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But décisif de Mikel Merino à la 90e+1 sur une passe de Ferran Torres : l'Espagne arrache le choc ibérique face au Portugal de Cristiano Ronaldo (0-1) lundi soir à Arlington et rejoint les quarts de la Coupe du monde 2026, où l'attend le vainqueur d'États-Unis - Belgique.
Au bout du temps additionnel, au bout d’un match qu’elle a longtemps subi sans trembler, l’Espagne a trouvé la faille portugaise. Entré à la 86e minute à la place de Dani Olmo, Mikel Merino a surgi à la 90e+1 sur un centre rentrant de Ferran Torres — lui-même remplaçant de Baena depuis la 75e — pour tromper Diogo Costa d’une frappe piquée (0-1, lundi soir à l’AT&T Stadium d’Arlington). Suffisant pour valider le billet de la Roja vers les quarts de finale de la Coupe du monde 2026, où elle affrontera vendredi 10 juillet à 21h (heure française), à Los Angeles, le vainqueur d’États-Unis – Belgique. De l’autre côté du fil, Cristiano Ronaldo est resté de longues secondes immobile, visage défait et larmes visibles, avant de saluer le public texan — image d’un dernier match en sélection qui se murmure déjà sans être confirmé.
Le premier sommet du Mondial a tenu son rang pendant une heure, puis il s’est éteint dans la bataille tactique et les changements. L’Espagne a eu la possession, le Portugal la menace.
À la 8e minute, Mikel Oyarzabal a posé le décor en se retrouvant seul dans la profondeur, mais il a « mystérieusement manqué le cadre », note L’Équipe. Trois minutes plus tard, Nuno Mendes a grillé Lamine Yamal sur une première accélération, puis le jeune Barcelonais a répondu d’un tir excentré que Costa a géré (16e). Sur la relance, le gardien portugais a enchaîné par une parade énorme sur une frappe enroulée d’Alex Baena, confirmant qu’il resterait le meilleur Portugais du soir. À la 31e, Dani Olmo a placé une tête au-dessus sur un centre de Pedri repoussé par Costa — le but était ouvert.
La Seleçao a fini la première période par deux alertes : Unai Simon, encore invaincu dans ce tournoi, est sorti à l’épaule sur une tête excentrée de Joao Félix (37e) avant d’être sauvé par sa transversale sur une frappe de Nuno Mendes déviée par Pedro Porro (41e). Au retour des vestiaires, Yamal a enfin pris Nuno Mendes de vitesse (52e) — « c’était sans doute parce que ce dernier s’était blessé » à une cuisse. Remplacé trois minutes plus tard par Nelson Semedo, le latéral parisien a laissé un couloir que l’Espagne n’a pas réussi à exploiter tout de suite. C’est l’entrée de Ferran Torres à la 75e, pour un Baena en difficulté, qui a changé la donne.
Le gardien portugais a tout repoussé pendant 91 minutes. Sur la frappe enroulée de Baena (16e), sur la tête d’Olmo (31e), sur les tentatives répétées d’Olmo (78e), il a repoussé l’échéance avec une régularité impressionnante. Il n’a rien pu sur la combinaison Rodri–Torres–Merino, conclue à bout portant à la 90e+1.
« Le gardien portugais a dans la foulée sorti une énorme parade sur une frappe enroulée d’Alex Baena, confirmant qu’il est sans doute le meilleur Portugais dans ce tournoi. » — L’Équipe, 6 juillet 2026.
Bien servi par Rodri à vingt mètres de la surface, « le Tiburon » Ferran Torres — dont la mise en jambes a été longue, après une saison difficile au FC Barcelone — a redonné un ballon dans la petite profondeur à Merino, entré à la place d’Olmo. La finition a été clinique. La Seleçao a bien tenté deux retours : la tête de Bernardo Silva, au-dessus (90e+6), puis celle de Joao Neves, à côté du poteau droit de Simon (90e+9). Trop tard.
À 41 ans, Cristiano Ronaldo n’a presque rien eu. Le premier avertissement portugais sur sa personne est arrivé à la 37e, capté en déséquilibre par Simon. Au coup de sifflet final, L’Équipe décrit le capitaine portugais « en larmes au coup de sifflet final. Peut-être parce qu’il s’agit de son dernier match en Coupe du monde ». La Fédération portugaise n’a, à l’heure de ce papier, rien confirmé. Mais le silence, la silhouette immobile au coup de sifflet, le maillot retiré puis enfilé à nouveau, disent la même chose : un règne qui s’achève, sans un trophée international majeur depuis l’Euro 2016.
L’absence de Nuno Mendes, blessé à la cuisse et remplacé dès la 55e, a privé la Seleçao de son couloir gauche et du duel attendu avec Yamal. Rafael Leão (entré à la 70e pour João Félix), Francisco Conceição (82e pour Pedro Neto) et Bernardo Silva (82e pour Vitinha) ont poussé, mais sans trouver la faille. L’Espagne a ainsi préservé sa cage pour la cinquième fois en cinq matches dans ce Mondial.
Cinq matches, zéro but encaissé : la hiérarchie Simon — Porro, Cubarsí, Laporte, Cucurella — aligne l’une des meilleures bases arrières du tournoi, avec Rodri en première rideaule. La transversale sauvée par Simon à la 41e résume à elle seule cette solidité : quand Costa ne suffit plus côté portugais, l’Espagne tient derrière.
Pour remettre ce résultat en perspective, le point de 11h du Mondial avait déjà posé les bases du tableau et la matinale de 6 juillet avait confirmé les premiers résultats qui dessinent cette première moitié de tableau. Avec la victoire ibérique, le tableau des quarts de finale se dessine désormais clairement, comme l’a synthétisé Sports.fr dans la foulée du match :
La logique du tableau, dixit L’Équipe, « voudrait une demie de choix entre l’Espagne et l’équipe de France dans la première partie de tableau ». Il reste deux cases à remplir d’ici mardi soir, et la Roja sait désormais qu’elle jouera à Los Angeles vendredi.
L’Espagne n’a pas livré son meilleur match. Elle a livré un match de championne d’Europe, patience et sang-froid, sans briller. Le score est minimal, mais la maîtrise collective ne l’est pas : Simon intraitable, Cubarsí et Laporte sereins, Rodri qui dépose la passe décisive au moment où le match bascule, un banc qui fait la différence avec Torres et Merino, des entrants décisifs pour la deuxième fois dans ce tournoi après l’Autriche (3-0) en 16e.
Le Portugal, lui, a vécu de Ronaldo et de Costa — pas du collectif. La blessure de Nuno Mendes, l’apathie offensive du capitaine, l’incapacité à poser le jeu au milieu malgré la possession partagée, tout cela raconte une génération qui finit. Reste à savoir si le dernier carré du Mondial confirmera cette lecture, ou si la Seleçao, héritière d’un Ronaldo en larmes et d’un Costa héroïque, trouvera dans la douleur les ressources d’un sursaut contre la Belgique ou les États-Unis, mardi.
L’Espagne, elle, a rendez-vous à Los Angeles. Pour elle, la Coupe du monde 2026 a déjà commencé.