Coupe du Monde
22 juin 2026 14 min de lecture

Mondial 2026, soirée du 22 juin : Argentine-Autriche, France-Irak, Norvège-Sénégal, Jordanie-Algérie

Quatre affiches pour basculer deux groupes ce lundi : Argentine-Autriche peut valider, France-Irak fêter la 100e de Mbappé, Norvège-Sénégal relancer ou fermer la porte, Jordanie-Algérie jouer la survie des Fennecs.

L'équipe de France à l'entraînement avant la Coupe du monde 2026, illustration du choc France-Irak du 22 juin

Dallas, Philadelphie, East Rutherford, Santa Clara. Quatre stades, quatre affiches, et l’intégralité des groupes I et J qui bascule en une seule soirée. Le Mondial 2026 entame sa journée la plus chargée ce lundi 22 juin, avec une carte de la qualification qui peut se redessiner entre 19 heures (heure française) et l’aube de mardi. Argentine-Autriche, à Dallas, peut valoir au champion du monde en titre un billet pour les 8es de finale. France-Irak, à Philadelphie, peut envoyer les Bleus valider leur qualification avant la dernière journée, sur la 100e de Kylian Mbappé. Norvège-Sénégal, dans la nuit au MetLife Stadium, peut fermer la porte à un outsider africain plombé par des tensions internes. Jordanie-Algérie, à l’aube, peut sceller le destin des Fennecs. Quatre matches, deux groupes, et une hiérarchie européenne qui se teste pour de bon.

La matinale du 22 juin avait déjà redistribué deux groupes — l’Égypte seule en tête du G après son succès historique à Vancouver, le Cap-Vert de retour dans le H après son nul à Miami — mais la soirée du 22 juin est d’une autre nature. Ce ne sont plus seulement des résultats qui tombent : ce sont des qualifiés, des éliminés, des positions qui se figent ou s’ouvrent avant la dernière journée. Le format à 48 équipes, qui fait entrer huit meilleurs troisièmes, laisse plus de place aux outsiders que les éditions précédentes ; il rend aussi chaque match de la deuxième journée plus stratégique, parce qu’une défaite à J2 peut encore se rattraper, mais une deuxième défaite ferme presque toujours la porte.

Le programme de la soirée, du créneau 19h à l’aube

  • 19h00 (heure française) — Groupe J : Argentine – Autriche, à l’AT&T Stadium d’Arlington (Texas). Diffusion : M6 et beIN Sports 1.
  • 23h00 — Groupe I : France – Irak, au Lincoln Financial Field de Philadelphie. Diffusion : M6 et beIN Sports 1.
  • 02h00 (mardi 23 juin) — Groupe I : Norvège – Sénégal, au MetLife Stadium d’East Rutherford (New Jersey). Diffusion : beIN Sports 1.
  • 05h00 — Groupe J : Jordanie – Algérie, au Levi’s Stadium de Santa Clara (Californie). Diffusion : beIN Sports 1.

Aux États-Unis, ces quatre matches correspondent à un créneau de l’après-midi tardif jusqu’à 23h heure de l’Est — soit une fenêtre de huit heures pleines où la Coupe du monde ne s’arrête pas, et où le public français aura besoin d’un plan de soirée clair pour ne rien rater. Le plateau beIN Sports 1 / M6+ se partage l’affiche Bleus et le choc argentin, deux matches à fort tirage que la sixième chaîne a souhaité reprendre en clair ; les deux matches de la nuit, eux, restent sur beIN Sports 1.

Argentine – Autriche : le champion du monde à un point de la qualification

Dallas, 19h. Le premier choc de la soirée oppose les deux seules équipes du groupe J à avoir gagné leur premier match. L’Argentine, qui a surclassé l’Algérie 3-0 samedi dernier à Arlington sur un triplé de Lionel Messi — qui lui permet d’égaler Miroslav Klose au sommet du classement des buteurs en Coupe du monde —, sait qu’un succès ce soir la rapprocherait très sérieusement des 8es de finale, et pourrait même lui assurer la première place du groupe si la Jordanie ne bat pas l’Algérie dans la foulée. L’Autriche, de son côté, a fait mieux que confirmer en dominant la Jordanie 3-1 pour son entrée dans la compétition, sous la houlette de Ralf Rangnick et de son pressing haute intensité.

