Coupe du Monde
26 juin 2026 11 min de lecture

Mondial 2026, point de 11h : l’Équateur renverse l’Allemagne, la Côte d’Ivoire en 16es, la Turquie fait tomber les USA

Dix-sept sélections sont déjà qualifiées pour les 16es de finale à la mi-journée parisienne. L'Équateur crée la sensation face à l'Allemagne, la Côte d'Ivoire valide son ticket, la Turquie bat les États-Unis 3-2, et six affiches décisives se jouent dès 21h, dont France-Norvège pour la première place du groupe I.

Les supporters équatoriens au MetLife Stadium après la victoire 2-1 sur l'Allemagne, illustration du Mondial 2026

À la mi-journée à Paris, la Coupe du monde 2026 a basculé dans son jour de vérité. Sept des douze groupes ont rendu leur verdict dans la nuit, et la carte des 16es de finale commence à ressembler à un tableau de chasse : Allemagne, États-Unis, Mexique, Argentine, France, Norvège, Suisse, Canada, Brésil, Maroc, Afrique du Sud, Bosnie, Côte d’Ivoire, Équateur, Pays-Bas, Japon, Suède et Australie sont déjà dans le tableau final, soit dix-sept qualifiés avant même la fenêtre de vendredi soir. Cinq groupes — G, H, I, J, K et L — bouclent ou tranchent leur dernière journée entre ce vendredi 21h00 et samedi 05h00 (heure française), et c’est précisément sur cette fenêtre que se joue le reste des huit meilleurs troisièmes et les appariements des 16es. À 11h, le tournoi n’est plus en phase de découverte : il entre en phase de décisions.

La matinale du 26 juin avait déjà acté les principaux sortants du jour — la Turquie sortie dès la phase de groupes après sa défaite à Seattle face aux États-Unis, Curaçao éliminé malgré son nul historique face à l’Équateur au tour précédent — mais le point de 11h change de braquet. Les classements définitifs des groupes D, E et F sont tombés, trois qualifications surprises (Côte d’Ivoire, Équateur, Suède) sont venues s’ajouter à la liste, et la soirée s’annonce comme un feu d’artifice : France-Norvège au stade Gillette de Boston pour la première place du groupe I, Espagne-Uruguay et Cap-Vert-Arabie saoudite dans le même créneau à 02h00, Belgique-Nouvelle-Zélande et Égypte-Iran à 05h00 pour le groupe G. Soit, au total, six affiches qui peuvent encore redistribuer les cartes avant les 16es de finale de dimanche 28 juin. Le point de minuit du 26 juin avait déjà posé les bases du récit de la nuit, et la soirée du 25 juin avait préparé la fenêtre décisive — le présent point de 11h prolonge et densifie ces deux lectures en s’appuyant sur les classements définitifs tombés au petit matin.

Où en est la phase de groupes à la mi-journée

Dix-sept sélections ont validé leur ticket pour les 16es de finale avant la fenêtre de vendredi soir, soit plus de la moitié du plateau final (32 équipes). Le tableau se construit groupe par groupe, mais le paysage est désormais lisible.

  • Groupe A — Mexique (1er), Afrique du Sud (2e), Corée du Sud (3e), Tchéquie. Le Mexique et l’Afrique du Sud qualifiés, la Corée du Sud en ballottage favorable comme meilleur troisième.
  • Groupe B — Suisse (1re), Canada (2e), Bosnie-Herzégovine (3e, qualifié comme meilleur troisième). La Bosnie valide in extremis son ticket après son match nul décisif dans la nuit.
  • Groupe C — Brésil (1er), Maroc (2e). Les deux sud-américains et le Maroc prennent les deux premières places.
  • Groupe D — États-Unis (1ers, 6 pts), Australie (2e, 4 pts), Paraguay (3e, 4 pts), Turquie (3 pts, éliminée). Team USA fait tourner face à une Turquie déjà hors course et s’incline 3-2 sans conséquence.
  • Groupe E — Allemagne (1re, 7 pts), Côte d’Ivoire (2e, 6 pts), Équateur (3e, 4 pts, qualifié comme meilleur troisième), Curaçao (1 pt, éliminé).
  • Groupe F — Pays-Bas (1ers, 7 pts), Japon (2e, 5 pts), Suède (3e, 4 pts, qualifiée comme meilleur troisième), Tunisie (0 pt, éliminée).

