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Découvrez comment Nasser Al-Khelaïfi s'est imposé comme le vrai patron de la Ligue 1 lors d'une réunion cruciale.
Lors d’une visioconférence tendue réunissant les présidents des clubs de Ligue 1 le 14 juillet 2024, Nasser Al-Khelaïfi s’est affirmé comme le véritable maître du football français. Entre débats houleux et révélations sur les droits télé, cette réunion a marqué un tournant décisif pour la Ligue 1.

Le dimanche 14 juillet 2024, lors d’une visioconférence d’une durée de 2h15, les présidents de Ligue 1 se confrontent au sujet épineux des droits de diffusion télévisuelle. L’ambiance, malgré un cadre estival avec palmiers et tenues décontractées, est loin d’être détendue. Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain et également propriétaire de la chaîne BeIN Sports, joue la carte de la fermeté. Selon Fabien Touati, auteur de l’enquête diffusée sur France 2, plusieurs présidents reconnaissent en lui le véritable président de la Ligue 1.
Cette réunion intervient après un rendez-vous crucial à Londres où les décideurs du football français n’ont encore aucun diffuseur officiel pour la saison 2024-2025, alors que le championnat démarre dans moins d’un mois.
Dans ce contexte de crise, marqué par les déboires successifs des diffuseurs (comme le fiasco Médiapro) et les conséquences financières de la pandémie, il semblait acquis que BeIN Sports, sous l’impulsion d’Al-Khelaïfi, apporterait une bouffée d’oxygène avec un investissement conséquent estimé entre 600 et 700 millions d’euros.
Mais lors de la visioconférence, Nasser Al-Khelaïfi annonce que c’est finalement la plateforme britannique DAZN qui diffusera le championnat, pour une somme bien moindre : 400 millions d’euros. Ce montant divisé par près de deux par rapport à la promesse initiale crée un choc, et beaucoup expriment leur inquiétude.
Al-Khelaïfi confirme après coup :
« Le propriétaire de DAZN m’a appelé [concernant une clause de sortie dans le contrat au bout de deux ans]. Après, j’ai appelé Vincent [Labrune]. On règle le problème pour le futur. »
Les débats s’enveniment rapidement, notamment avec Joseph Oughourlian, président de Lens, qui critique vivement l’offre. Il met en garde contre un abonnement DAZN à 39,90 euros par mois qui ne séduira pas les supporters et met en doute la viabilité économique à long terme.
Face à ces critiques, Nasser Al-Khelaïfi insiste sur la nécessité de l’argent liquide pour payer les salaires des joueurs, rappelant que tous les clubs ne disposent pas des moyens financiers similaires au PSG. Un échange vif s’ensuit :
L’amertume est palpable autour de cette question essentielle des droits télé, avec des risques mentionnés explicitement dans un document de la Ligue 1 : accroissement du piratage et désintérêt des supporters avec un abonnement mensuel à 34 euros considéré comme trop cher.
Au-delà de la question financière, la coexistence de deux diffuseurs, DAZN et BeIN Sports, engendre des frustrations liées aux choix des matchs programmés. Nasser Al-Khelaïfi exprime son exaspération face aux critiques :
« Je ne peux pas être derrière tout le monde, faire une offre, et que tout le monde la critique. Ce n’est pas juste que tout le monde ait deux visages ! »
Vincent Labrune, alors en observateur, tente de tempérer les échanges, parlant de points de négociation à finaliser rapidement.
John Textor, président de l’Olympique Lyonnais, met en garde contre le modèle économique de DAZN, qui, selon lui, offre une expérience utilisateur décevante basée sur l’agenda du diffuseur.
Il propose une alternative : une plateforme de diffusion contrôlée par la Ligue, en lien avec le service Max, qui diffuse déjà Eurosport. Mais Nasser Al-Khelaïfi balaie cette idée, estimant qu’un tel projet ne générerait pas autant de recettes sans un apport massif de fonds privés.
Les tensions atteignent leur paroxysme avec des échanges vifs entre Textor et Al-Khelaïfi, qui se reprochent mutuellement leurs positions.
Face aux critiques, le PSG défend son président. Un proche d’Al-Khelaïfi rappelle que s’il y avait vraiment un conflit d’intérêts, les autres présidents auraient pu le récuser lors de la réunion. L’argument est que son soutien au championnat français, même risqué, va au-delà d’intérêts personnels.
Mais la réalité est dure : après presque une saison, DAZN peine à réunir plus de 500 000 abonnés. Pour pallier la faible audience, des passes pour les dernières rencontres de la saison ont même été distribués via des promotions chez McDonald’s.
Parallèlement, le piratage des matchs explose, à tel point qu’on estime que la moitié des spectateurs du choc OM-PSG ont regardé la rencontre de manière illégale.