L’enjeu du jour, pour la sélection européenne, est presque un test de crédibilité. Qualifiée pour l’Euro 2024 en devançant la France et les Pays-Bas, l’Autriche a fait mieux que figurer à l’Albiceleste : elle l’a fait reculer. David Alaba revenu en charnière centrale, Marko Arnautovic en pointe, Xaver Schlager et Marcel Sabitzer à la baguette, l’équipe de Rangnick peut se hisser en tête du groupe J en cas de victoire. Une défaite, en revanche, ne serait pas éliminatoire, mais elle reporterait tout le poids de la qualification sur la dernière journée contre la Jordanie. Le tableau tactique probable, coté argentin, est un 4-4-2 Emiliano Martinez – Molina, Romero, Lisandro Martinez, Medina – De Paul, Mac Allister, Fernandez, Gonzalez – Messi, Alvarez ; côté autrichien, un 4-2-3-1 Alexander Schlager – Laimer, Lienhart, Alaba, Mwene – Seiwald, Xaver Schlager – Schmid, Chukwuemeka, Sabitzer – Arnautovic. L’AT&T Stadium, avec sa capacité de 105 000 places, offrira le décor le plus large de la soirée, mais ce sont les vingt-deux acteurs sur la pelouse qui décideront du premier qualifié européen du jour.

France – Irak : Mbappé entre dans sa 100e, qualification en ligne de mire

Philadelphie, 23h. Kylian Mbappé enfilera le maillot des Bleus pour la 100e fois ce lundi soir au Lincoln Financial Field. Capitaine depuis l’Euro 2024, meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (58 buts) après son doublé inaugural face au Sénégal, et premier joueur de moins de 28 ans à tutoyer les 400 buts en carrière, le numéro 10 arrive à ce rendez-vous dans la forme de sa vie et avec, déjà, deux casquettes statistiques sur la tête. À 14 buts en Coupe du monde, il est à deux unités de Lionel Messi et de Miroslav Klose, qui partagent le record historique à 16. Le Mondial américain pourrait bien voir tomber la barre, et c’est précisément ce que les projecteurs du Lincoln Financial Field attendront.

Sur le terrain, l’Irak n’est pas un simple faire-valoir. La sélection entraînée par Graham Arnold — qui connaît bien les Bleus pour avoir coaché l’Australie — a posé un premier repère utile en Mondial face à la Norvège samedi, malgré la défaite 4-1 : elle a tenu une mi-temps (1-1 à la pause) avant de céder. Arnold, en conférence de presse d’avant-match, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots : ses joueurs affrontent, dans le groupe I, des « joueurs d’une autre espèce ». La mission pour les Irakiens est claire : exister face à la France, limiter la casse, et garder un espoir statistique avant la dernière journée contre le Sénégal. Côté français, Didier Deschamps a fait de cette Coupe du monde un objectif de conquest offensive : avec Mbappé, Michael Olise, Désiré Doué et Randal Kolo Muani, l’animation offensive des Bleus n’a jamais semblé aussi riche. Une victoire ce soir validerait mathématiquement la qualification des Bleus avant la dernière journée, et offrirait à Mbappé une 100e dont on parlerait longtemps.

Norvège – Sénégal : les Lions dos au mur, les Vikings en test grandeur nature

East Rutherford, 02h du matin heure française. Le match de la nuit, dans tous les sens du terme. D’un côté, la Norvège d’Erling Haaland, qui a confirmé son statut d’épouvantail annoncé du groupe I en surclassant l’Irak 4-1 samedi dernier, avec un doublé de son buteur — qui en est désormais à 57 buts en 51 sélections, un ratio qui confine à l’absurde. De l’autre, le Sénégal de Pape Thiaw, défait 3-1 par la France pour son entrée dans la compétition et miné par des polémiques extra-sportives persistantes : la presse nationale évoque des primes de la CAN 2025 qui n’auraient pas été versées, et une équipe nationale plus proche du point de rupture que de la grande fête.

