Vingegaard attaché au Maillot Jaune, en quête de nouveautés

Vingegaard attaché au Maillot Jaune, en quête de nouveautés

Jonas Vingegaard, Maillot Jaune et nouveautés: après une saison 2025 marquée par la Vuelta et une 2e place sur le Tour, il envisage 2026 avec de nouvelles ambitions, notamment le Giro.

France

Jonas Vingegaard n’a pas encore pris de vacances et poursuit l’entraînement ces dernières semaines afin de rester affûté pour l’Andorra Cycling Masters, où il a terminé quatrième, avant un nouveau critérium à Saitama, au Japon, en novembre, pour conclure l’année 2025.

Cette année n’a pas été celle de son retour sur la plus haute marche du Tour, toujours dominé par Tadej Pogacar. Le leader de Visma-Lease voit toutefois le positif dans ses derniers mois, notamment grâce à sa victoire à la Vuelta en septembre. Il ne lui manque plus que le Giro pour devenir l’un des huit coureurs à avoir remporté les trois Grands Tours, et s’il ne donne pas beaucoup d’indications sur la saison 2026, on l’imagine bien viser le Giro et peut‑être le Tour, en plus de la Vuelta. Le Tour demeure pour lui un passage obligé et il n’envisage pas de s’en détacher tout de suite. Il pourrait aussi se laisser tenter par les Mondiaux à Montréal en septembre prochain.

Autant de sujets qu’il a abordés avec L’Équipe, en marge de l’événement andorran.

« Quelle note donnez-vous à votre saison 2025 ? » C’est une assez bonne année. Ce n’est pas la meilleure que j’aie vécue, la saison 2023 restant selon moi supérieure. Mais finir deuxième du Tour et remporter la Vuelta n’est pas une mauvaise saison. Mon objectif était de gagner le Tour, donc sur ce point j’estime ne pas avoir rempli mon contrat, mais j’ai tout de même remporté la Vuelta. J’évaluerais la saison autour de 7 sur 10, peut‑être 8.

« Une saison peut donc être très bonne sans gagner le Tour ? » Bien sûr. Le cyclisme existe aussi loin du Tour. Évidemment, c’est toujours la course la plus importante, et c’est pour cela que je dis que la saison n’a pas été parfaite non plus : il aurait fallu gagner pour ça. Mais il y a aussi beaucoup d’autres courses, comme la Vuelta. J’ai apprécié les courses d’une semaine, telles que le Tour d Algarve et le Dauphiné, mais il y a eu aussi ma chute à Paris‑Nice et ma commotion qui m’a quelque peu ralenti en suite.

Sur la Vuelta, qu’est‑ce qui a été le plus difficile ? Gagner sur le vélo, ou tenir mentalement face au contexte des manifestations et des étapes perturbées ? C’était difficile de rester concentré, mais je ne me suis jamais demandé si je voulais continuer. Chaque jour, je me suis dit que j’allais essayer et nous verrions combien de temps cela durerait. J’ai appris, en ayant longtemps joué les classements généraux, qu’il faut exploiter les bonnes journées. J’ai fait cela lors de la 9e étape à Valdezcaray, avec 24 secondes d’avance sur Almeida et Pidcock, et heureusement car ensuite j’ai été un peu malade et je me suis retrouvé en position défensive. J’essayais de viser d’autres étapes, mais la toux et le nez bouché m’ont quelque peu freiné.

Cette année, comme en 2023 lorsque il avait remporté le Tour et terminé deuxième de la Vuelta derrière son équipier Sepp Kuss, vous avez été performant sur deux Grands Tours d’affilée. Pourriez-vous tenter de doubler Giro et Tour en 2026 ?

— Bien sûr. Nous n’avons pas encore fixé le plan avec l’équipe. J’ai mes idées et mes envies. Le Tour de France est si grand qu’il fera forcément partie de ce plan, et on verra si le Giro peut aussi en faire partie.

Est‑ce qu’il est envisageable un jour de zapper le Tour ? Peut‑être, si je ne peux plus me battre pour la victoire.

Pas avant ? Non. Pour moi, et peut‑être aussi pour Pogacar, le Tour de France est si important que les équipes candidates à la victoire veulent l’y aligner. Même si nous ne voulions pas y aller, je pense que cela se ferait quand même. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas envie d’y aller.

Qu’est‑ce que vous appréciez du Tour de France ? Il y a énormément de pression, autour et dans les médias. J’explique difficilement pourquoi, mais le Tour est beaucoup plus imposant que la Vuelta. En France, on monte sur le podium et il y a des dizaines de journalistes. À la Vuelta, l’ambiance est différente et plus détendue. C’est ce qui rend le Tour à la fois fatigant et unique : l’attention, les spectateurs et l’intensité.

Vous disiez aussi vouloir participer davantage à des courses d’un jour. Pourquoi ? Le cyclisme ne se limite pas aux étapes : il existe de grandes courses d’un jour même pour les grimpeurs comme moi, Liège–Bastogne–Liège, les Championnats du monde et peut‑être le Tour de Lombardie. Beaucoup de belles courses d’un jour, et j’aimerais en tester quelques‑unes. Il faut toutefois composer avec le calendrier, car Liège ne tombe pas idéalement avant le Tour et la Vuelta peut compliquer les Mondiaux.

Est‑ce que cela implique aussi une modification de votre entraînement ? Probablement. Si je veux m’essaier à ce type de courses, il faudra peut‑être adapter le programme après le Tour, tout en restant fidèle à ma base d’entraînement. Le mieux serait de discuter de tout cela avec l’équipe en novembre et de fixer mon programme début décembre, notamment en prévision des Mondiaux, avec éventuellement les Grands Prix de Québec et Montréal en septembre.

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