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Deux jours après son éviction de l'OM, Habib Beye a publié un message d'adieu sur Instagram. Retour sur quatre mois mouvementés, une qualification européenne arrachée et la passation avec Bruno Génésio.
Deux jours après l’officialisation de son départ de l’Olympique de Marseille, Habib Beye a pris la parole sur Instagram. Le technicien de 48 ans a choisi le registre de la gratitude, remerciant supporters, salariés et joueurs pour une aventure éclair bouclée par une qualification en Ligue Europa — et il laisse la maison marseillaise à Bruno Génésio, attendu dès la reprise du 6 juillet.
Parti mardi après-midi par communiqué du club, Beye a attendu jeudi pour s’exprimer publiquement. Le canal choisi — Instagram — et le ton adopté disent beaucoup : pas de mise au point, pas de règlement de comptes, pas de défense de bilan. Le désormais ancien entraîneur olympien a préféré retenir les liens humains, comme s’il cherchait à fermer une porte sans claquer.
« Mon aventure se termine mais ce fut un vrai privilège d’être l’entraîneur de l’Olympique de Marseille », écrit-il d’entrée, avant de s’adresser directement au peuple marseillais : « Je tenais à vous remercier, supporters, pour votre passion et votre soutien. »
Arrivé en février à la Commanderie pour succéder à Roberto De Zerbi, Beye n’aura dirigé l’OM que sur quatre mois. Dans une saison à forts reliefs, son bilan chiffré est sans appel : 6 victoires, 2 nuls, 5 défaites. Sur le plan comptable, l’OM finit cinquième de Ligue 1 et valide son billet pour la Ligue Europa 2026-2027 — pas pour la Ligue des champions, qui était l’objectif affiché. Le parcours s’arrête aussi en quart de finale de la Coupe de France.
Mais c’est précisément ce ticket européen que Beye choisit de mettre en avant dans son message, en l’attribuant entièrement au vestiaire : « À mes joueurs, MERCI car nous sommes restés ensemble, unis et soudés jusqu’au bout de notre aventure pour qualifier le club en coupe d’Europe. Merci Marseille. » Une manière de rappeler que la dernière ligne droite s’est jouée dans la tempête, et que le groupe a tenu jusqu’au bout.
Le club, lui, avait tranché en amont. Malgré un contrat courant jusqu’en 2027, la direction a rompu unilatéralement l’engagement le 30 juin, ouvrable ouverte immédiatement pour Bruno Génésio. L’ancien coach de Rennes et de Lille s’engage pour deux saisons, avec un staff connu — Jérémie Bréchet, Dimitri Farbos, Nicolas Dehon et Thomas Choinard — et une reprise calée au 6 juillet.
En remerciant « tous les salariés du club » et « tout mon staff » pour leur « admiration » et leur « gratitude », Beye évite de commenter cette décision. Il choisit de partir sans ajouter de tension à un dossier qui en a déjà beaucoup connu. Pour l’OM, la page se tourne vite ; pour Beye, elle se tourne proprement.
Le timing n’est pas anodin : message publié le jeudi, officialisation de Génésio déjà actée la veille, reprise de l’entraînement prévue le lundi suivant. Beye parle au moment où le club est déjà passé à autre chose — une façon, aussi, de ne pas peser sur la séquence d’installation de son successeur. Dans le jeu d’horloges marseillais, le silence de quarante-huit heures valait acceptation tacite ; la parole publique, jeudi, vient simplement l’entériner.
Pour comprendre la séquence dans son ensemble — du départ officialisé mardi à l’arrivée calée de Génésio —, le point complet sur l’ère Génésio qui s’ouvre à l’OM revient sur le casting marseillais. L’annonce du départ de Génésio du LOSC avait déjà ouvert la porte à cette passation express. Enfin, l’panorama d’une intersaison record côté bancs de Ligue 1 replace l’épisode Beye dans le mouvement général du championnat.