L’enjeu, pour les Lions de la Téranga, est désormais existentiel. Une deuxième défaite consécutive les placerait dans une situation extrêmement compliquée avant la dernière journée, et rendrait presque nécessaire un succès contre l’Irak pour espérer l’une des huit places de meilleur troisième. Sadio Mané, Nicolas Jackson, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye : la ligne d’attaque sénégalaise a les armes pour faire mal à n’importe qui, mais elle devra le faire collectivement, et surtout défendre à onze pendant quatre-vingt-dix minutes face à une équipe norvégienne qui sait exploiter les espaces en contre. La NorvègeLandslaget, de son côté, a un test grandeur nature après son festival face à l’Irak : face à un vrai bloc, face à une vraie densité physique, avec un Haaland qui devra être servi par Ödegaard, Berge, et Sörloth. Les compos probables publiées par la presse spécialisée annoncent un 4-3-3 norvégien (Nyland – Ryerson, Ajer, Heggem, Wolfe – Ödegaard, Berge, Aursnes – Sörloth, Haaland, Nusa) face à un 4-3-3 sénégalais (Édouard Mendy – Diatta, Koulibaly, Niakhaté, Diouf – Lamine Camara, Idrissa Gueye, Pape Gueye – Ismaïla Sarr, Jackson, Mané). Le MetLife Stadium, à 20h heure locale, sera l’écrin d’un match qui peut soit valider la dynamique norvégienne, soit relancer un outsider africain qui refuse de mourir.

Jordanie – Algérie : les Fennecs au bord du gouffre, Petkovic refuse le mot « décisif »

Santa Clara, 05h du matin heure française. La dernière affiche de la longue soirée est peut-être la plus tendue. L’Algérie, humiliée 3-0 par l’Argentine pour son premier match et qui a vu Lionel Messi lui inscrire un triplé dont les deux premiers buts portaient la signature d’un Luca Zidane en difficulté, joue sa survie dans la compétition. Battue lors de la première journée, la sélection de Vladimir Petkovic n’a plus le droit à l’erreur si elle veut continuer à croire à une qualification. Les Fennecs, qui n’ont plus atteint la phase à élimination directe depuis 2014, et qui sortent d’une CAN 2025 ratée (élimination en quart par le Nigeria), savent qu’un revers contre la Jordanie les condamnerait presque certainement à la porte de sortie — sauf à aller chercher l’Autriche, le leader autrichien, lors de la dernière journée.

Petkovic, en conférence de presse dimanche, a pourtant refusé le mot « décisif ». « Je ne suis pas d’accord, le match de demain ne sera pas décisif. Il reste encore le match contre l’Autriche, qui est tout aussi important », a-t-il déclaré, avant de réitérer sa confiance au gardien Luca Zidane : « Ils ont tous le droit à l’erreur. J’ai confiance en les qualités de Luca Zidane en tant que gardien. » Un discours qui se veut protecteur, mais qui ne change rien à l’équation comptable : trois points ce matin à Santa Clara, ou un retour en Afrique du Nord la tête basse. La Jordanie, elle, joue sa deuxième Coupe du monde de l’histoire après l’élimination au premier tour de l’édition 2022, et aborde ce rendez-vous avec moins de pression. Compact en 3-4-3 (Abulaila – Nasib, Al Arab, Abualnadi – Haddad, Al Rashdan, Al Rawabdeh, Abu Taha – Al Fakhouri, Tamari, Olwan), elle pourra compter sur son bloc et son impact physique. L’Algérie, elle, devrait aligner un 3-4-3 Zidane – Belaid, Mandi, Bensebaïni – Belghali, Boudaoui, Zerrouki, Aït-Nouri – Mahrez, Amoura, Maza, avec Riyad Mahrez titularisé d’entrée après ses 26 minutes seulement face à l’Argentine. La rencontre sera arbitrée par le Slovène Slavko Vinčić, qui avait officié lors de Brésil – Maroc (1-1) et dont les décisions avaient été critiquées. Le Levi’s Stadium, à 23h heure locale, sera le théâtre de la dernière chance des Verts — pour cette Coupe du monde 2026, en tout cas.

