Mercato Estival
5 juillet 2026 6 min de lecture

Klopp à la Mannschaft : il a dit oui, reste à payer Red Bull

Jürgen Klopp a donné son accord de principe à la DFB pour succéder à Julian Nagelsmann à la tête de l'Allemagne après l'élimination en 16es de finale de la Coupe du monde 2026. Mais Red Bull, qui a engagé Klopp jusqu'en 2029 comme directeur mondial du football, exige une indemnité de libération — une première pour la Fédération allemande.

Jürgen Klopp lors d'une apparition publique, photographié pour Bild

Jürgen Klopp va redevenir entraîneur. Selon Sky Germany et la presse allemande confirmée ce dimanche 5 juillet 2026 par Foot Mercato, l’ancien technicien de Liverpool (59 ans) a donné son accord de principe à la Fédération allemande (DFB) pour succéder à Julian Nagelsmann à la tête de la Nationalmannschaft, après l’élimination en 16es de finale de la Coupe du monde 2026 face au Paraguay (1-1, 3-4 t.a.b.). Le dossier reste suspendu au nœud gordien contractuel avec Red Bull, qui réclame une indemnité de libération au groupe autrichien — une première pour la DFB.

Un accord de principe trouvé dimanche

L’information a pris de vitesse la fenêtre de transfert : selon Sky Germany, reprise par Foot Mercato et corroborée par So Foot (qui cite Fabrizio Romano), Jürgen Klopp a trouvé dimanche un accord de principe avec la DFB pour devenir le prochain sélectionneur de l’Allemagne. Le technicien de 59 ans, sans banc depuis son départ de Liverpool à l’été 2024, va donc rompre son rôle de directeur mondial du football du groupe Red Bull pour reprendre les commandes d’une sélection en plein doute.

L’histoire de ce dossier commence à la mi-juin, quand la DFB avait officialisé publiquement, dès l’annonce de la démission de Nagelsmann, que Jürgen Klopp figurait en haut de sa liste. Le communiqué était limpide : « Concernant la nomination d’un nouvel entraîneur, la direction de la DFB va s’entretenir avec Jürgen Klopp. Ce dernier a déjà fait part de son intérêt pour le poste. » Le technicien allemand, dans un entretien à Sky peu avant l’élimination, n’avait jamais caché son envie de prendre un jour la tête de la Mannschaft. Reste que la transition s’annonce plus complexe qu’un simple retour sur le banc — à l’image de ce que vit aussi le Real Madrid version Mourinho, lancé dans un mercato de reconstruction où chaque dossier se traite dans l’urgence.

Red Bull bloque la sortie et réclame une indemnité

Le blocage est contractuel. Klopp est engagé jusqu’en 2029 avec le groupe Red Bull, où il pilote la stratégie football mondiale depuis janvier 2025. La DFB avait officialisé publiquement l’existence de discussions avec son futur sélectionneur sans avoir, au préalable, sécurisé l’accord de son employeur — ce qui a profondément agacé les actionnaires autrichiens, d’ordinaire peu enclins à voir leurs dirigeants quitter le projet. Red Bull, qui gère à la fois Leipzig, Salzbourg et le New York Red Bulls, voit d’un mauvais œil partir une pièce centrale de sa stratégie football européenne — d’autant qu’à peine annoncé, le nom d’Oliver Glasner circule déjà comme successeur potentiel, dans un climat de mercato des entraîneurs où les grands clubs bougent aussi sur leurs bancs.

Selon Sky Sports, repris par Foot Mercato, Red Bull exige désormais une indemnité financière pour libérer Klopp de son contrat. Une demande qui constitue une première dans l’histoire de la Fédération allemande : la DFB n’a, jusqu’ici, jamais payé la moindre compensation pour recruter un sélectionneur national. Le président de la DFB Bernd Neuendorf mène les négociations avec le groupe autrichien pour trouver un terrain d’entente et éviter que le dossier ne s’enlise. Une première réunion tripartite est d’ores et déjà prévue la semaine prochaine à New York, entre une délégation de la DFB, Jürgen Klopp et son agent Marc Kosicke — des représentants de Red Bull pourraient également s’y joindre pour tenter de débloquer définitivement la situation.

Une mission XXL : relancer l’Allemagne avant l’Euro 2028

Une chose est en revanche déjà acquise : Klopp a confirmé son souhait de devenir sélectionneur et se dit prêt à retrouver un banc deux ans après son départ de Liverpool. Le défi est d’une autre nature que celui des clubs qu’il a dirigés jusqu’ici. L’Allemagne sort d’un Mondial vécu comme un nouveau fiasco — élimination aux tirs au but après une prestation une nouvelle fois décevante, quatrième échec international d’envergure en moins de cinq ans après l’Euro 2020, la Coupe du monde 2022 au Qatar et l’Euro 2024 à domicile. Le sélectionneur qui entre en fonction héritera d’une équipe sans patron, sans hiérarchie claire, et d’une génération qui n’a jamais réellement confirmé les promesses affichées.

Son premier grand objectif, c’est déjà l’Euro 2028, organisé au Royaume-Uni. Klopp connaît la maison — Mayence de 2001 à 2008, le Borussia Dortmund de 2008 à 2015 avec deux Bundesliga et une finale de Ligue des champions, puis Liverpool de 2015 à 2024 avec la Ligue des champions 2019 et la Premier League 2020. Et selon Christian Heidel, dirigeant sportif de Mayence et ami de longue date, c’est exactement ce profil qui manquait à la DFB : « Sa plus grande force, c’est qu’il sait gérer les hommes. Il embarque les gens. Si quelqu’un peut le faire, c’est Jürgen Klopp », a livré le dirigeant samedi en marge d’un match amical. Avant de préciser, lucide : « Il arrive dans une fédération qui, en ce moment, est tout sauf performante. Et que quelqu’un vienne et que tout aille bien du jour au lendemain, ça n’existera pas même avec Jürgen Klopp. » L’ampleur du défi n’est pas sans rappeler ce que traverse l’OM avec le feuilleton Greenwood, où la gestion du cas humain vaut autant que le montant du transfert.

Un calendrier serré avant le retour à la compétition

Reste une fenêtre courte avant le retour à la compétition officielle. La prochaine fenêtre internationale de septembre 2026 marquera les premières marches du mandat Klopp, avec une Ligue des nations puis, en 2027, le tirage des qualifications pour l’Euro 2028. Pour la DFB, l’enjeu est autant sportif qu’institutionnel : démontrer qu’elle peut attirer le meilleur technicien allemand de sa génération, et qu’elle peut le faire sans casser sa tradition de gestion prudente des sélectionneurs. L’accord de principe est là. Le chèque à Red Bull, lui, reste à signer.

Sources