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À un quart de finale de Coupe du monde 2026, Julian Alvarez vit le dernier acte du feuilleton de l'été : Barcelone prépare 100 M€, l'Atlético recrute Romero et Mac Allister (130 M€) pour le retenir, Ferran Torres en monnaie d'échange, et le Real rôde.
À un quart de finale de Coupe du monde 2026 de sa propre réalité mercato, Julian Alvarez vient d’entrer dans le dernier acte du feuilleton de l’été. L’attaquant argentin de l’Atlético Madrid dispute la Coupe du monde avec l’Albiceleste pendant que, dans son dos, Barcelone lui déroule le tapis rouge, l’Atlético recrute deux de ses compatriotes pour le retenir, et le Real Madrid attend son tour dans l’embuscade. Trois semaines après la phrase qui a tout déclenché dans la zone mixte d’Arlington, le puzzle se referme.
Lundi 22 juin, à Arlington, après la victoire de l’Argentine contre l’Autriche (2-0) pour la deuxième journée de la phase de groupes, Julian Alvarez s’est arrêté devant les micros d’ESPN alors qu’il voulait initialement passer son chemin. Le champion du monde 2022 a choisi son moment — en plein Mondial, à 48 heures de l’ouverture officielle des grandes manœuvres estivales.
« Ce n’est pas le moment d’en parler, mais je ne peux pas non plus me cacher, j’essaie d’être une personne honnête. J’ai parlé avec les personnes de l’Atlético de Madrid et je pense que ce qui est le mieux pour tout le monde, c’est un transfert. Je veux réaliser mon rêve. »
Une phrase d’une phrase et demie, sans détour. Le Metropolitano n’a pas mis une heure à recevoir la dépêche : son numéro 19 a publiquement ouvert la porte de sortie. Pour les Colchoneros, sommés de trancher entre l’intérêt affiché du Real Madrid et du FC Barcelone, l’équation devient intenable. C’est le moment de sa déclaration publique à Arlington qui avait ouvert ce chapitre, et la suite donne raison à l’Argentin : trois semaines plus tard, le dossier est entré dans sa phase finale.
Dans les jours qui suivent, Barcelone ne fait rien pour calmer le jeu. Pedri, milieu de terrain du Barça et coéquipier de l’Albiceleste à l’Inter Miami lors de la dernière tournée, prend la parole sur la RTVE et assume l’appel du pied.
« C’est vrai que j’adore Julian en tant que joueur et j’ai toujours dit que je voulais que les meilleurs joueurs soient au Barça. J’espère que ce transfert pourra se concrétiser et si c’est le cas, alors tant mieux. »
Pedri n’est pas seul. Pau Cubarsí et Frenkie De Jong ont, eux aussi, déclaré en interview au cours des douze derniers mois qu’Alvarez était un joueur que leur club devait viser. Une stratégie assumée du vestiaire blaugrana, qui rappelle immanquablement les campagnes de pression orchestrées par le club catalan dans des dossiers précédents — Nico Williams en 2024, ou Antoine Griezmann en 2018.
En coulisses, le président Joan Laporta pousse depuis plusieurs mois pour faire d’Alvarez le successeur de Robert Lewandowski, dont le contrat arrive à échéance. D’après The Athletic, le FC Barcelone prépare une offre formelle d’environ 100 M€ (116 M$, 87 M£) pour l’attaquant de 26 ans. Le montant place ce dossier dans la même strate que les transferts les plus chers de l’histoire du club — au-dessus du seuil symbolique des 100 M€, première fois pour un joueur de plus de 25 ans.
Avant de revenir à la charge pour Alvarez, le directoire barcelonais a sondé Harry Kane, en contact avec les agents de l’attaquant du Bayern Munich (32 ans, contrat jusqu’en 2027). D’après le Daily Mail, l’approche s’est soldée par un échec téléphonique : l’international anglais refuse de quitter la Bavière pour le moment. Le Barça a pris acte — sans refermer définitivement le dossier Kane, mais en replaçant Julian Alvarez en tête de liste.
Du côté du Metropolitano, on ne reste pas les bras croisés. Selon les informations relayées par la presse espagnole, l’Atlético de Madrid prépare un double recrutement 100 % argentin pour convaincre Julian Alvarez de rester : le défenseur de Tottenham Cristian « Cuti » Romero et le milieu de terrain de Liverpool Alexis Mac Allister. Coût global estimé : 130 M€.