Les groupes I et J avant la soirée : tout reste ouvert

À l’orée de cette journée, seuls trois billets pour les 16es de finale ont été officiellement distribués : le Mexique (groupe A), les États-Unis (groupe D) et l’Allemagne (groupe E). Ce soir, deux nouvelles équipes peuvent mathématiquement les rejoindre, mais aucune ne le fera de manière certaine. Le maximum espéré, après les quatre matches, c’est une qualification acquise pour l’Argentine en cas de victoire, et un billet presque en poche pour la France dans la même situation. L’Autriche, si elle bat l’Albiceleste, prendrait la première place du groupe J et repousserait le verdict à la dernière journée. La Norvège, en cas de succès, prendrait la tête du groupe I, seule. Le Sénégal, en cas de victoire, relancerait tout et transformerait la dernière journée en une finale à trois (France-Norvège, France-Sénégal, Norvège-Sénégal). L’Algérie, en cas de victoire, resterait en vie pour la dernière journée.

  • Groupe I (avant la soirée) — 1. Norvège (3 pts, +3 diff.) ; 2. France (3 pts, +2) ; 3. Sénégal (0 pt, -2) ; 4. Irak (0 pt, -3).
  • Groupe J (avant la soirée) — 1. Argentine (3 pts, +3 diff.) ; 2. Autriche (3 pts, +2) ; 3. Jordanie (0 pt, -2) ; 4. Algérie (0 pt, -3).

Le format à 48 équipes — 12 groupes, deux premiers plus huit meilleurs troisièmes, soit 32 qualifiés pour les 16es — ne protège pas totalement les gros, mais il ouvre une fenêtre de calcul. Une équipe qui perd ses deux premiers matches peut encore, mathématiquement, figurer parmi les huit meilleurs troisièmes. À l’inverse, une équipe qui gagne ses deux premiers matches est presque automatiquement qualifiée. Cette mécanique explique pourquoi, dans le groupe J, la soirée pèse autant : l’Argentine peut basculer d’une qualification quasi-certaine à un simple leadership provisoire, et la Jordanie peut basculer d’une élimination à un sursis. L’Autriche, qui a fait mieux que prévu samedi dernier, joue ce soir son droit à croire aux 8es ; l’Algérie, qui a fait moins bien, joue son droit à continuer d’y croire.

Ce qu’il faut regarder dans la nuit

Quatre matches, mais seulement deux niveaux de lecture. Le premier niveau, c’est la confirmation ou la déception : l’Argentine peut-elle confirmer son statut ? La France peut-elle valider sa qualification en avançant sa 100e de Mbappé ? Le deuxième niveau, c’est la surprise : la Norvège est-elle aussi forte qu’annoncée, ou est-ce simplement qu’elle a joué contre l’Irak, la plus faible des équipes du groupe ? L’Autriche de Rangnick, vraie candidate aux 8es ou simple trouble-fête ? Le Sénégal, comment réagit-il collectivement à un climat interne dégradé ? L’Algérie, a-t-elle les ressources mentales pour rebondir après la claque du SoFi Stadium ?

Pour suivre le fil complet de cette journée, on peut s’appuyer sur les récapitulatifs déjà publiés : le point de 11h (Mbappé 100e, Messi à une longueur de Klose) qui a posé le décor des groupes I et J, la matinale du 22 juin (Cap-Vert – Uruguay et Égypte – Nouvelle-Zélande) qui a raconté ce qui s’est joué dans la nuit précédente, et le récap du créneau minuit (Espagne 4-0 Arabie saoudite, Belgique 0-0 Iran) pour retrouver le récit du week-end. Le Mondial 2026 n’en est qu’à sa douzième journée, et déjà la carte des qualifications dessine des lignes de fracture qui ne se refermeront pas. La soirée de lundi est l’une de ces charnières.

Sources