Les groupes G, H, I, J, K et L sont les derniers à trancher. À 11h, l’Égypte et l’Espagne sont en tête du G, le Cap-Vert tient la corde dans le H après son nul historique, la France et la Norvège se tiennent en équilibre parfait dans le I (6 points chacune), l’Argentine reste favorite du J, le Portugal mène le K, et le groupe L reste le plus ouvert avec l’Algérie, l’Autriche et la Jordanie susceptibles de basculer dans n’importe quel ordre. Le point de 11h est précisément le moment où la dernière vague européenne et sud-américaine s’apprête à basculer.

L’Équateur brise l’Allemagne : la sensation du jour

Au MetLife Stadium d’East Rutherford, dans le New Jersey — la même enceinte qui accueillera la finale le 19 juillet —, l’Équateur a signé jeudi soir l’une des plus grosses surprises de ce début de Mondial. Dos au mur après deux matches sans victoire, la Tri a renversé l’Allemagne (2-1) en s’appuyant sur un but de Gonzalo Plata à la 78e minute, après une égalisation immédiate de Nilson Angulo (9e) au but précoce de Leroy Sané (2e). Un succès qui n’était pas qu’esthétique : il valide le ticket de l’Équateur pour les 16es de finale en tant que meilleur troisième, et fait basculer tout le bas du tableau.

Le résultat a deux conséquences directes sur la soirée de vendredi. D’une part, l’Allemagne, déjà première, finit le groupe E avec 7 points et un goal average de +6, ce qui en fait la tête de série la plus menaçante du chapeau des premiers ; elle affrontera au prochain tour un deuxième de groupe. D’autre part, la défaite enterre les doutes sur la Mannschaft, déjà fébrile face à la Côte d’Ivoire lors de la première journée, et confirme que la Tri peut regarder les 16es de finale sans complexe. Au passage, Aleksandar Pavlović a évité de justesse le carton rouge dès la deuxième minute pour un geste dangereux sur Pedro Vite — un fait de jeu que l’arbitrage vidéo n’a pas retenu, et qui a finalement abouti à l’ouverture du score allemande.

Côte d’Ivoire, l’exploit silencieux qui change l’histoire des Éléphants

Dans l’autre match du groupe E, la Côte d’Ivoire a fait le travail avec sérieux : 2-0 face à Curaçao, à l’heure où l’Allemagne et l’Équateur se disputaient la première place, et un ticket pour les 16es validé sans trembler. Les Éléphants terminent deuxièmes du groupe avec 6 points et un goal average de +2, ce qui leur ouvre les portes du tableau final pour la deuxième fois de leur histoire en Coupe du monde.

L’enchaînement est d’autant plus remarquable que la Côte d’Ivoire avait calé face à la Suède en ouverture (1-1) avant de prendre le meilleur sur l’Équateur au bout du suspense lors de la deuxième journée. La régularité dans la difficulté, et la capacité à finir le travail contre la plus faible équipe du groupe, sont la marque des formations qui peuvent bousculer un tableau. Selon les projections actuelles, les Éléphants pourraient retrouver la France en 16es de finale si les Bleus finissent deuxièmes du groupe I — un scenario que Didier Deschamps et ses joueurs voudront évidemment éviter en prenant la première place vendredi soir face à la Norvège.

Turquie 3-2 États-Unis : la Turquie finit debout, les USA sereinement premiers

À Inglewood, dans le SoFi Stadium de Los Angeles, la Turquie a joué libérée face à des Américains déjà qualifiés et en mode gestion. Résultat : un match débridé, quatre buts en seconde période, et une victoire 3-2 qui ne change rien au classement mais qui change beaucoup à l’image de la sélection de Vincenzo Montella.