Le calcul est double. D’abord, conserver un noyau argentin autour d’Alvarez — Romero en défense, Mac Allister au milieu — pour stabiliser un effectif qui vient de perdre Griezmann parti à Orlando et après le prêt non renouvelé de plusieurs éléments. Ensuite, envoyer un signal au clan Alvarez : l’Atlético est prêt à investir 130 M€ pour construire autour de lui, pas pour le vendre.
Le FC Barcelone, lui, prépare une riposte plus tactique. Pour faire baisser la facture, les Catalans seraient prêts à inclure Ferran Torres dans la transaction. L’attaquant de 26 ans dispute la Coupe du monde 2026 avec l’Espagne et, surtout, ne verrait pas d’un mauvais œil un départ vers l’Atlético. À Barcelone, où la concurrence au poste de numéro 9 est verrouillée par Lewandowski et où Pedri, Lamine Yamal et Raphinha trustent les couloirs, Ferran Torres sait qu’obtenir une place de titulaire relève de l’impossible. Au Metropolitano, le départ d’Alvarez lui ouvrirait les portes en grand.
Un deal qui arrange tout le monde, sur le papier. Reste à savoir si l’Atlético accepterait un Ferran Torres en complément d’un montant qui resterait élevé — la clause libératoire d’Alvarez dépasse les 150 M€, et le club madrilène n’a aucune raison de brader.
Car derrière les opérations médiatiques, le climat reste tendu. Selon The Athletic, la réaction à la déclaration publique d’Alvarez a été, à l’Atlético, d’une « colère énorme ». Une colère largement dirigée contre Barcelone, perçu comme le commanditaire de la prise de parole publique du joueur, dans une tentative de forcer la main au club.
Le Metropolitano avait déjà vu le scénario venir : depuis douze mois, Alvarez et son camp — à commencer par son agent historique Fernando Hidalgo — ont entretenu le feu auprès des médias espagnols, en particulier El Chiringuito, où Hidalgo avait déclaré en avril 2026 que son client avait grandi supporter du Barça à cause de Lionel Messi. Une confidence intime devenue arme mercato.
Le schéma, lui, n’a rien de nouveau. Avant la Coupe du monde 2018, Barcelone avait publiquement reconnu — via son président de l’époque Josep Maria Bartomeu — avoir pris contact avec Antoine Griezmann, alors à l’Atlético. L’Atlético avait menacé de saisir la FIFA pour approche illégale. Griezmann était resté un an de plus, avait officialisé son choix dans un documentaire, puis avait signé au Camp Nou l’été suivant — avant de revenir au Metropolitano en 2021, sans jamais s’y être imposé.
Deux étés plus tôt, c’est Nico Williams qui avait vécu le même enchaînement avec l’Athletic Bilbao, pendant l’Euro 2024 : les coéquipiers de la Roja, Lamine Yamal en tête, avaient publiquement plaidé pour sa venue. Bilbao avait tenu, Williams était resté. Barcelone n’avait pas insistée. À voir si l’Atlético dispose de la même capacité de résistance.
Au milieu de ce mano a deux, un troisième larron s’invite. Le Paris Saint-Germain suit Julian Alvarez depuis plusieurs mois selon plusieurs médias, sans avoir encore formulé d’offre. Le profil — polyvalent, capable de jouer axial ou décalé, déjà acclimaté à l’Europe — correspond à la grille de Luis Campos. Mais le projet sportif du PSG, en reconstruction après le départ de Kolo Muani et le feuilleton Khéphren Thuram, reste moins lisible pour un Sud-Américain que le Barça de Laporta ou le Real de Florentino Pérez.
Reste le terrain. Jeudi, l’Argentine a validé son ticket pour les quarts de finale en battant le Cap-Vert (3-2) au terme d’un match plus accroché que prévu. Julian Alvarez est entré peu après l’heure de jeu, sans trouver le chemin des filets — peut-être, comme le suggèrent certains, la tête ailleurs, partagée entre la convocation de Scaloni et le ballet des téléphones à Madrid et Barcelone.
L’Argentin disputera donc un quart de finale de Coupe du monde en ayant en parallèle un avenir à trancher entre trois des plus grands clubs d’Europe. Pour Barcelone, le compte à rebours a commencé. Pour l’Atlético, l’heure de vérité aussi. Et pour Alvarez, la phrase prononcée à Arlington a déjà choisi son camp.