pour la suite du tournoi.
Il aura fallu attendre la 90e minute, à Philadelphia, pour que ce Côte d’Ivoire-Équateur bascule. Longtemps, le scénario a flirté avec le premier 0-0 du tournoi. L’Équateur avait pris les commandes du premier acte en touchant trois fois les montants — une frappe enroulée de John Yeboah (24e), une tentative d’Alan Minda (30e), un tir de Moises Caicedo (46e). Mais les Éléphants, montés en puissance après la pause, ont fini par faire craquer une Tri biberonnée à sa propre exigence défensive. Entré en seconde période, Amad Diallo a surgé au bout d’une remontée de balle de Wilfried Singo pour pousser le ballon au fond d’un plat du pied parfait (90e, 1-0). Un but qui relance complètement la course à la qualification dans le groupe E : avec huit des douze troisièmes de poules qui verront les 16es de finale, ce succès inaugural met la Côte d’Ivoire dans une position très favorable pour atteindre la phase à élimination directe pour la première fois de son histoire.
Le grand artisan de la deuxième période ivoirienne s’appelle Yan Diomandé. À 19 ans, l’ailier du RB Leipzig (13 buts cette saison) a fait passer une soirée épouvantable au défenseur d’Arsenal Piero Hincapié : demi-volée dangereuse (50e), frappe du droit juste au-dessus après un rush au milieu de trois joueurs (56e), passe presque décisive pour Elye Wahi dont la reprise a heurté la barre (52e). Le sélectionneur Emerse Faé peut remercier son entrée en jeu et son coup de reins ; sans eux, les Ivoiriens filaient vers un nul logique.
L’Équateur, de son côté, repart avec le sentiment d’avoir laissé passer sa chance. Le conglomérat de très bons joueurs à vocation défensive aligné par Sébastien Beccacece — Pacho, Hincapié, Caicedo, Ordonez — a tenu, mais a décliné dans le second acte. LaTri n’a quasiment pas existé offensivement après la pause, malgré une frappe lointaine de Gonzalo Plata repoussée par Yahia Fofana (68e). Pour son retour en Coupe du monde après 2014, la Côte d’Ivoire tient déjà son moment.
Pour son entrée en lice dans cette Coupe du monde 2026, l’Allemagne n’a (presque) pas tremblé face au Curaçao qui découvrait la compétition, avec une victoire écrasante (7-1). La Mannschaft a régalé, portée par un Kai Havertz des grands soirs et un Manuel Neuer de retour dans les cages après son come-back en sélection.
Tout part d’un démarrage idéal : Felix Nmecha ouvre le score dès la 6e minute. Mais la soirée prend un tour historique à la 21e minute : Livano Comenencia marque le premier but de l’histoire de Curaçao en Coupe du monde, profitant d’un moment d’égarement de la défense allemande. L’égalisation du petit poucet ne reste qu’une parenthèse — Nico Schlotterbeck (38e), un penalty de Kai Havertz juste avant la pause (45e), Jamal Musiala (47e) dès le retour des vestiaires, Nathaniel Brown (68e), Deniz Undav (78e) et un second but personnel de Havertz en fin de match (88e) scellent le 7-1 final. Joshua Kimmich, passeur décisif et étincelant, a cédé sa place à Waldemar Anton à la 83e minute sous les applaudissements.
Au-delà du score, le signal envoyé par la Nationalmannschaft est clair : elle prend la tête du groupe E avec une différence de buts de +6 et aborde la prochaine échéance — face à la Côte d’Ivoire — avec le statut de favorite retrouvée. Curaçao, de son côté, quitte Houston la tête haute : découvrir la Coupe du monde par un but historique puis une prière commune d’après-match entre les deux équipes restera, quoi qu’il arrive dans la suite, le plus grand souvenir de son histoire.
Au AT&T Stadium de Dallas, le choc du groupe F entre les Pays-Bas et le Japon a livré un scénario à deux visages. Une première période sans relief, fermée par les Samuraï Blue qui ont choisi de verrouiller l’axe et de laisser les Oranje faire tourner le ballon. Puis une seconde période à rebondissements, conclue par un coup de casque de Daichi Kamada à la 89e minute sur un corner de Koki Ogawa, qui envoie le Japon à 2-2 et crucifie des Néerlandais qui avaient cru pouvoir gérer leur avantage.
Tout bascule à la 51e minute. Sur un centre de Ryan Gravenberch, Virgil van Dijk — qui fêtera ses 35 ans le mois prochain — place une tête poteau rentrant que le gardien Zion Suzuki ne peut rien faire (1-0). Premier but du défenseur de Liverpool dans un grand tournoi. Mais le Japon répond immédiatement par Keito Nakamura, après un relais avec Takefusa Kubo (57e, 1-1). Les Oranje reprennent l’avantage par Crysencio Summerville (64e, 2-1) avant de baisser de régime. Memphis Depay, déjà peu en vue, écope d’un carton jaune (83e) pour un coup de coude délibéré qui résume à lui seul la fin de match batave. Et à la 89e, Kamada surgit.
Ce nul a un goût particulier dans l’histoire néerlandaise : les Pays-Bas n’ont plus perdu un match de Coupe du monde dans le temps réglementaire depuis 2006. La statistique, soulignée par la presse spécialisée après la rencontre, ne console qu’à moitié une équipe qui menait deux fois et qui laisse filer deux points précieux dans la course à la première place. Le Japon, lui, repart d’Arlington avec un nul spectaculaire qui comptera dans la suite de son parcours et qui rappelle que les Oranje, comme toujours depuis vingt ans, n’ont jamais vraiment réussi à briser le verrou japonais.
Trois matches, trois leçons. L’Allemagne a envoyé un message de favorite assumée et aborde la J2 face à la Côte d’Ivoire avec une confiance et une différence de buts qui lui laissent une marge de manœuvre confortable. La Côte d’Ivoire, grâce à son triomphe arraché, a remis les compteurs à zéro dans la course aux 16es et profite d’un calendrier favorable pour viser au moins la deuxième place. Le Japon, en ramenant un point d’Arlington, garde le contrôle de son destin dans le groupe F et montre que les Oranje, malgré leurs individualités, restent friables dans les moments clés.
Au-delà des résultats, la nuit a aussi livré des confirmations : Amad Diallo, longtemps critiqué pour son irrégularité à Manchester United, a signé l’un de ces buts qui peuvent transformer un tournoi ; Kai Havertz a rappelé qu’il restait l’un des attaquants les plus complets du moment ; Virgil van Dijk, à 35 ans, a inscrit son premier but en grand tournoi et prouvé qu’il n’avait rien perdu de son sens du placement. Le Mondial continue ce lundi avec, en point d’orgue, les débuts de l’Espagne et un premier match de l’Iran sous haute tension.
Cette nuit prolonge une première semaine déjà dense : pour reprendre le contexte immédiat, relisez le programme des groupes E et F annoncé la veille, puis la matinale précédente autour de Brésil-Maroc, de l’Écosse et de l’Australie. Le tableau général reste aussi marqué par le nul Brésil-Maroc qui avait lancé une autre séquence du tournoi, premier choc qui avait installé le ton de la compétition.