Le film du match est celui d’une Turquie qui a retrouvé son allant offensif après deux journées sans marquer. Arda Güler a ouvert le score dès la 10e minute, Barış Alper Yılmaz a fait le break à la demi-heure (2-0), avant que les États-Unis ne répliquent par Auston Trusty dès la 3e minute et Sebastian Berhalter à la 49e. C’est finalement Kaan Ayhan, entré en jeu, qui a inscrit le but de la libération turque à la 90e+8, pour une sortie par la grande porte malgré l’élimination. Côté américain, Mauricio Pochettino avait fait tourner son équipe après la qualification acquise face à l’Australie, et la défaite ne remet pas en cause la première place du groupe D. Les USA affronteront la Bosnie-Herzégovine en 16es, l’Australie le deuxième du groupe G.

Ce qui peut basculer ce vendredi soir et dans la nuit

  • 21h00 (heure française) — Groupe I : Norvège – France, au Gillette Stadium de Foxborough (Boston). Diffusion : M6 et beIN Sports 1. Première place du groupe en jeu, les deux équipes à 6 points.
  • 21h00 — Groupe I : Sénégal – Irak, joué en parallèle. Le Sénégal peut encore croire à la qualification comme meilleur troisième grâce à une différence de buts favorable.
  • 02h00 (samedi) — Groupe H : Uruguay – Espagne, et Cap-Vert – Arabie saoudite. L’Espagne de Lamine Yamal déjà en tête, l’Uruguay joue sa survie.
  • 05h00 — Groupe G : Égypte – Iran, et Belgique – Nouvelle-Zélande. L’Égypte déjà en pole, la Belgique joue son avenir.

Le choc France-Norvège à 21h n’est pas un match de phase de groupes comme les autres. Avec six points chacune et une différence de buts identique après deux journées, les deux équipes jouent la première place et, surtout, le côté du tableau des 16es. Une victoire norvégienne envoie les Bleus sur la route de la Côte d’Ivoire selon les projections actuelles ; une victoire française envoie Erling Haaland et les siens vers ce même adversaire. La Norvège n’a jamais battu la France en compétition officielle, et Kylian Mbappé arrive à ce rendez-vous après son entrée dans le club des cent sélectionneurs tricolores. Côté sénégalais, la fenêtre reste étroite mais réelle : avec une différence de buts de -1 avant la dernière journée, les Lions de la Téranga doivent l’emporter face à l’Irak et miser sur les résultats parallèles pour filer en 16es. Pour mémoire, le point de 11h du 24 juin avait déjà posé le calendrier général de cette troisième journée ; la situation a depuis évolué avec la confirmation des classements D, E et F.

En marge : Schick range les crampons, Mourinho veut la perte, Tchouaméni attend les orages

Au-delà du rectangle vert, la journée a livré plusieurs sorties qui disent l’état d’esprit du tournoi. L’attaquant tchèque Patrik Schick a annoncé jeudi sa retraite internationale après l’élimination de la République tchèque dès la phase de groupes, battue 3-0 par le Mexique mercredi soir à Vancouver. Le buteur du Bayer Leverkusen, auteur de cinq buts en phase de groupes de l’Euro 2020, quitte la scène internationale à 30 ans, sur une élimination sans appel.

José Mourinho, de son côté, a marqué le coup en marge de la Coupe du monde. Dans le podcast Beast Mode On, le nouvel entraîneur du Real Madrid a déclaré sans détour vouloir que ses joueurs « perdent et partent en vacances » pour mieux préparer la présaison, déclenchant un éclat de rire général et un buzz planétaire. Enfin, Aurélien Tchouaméni a joué la carte de la concentration en conférence de presse avant France-Norvège : « Encore ? ! En jouant la Coupe du monde des clubs on savait que c’était une possibilité déjà avec le Real. Avec ce qu’il s’est passé la dernière fois je pense qu’on est parés à affronter ça une nouvelle fois », a lancé le milieu madrilène, référence à peine voilée à la finale de Ligue des champions perdue face au PSG dans des conditions climatiques extrêmes. Trois moments qui, à la mi-journée, disent la fatigue mais aussi la densité d’un Mondial qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Sources