Une inquiétude grandissante face à la maigreur extrême des coureuses du Tour de France femmes
Depuis le début du Tour de France femmes, un sujet sensible et préoccupant suscite de plus en plus de débats : l’extrême maigreur de certaines cyclistes, qui pourrait avoir des conséquences graves sur leur santé à long terme. Des médecins et nutritionnistes alertent sur les risques liés à cette course à la performance, où le maintien d’un poids très faible devient une obsession pour certaines athlètes, souvent au détriment de leur bien-être.
Les dangers d’un déficit énergétique prolongé
Les spécialistes mettent en garde contre les dégâts provoqués par une perte de poids excessive. Selon eux, plus une coureuse réduit son poids, plus elle augmente son rapport poids/puissance, ce qui peut sembler avantageux pour la performance. Cependant, cette stratégie comporte des risques considérables. Le déficit énergétique chronique peut entraîner des complications lourdes, notamment des problèmes osseux, cutanés, psychiatriques, voire des troubles du cycle menstruel. La triade de la sportive, un syndrome regroupant ces déséquilibres, est une réalité alarmante dans ce contexte.
Une santé menacée par la maigreur
Les conséquences pour la santé des cyclistes sont multiples. La faiblesse excessive de leur masse grasse peut favoriser l’apparition d’ostéoporose, augmentant ainsi le risque de fractures graves, comme une fracture cervicale pouvant entraîner une paraplégie. Ces problèmes osseux, rares chez les hommes, touchent davantage les femmes en raison de leur physiologie spécifique. Les médecins avertissent qu’un jour, une coureuse pourrait se retrouver dans une situation critique, voire gravement blessée, à cause de ces fragilités.
Outre les complications osseuses, d’autres effets délétères se manifestent : troubles digestifs, dépressions, et autres troubles psychiatriques. Si certaines cyclistes parviennent à maintenir une silhouette très mince pendant quelques semaines, cela devient rapidement problématique au-delà d’un certain délai. Pour préserver leur santé, il est conseillé aux athlètes de limiter leur déficit pondéral à quelques kilos, tout en reprenant des kilos en dehors de la saison de compétition, afin d’assurer leur longévité sportive.
Le cas de Pauline Ferrand-Prévot et la nécessité d’une régulation
Avant le départ du Tour, la championne olympique de VTT, Pauline Ferrand-Prévot, a révélé avoir perdu quatre kilos lors de la période précédant la course. Elle insiste cependant sur le fait qu’il est impossible d’aller plus loin dans cette perte, sous peine de compromettre sa santé. Les médecins prônent désormais l’instauration de seuils minimaux de masse grasse, avec une régulation stricte, notamment par le biais de protocoles encadrés par l’Union cycliste internationale (UCI).
Une prise de conscience chez les jeunes cyclistes
Les meilleures équipes de cyclisme disposent souvent de nutritionnistes ou de médecins pour encadrer leurs athlètes, mais ce n’est pas encore le cas pour toutes les jeunes cyclistes en début de carrière. Cédrine Kerbaol, jeune cycliste bretonne, a créé un compte Instagram dédié, F.e.e.d_powr, pour sensibiliser les jeunes à l’importance d’un apport énergétique équilibré. Elle souligne que la visibilité offerte par le Tour de France femmes peut donner une image erronée, en montrant des coureuses très maigres comme étant un modèle à suivre, alors que cela ne devrait pas être considéré comme normal.
Pour préserver leur santé et leur avenir, il est essentiel que les athlètes, encadrées ou non, prennent conscience des dangers d’une perte de poids excessive. La vigilance doit rester de mise pour éviter que la quête de performance ne se fasse au prix de leur intégrité physique et mentale.









