La joie de Raúl Jiménez après avoir ouvert le score pour le Mexique face à l'Afrique du Sud, lors du match d'ouverture de la Coupe du monde 2026 à l'Estadio Azteca de Mexico. Crédit : REUTERS/Pawel Kopczynski.

Mexique – Afrique du Sud (2-0) : la malédiction est rompue, le Mondial est lancé

L'attente a duré huit Coupes du monde. El Tri a enfin gagné son match inaugural, jeudi soir à l'Azteca, grâce à Quiñones (9e) et Jiménez (67e), avant de voir la fin de match dériver en festival de cartons rouges.

L’attente a duré huit Coupes du monde. Jeudi soir à Mexico, le Mexique a enfin gagné un match d’ouverture de Mondial : 2-0 contre l’Afrique du Sud, à l’Estadio Azteca, dans une affiche inaugurale que le pays co-hôte n’avait jamais su convertir en victoire lors de ses sept précédentes tentatives. Julián Quiñones a libéré l’Azteca dès la 9e minute, Raúl Jiménez a scellé le break de la tête à la 67e. Mais ce triomphe historique a failli être occulté par les cinq dernières minutes : trois cartons rouges ont été distribués, deux côté sud-africain, un côté mexicain, ternissant un peu la fête.

Une ouverture enfin gagnée, après 56 ans d’attente

C’est un record que Javier Aguirre et ses hommes sont les premiers à briser. Le Mexique avait disputé sept matches d’ouverture de Coupe du monde sans en gagner un seul, le plus souvent en terrain neutre ou à l’extérieur. Cette fois, El Tri jouait chez lui, dans son stade mythique, devant un public chauffé à blanc par la cérémonie d’ouverture animée par Shakira. Mieux entrés dans le match que les Bafana Bafana, les Mexicains ont logiquement pris les commandes, et Quiñones n’a eu besoin que de neuf minutes pour convertir la première erreur défensive sud-africaine.

L’Azteca a explosé. Le buteur, meilleur buteur du championnat saoudien devant Cristiano Ronaldo, a failli doubler la mise avant la pause, mais son tir à ras-de-terre n’a trouvé que le poteau droit de Ronwen Williams. À la mi-temps, El Tri menait 1-0, et tout un pays respirait : la malédiction était peut-être en train de céder.

L’Azteca, premier stade de l’histoire à accueillir trois matches d’ouverture

Le cadre donnait au rendez-vous une dimension supplémentaire. L’Estadio Azteca devient jeudi le premier stade de l’histoire à accueillir un match d’ouverture de Coupe du monde pour la troisième fois, après 1970 et 1986. La configuration 2026 est en plus inédite : c’est la première fois que le Mondial est organisé par trois pays — le Mexique, le Canada et les États-Unis — et que 48 équipes s’affronteront sur 104 rencontres, avec une finale prévue le 19 juillet au MetLife Stadium de New York. Le décor avait déjà été planté par notre aperçu de l’ouverture il y a quelques jours, et par le récit du contexte sécuritaire à J-2 — cette fois, l’Azteca a livré la fête attendue.

Jiménez libère tout un pays, la tête

La seconde période a longtemps ressemblé à un faux-rythme : un Mexique prudent face à une Afrique du Sud recroquevillée, où chaque incursion semblait vouée à l’échec. À la 67e minute, Roberto Alvarado a déposé un centre millimétré depuis l’angle droit de la surface. Au deuxième poteau, Raúl Jiménez avait pris de vitesse son défenseur au marquage. Sa tête a fini sa course au fond des filets, libérant tout un pays en une fraction de seconde. Le break était fait, l’Azteca pouvait exulter.

Trois cartons rouges en fin de match : la fête vire au chaos

Le scénario a basculé à la reprise. Yaya Sithole, déjà averti, a écopé d’un second carton jaune à la 49e minute, laissant l’Afrique du Sud à dix. Le break de Jiménez est intervenu un quart d’heure plus tard. Puis la fin de match a tourné à l’escalade disciplinaire : Themba Zwane a été expulsé à la 84e minute après recours à la VAR pour un coup au visage, et César Montes a lui aussi reçu un carton rouge direct dans le temps additionnel (90e+2) pour une faute en position de dernier défenseur sur Mudau.

Trois exclusions dans un match d’ouverture, c’est suffisamment rare pour être souligné. À titre de comparaison, l’édition 2010, dont l’Afrique du Sud était l’hôte, s’était ouverte sur un 1-1 sans incident disciplinaire majeur. Pour Aguirre, l’image ternit un peu le triomphe : son équipe a fini à dix, et la question de la concentration défensive se posera vite avant le prochain match.

Groupe A : le Mexique prend la tête, l’Afrique du Sud déjà sous pression

Avec ces trois points, le Mexique s’installe en tête provisoire du groupe A, qui comprend également la Corée du Sud et le barragiste européen de la voie D, en attente de la finale des barrages. La qualification pour les seizièmes de finale est quasiment acquise si El Tri enchaîne. Prochain rendez-vous : le 25 juin, pour la deuxième journée de poule. Le calendrier complet du tournoi, à retrouver dans notre mode d’emploi du Mondial, permettra de suivre la suite.

Pour l’Afrique du Sud, le retour en Coupe du monde après seize ans d’absence (la dernière participation remontait à 2010, à domicile) s’avère beaucoup plus difficile que prévu. Réduite à dix puis à neuf pendant de longues minutes, l’équipe a montré des qualités défensives mais devra faire beaucoup mieux pour espérer une phase à élimination directe. Le sélectionneur devra rapidement trouver des solutions dans le secteur défensif — sa charnière centrale a cédé sur le premier but, et les interventions litigieuses se sont multipliées en seconde période.

Ce que ce match change pour la suite du tournoi

Ce premier rendez-vous dessine plusieurs trajectoires. Pour le Mexique, la victoire efface un poids historique : El Tri n’arrivait plus à gérer l’émotion des grands matches inauguraux. Le sélectionneur Aguirre a tenu son pressing haut, et la profondeur de banc — avec l’entrée de Gilberto Mora, chouchou du public — laisse entrevoir une rotation possible sur la durée du tournoi. Pour l’Afrique du Sud, le chantier est ouvert : discipline, concentration, et réalisme offensif seront les trois clés d’un éventuel exploit contre la Corée du Sud ou le barragiste. Pour le reste du groupe A, ce résultat confirme que le Mexique sera l’épouvantail à abattre, mais que la porte des deuxième et troisième places reste largement ouverte.

Sources

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