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Julian Alvarez a déclaré en zone mixte après Argentine-Autriche (2-0) vouloir quitter l'Atlético de Madrid. Real Madrid et FC Barcelone sur les rangs.
Julian Alvarez a ouvert la porte, publiquement et sans détour. Lundi soir à Arlington, au micro d’ESPN en zone mixte après la victoire de l’Argentine contre l’Autriche (2-0) lors de la deuxième journée de la phase de groupes de la Coupe du monde, l’attaquant de l’Atlético de Madrid a confirmé ce que le mercato laissait entendre depuis plusieurs semaines : son avenir s’écrit ailleurs qu’au Metropolitano. « Ce n’est pas le moment d’en parler, mais je ne peux pas non plus me cacher, j’essaie d’être une personne honnête. J’ai parlé avec les personnes de l’Atlético de Madrid et je pense que ce qui est le mieux pour tout le monde, c’est un transfert. Je veux réaliser mon rêve », a livré l’Argentin de 26 ans, champion du monde 2022 au Qatar.
L’Atlético n’a pas encore réagi dans l’heure qui a suivi la sortie de son numéro 19. Mais la phrase a tout d’un avertissement public, à quelques jours de l’ouverture officielle des grandes manoeuvres estivales. Pour les Colchoneros, sommés de trancher entre l’intérêt affiché du Real Madrid et du FC Barcelone, l’équation devient intenable : conserver un joueur qui a annoncé devant les micros vouloir partir, c’est ouvrir la boîte d’un été agité.
L’Argentin a choisi son moment. En pleine Coupe du monde, à vingt-quatre heures d’une troisième journée qui pourrait voir l’Albiceleste valider son ticket pour la phase à élimination directe, Alvarez a transformé un point presse d’après-match en véritable tribune mercato. La lumière était braquée sur lui, doublement : comme buteur potentiel face à l’Autriche, et comme attaquant d’une équipe qualifiée — ce qu’a confirmé la victoire 2-0 lundi soir.
En s’exprimant « pour la première fois sur son avenir », comme le relève Le Figaro, Alvarez sort d’une longue séquence de silences et de démentis en chaîne. Début juin, le président madrilène Enrique Cerezo assurait encore qu’« aucun signe ne laissait deviner des envies de départ » de l’international argentin. La rupture est nette : le joueur a pris la main sur sa communication, au risque de fragiliser un club qui n’a pas ménagé ses efforts pour le conserver il y a deux ans.
Le contexte financier ne laisse aucune marge à l’Atlético. Le 9 juin dernier, le club a rejeté une offre de 150 millions d’euros du Real Madrid, considérant Alvarez comme intransférable. Une réponse publique déjà moqueuse, accompagnée d’un démenti formel de tout contact pour le joueur de la part du Real. Mais les Merengues n’ont pas caché leur intérêt : Florentino Pérez, réélu peu avant l’ouverture du Mondial, avait promis de recruter « un galactique » pour 150 millions au moins.
L’Atlético, lui, est dans une position inconfortable. Sous contrat jusqu’en juin 2030, l’avant-centre argentin représente l’investissement le plus lourd de l’ère post-Griezmann — recruté à l’été 2024 en provenance de Manchester City après son sacre mondial au Qatar. Refuser 150 M€ il y a deux semaines, puis voir le joueur annoncer publiquement son départ, c’est accepter de brader dans une fenêtre où les clubs vendeurs perdent mécaniquement du levier. Le silence du club, dans l’immédiat, est probablement tactique : peser chaque mot avant de couper la communication avec un joueur qui reste sous contrat.
De l’autre côté du Rubicon, le FC Barcelone a déjà fait de l’Argentin sa cible numéro 1 de l’été. Selon RMC Sport, le club catalan a passé à l’offensive début juin avec une offre XXL, et The Athletic évoquait déjà « des discussions avancées » entre l’Argentin et la direction catalane, citée par L’Équipe. Le profil colle : Barça voit en Alvarez le remplaçant naturel de Robert Lewandowski, dont le contrat approche de la fin.
L’arrivée au Camp Nou n’est pas la seule option sur la table. Le PSG, par la voix de Luis Enrique, a également manifesté son intérêt pour un profil compatible avec son projet offensif — même si RMC Sport rappelle que la première offensive parisienne n’a pas dépassé le stade exploratoire. Reste une inconnue : le Real Madrid peut-il vraiment revenir à la charge après avoir officiellement nié tout contact ? Le démenti du 20 juin — orchestré en pleine Coupe du monde — rend un retour public du dossier techniquement acrobatique. Mais Florentino Pérez l’a dit : il veut un galactique.
Au-delà du jeu de pouvoir entre Madrid et Barcelone, la déclaration d’Alvarez ouvre un été à très haute tension pour les Colchoneros. Trois conséquences directes se dessinent :
Pour Alvarez, l’enjeu est personnel. « Je veux réaliser mon rêve », a-t-il glissé — un voeu qui renvoie au choix de carrière le plus structurant de sa jeune trajectoire : partir de River Plate très tôt, s’imposer à Manchester City dans l’ombre d’Erling Haaland, triompher au Qatar, accepter un rôle de premier plan à l’Atlético. Le prochain club sera, à 26 ans, celui où il choisira d’être définitivement le numéro 9 — et plus l’alternative.
Tout reste ouvert. Mais une chose est certaine : la phrase de lundi soir à Arlington a déjà changé l’équation du mercato estival.
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