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Découvrez comment le 'kick change', nouveau lancer hybride, propulse la rotation des Mets au sommet de la MLB cette saison.
Clay Holmes, Tylor Megill et Griffin Canning, tous lanceurs droitiers des Mets de New York, font partie d’une rotation de départ qui dépasse toutes les attentes cette saison, affichant la plus faible moyenne de points mérités (ERA) de la MLB. Derrière leur succès, un nouvel allié : le « kick change », un lancer hybride entre changement de vitesse et splitter qui gagne rapidement en popularité depuis son apparition dans les ligues majeures il y a un an.
Le ‘kick change’ est une version modifiée du traditionnel changement de vitesse. Il combine la prise d’un changement de vitesse classique et la rotation d’un splitter, offrant ainsi un mouvement vertical marqué tout en étant lancé avec une vitesse plus élevée. Contrairement au changement de vitesse traditionnel qui dérive horizontalement vers le côté du lanceur, le ‘kick change’ présente une chute plus prononcée, comparable à une courbe lancée par un gaucher.
La particularité du grip réside dans le positionnement du majeur, qui est « planté » sur la balle, légèrement relevé – contrairement au changement classique où les doigts reposent à plat. Cette méthode modifie l’axe de rotation de la balle à la libération, créant un effet de chute accentuée. Le doigt annulaire réduit quant à lui la rotation pour favoriser un effet de chute plus prononcé.
Des variations dans la prise existent selon les joueurs, notamment en fonction de la taille des mains. Par exemple, Megill, avec ses mains plus grandes, plante son majeur plus profondément que Holmes et Canning. Ces subtilités permettent d’ajuster le lancer selon la morphologie et le style de chacun.
Chacun des trois lanceurs a adopté ce lancer pour différentes raisons :
Collectivement, ces trois lanceurs affichent une ERA combinée de 2,66 en plus de 108 manches lancées. Le ‘kick change’ s’inscrit donc comme un facteur notable dans leur réussite, illustrant une tendance plus large propulsée par les avancées technologiques dans le baseball moderne.
Selon le coach des lanceurs des Mets, Jeremy Hefner, la MLB est une ligue d’imitation où les innovations se propagent rapidement lorsqu’une nouvelle technique s’avère efficace :
« Vous avez des joueurs qui cherchent à se démarquer ou à sécuriser leur place, et lorsqu’ils trouvent quelque chose qui marche, ça se répand comme une traînée de poudre. C’est une ligue d’imitation, ça a toujours été comme ça. »
À l’image du balancier qui a vu le balancement des pitches (balayeur, balle rapide haute) se succéder ces dernières années, le ‘kick change’ est devenu la nouvelle arme prisée des lanceurs cherchant un avantage. Matt Blake, coach des lanceurs des Yankees, souligne comment les outils de tracking permettent d’observer et de reproduire rapidement les nouveaux types de lancer efficaces.
Les adopteurs de ce lancer ne se limitent pas aux Mets. Parmi les autres lanceurs de la MLB, on compte :
Selon Lopez, le ‘kick change’ apporte une alternative intéressante à son changement de vitesse habituel, lui offrant un effet surprenant les jours où il est en forme, mais sans se substituer totalement à la prise traditionnelle.
Le lanceur et développeur Leif Strom, directeur du pitching chez Tread Athletics, laboratoire indépendant de développement de lanceurs, est à créditer pour avoir identifié et nommé ce style de changement. Ayant étudié les mouvements adaptés aux lanceurs supinateurs (qui tournent leur poignet vers l’extérieur), Strom a reconnu dans le ‘kick change’ une solution adaptée pour neutraliser les frappeurs gauchers.
Le lancement officiel du ‘kick change’ en MLB est attribué à Hayden Birdsong, lanceur droitier des Giants de San Francisco, qui l’a adopté l’an dernier après plusieurs essais infructueux de changements classiques.
Birdsong raconte qu’après avoir visionné une vidéo sur ce lancer sur les réseaux sociaux, il a commencé à le pratiquer le lendemain à l’entraînement, réussissant immédiatement à produire un des premiers changements avec une chute verticale négative, preuve de l’efficacité de ce mouvement.
Il a depuis augmenté la fréquence d’utilisation de ce lancer, maintenant à 24,1 % de ses lancers en relève, avec un taux de swings manqués de 46,7 % et une moyenne au bâton adverse limitée à .188.
Pour Holmes, qui s’est engagé avec les Mets pour trois ans et 38 millions d’euros, le ‘kick change’ n’est pas une simple addition mais une nécessité pour réussir en tant que lanceur partant, particulièrement face aux gauchers :
« Je dirais que c’est impossible sans le changement, quelle que soit la forme, qu’il s’agisse du splitter, du kick change ou du changement de vitesse traditionnel. Il avait besoin de ça contre les gauchers pour leur donner une autre lecture. »
Megill a quant à lui repris confiance en ce lancer après un réajustement de sa prise avec Holmes, ce qui lui a permis d’enchaîner plusieurs sorties solides, incluant 10 retraits sur prises dans un match récent.
Pour Canning, le ‘kick change’ est plus un outil complémentaire qu’une nécessité, lui permettant d’avoir différentes options pour surprendre les frappeurs, même s’il l’a momentanément mis de côté.
Tandis que d’anciens sceptiques comme Birdsong ont vu leur technique se diffuser rapidement dans diverses organisations, le ‘kick change’ est désormais un facteur clé qui aide de nombreux lanceurs à repousser leurs limites et à renouveler leurs arsenaux.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique où chaque joueur cherche continuellement à innover pour gagner un avantage dans une ligue extrêmement compétitive. Le ‘kick change’ illustre parfaitement cette tendance à l’expérimentation basée sur l’analyse des données et la volonté d’intégrer des techniques modernes dans un sport traditionnel.