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Milan officialise Ruben Amorim comme entraîneur (contrat jusqu'en 2028, 3,5 M€ net/an), l'Inter prolonge Cristian Chivu jusqu'en 2028 après le doublé Serie A-Coupe d'Italie. Lecture d'une Serie A qui se redessine en parallèle.
Quatre jours d’écart, deux communiqués, deux lectures opposées de la Serie A. Mardi 16 juin, l’AC Milan a officialisé la nomination de Ruben Amorim sur son banc. Jeudi 18 juin, l’Inter Milan a annoncé la prolongation de Cristian Chivu jusqu’en 2028, avec une revalorisation salariale à la clé. Deux clubs qui se croisent dans le derby della Madonnina, deux trajectoires qui partent dans des directions contraires : à San Siro, le champion d’Italie verrouille son architecte ; de l’autre côté, le voisin rossonero rebat les cartes après deux saisons hors Ligue des champions.
L’opération a tout d’un signal fort envoyé par l’Inter. À 45 ans, Cristian Chivu, qui n’avait jamais dirigé d’équipe première avant la saison dernière, hérite d’un nouveau bail de deux ans après un exercice inaugural bouclant le doublé Serie A–Coupe d’Italie, le troisième de l’histoire du club selon L’Équipe. La presse italienne, citée par Sempre Inter, évoque une revalorisation de 50 %, portant son salaire net de 2 à 3 millions d’euros par saison. Une manière, pour la direction nerazzurra, d’aligner la durée sur l’ambition européenne — l’élimination en barrages de Ligue des champions face à Bodø/Glimt (1-3, 1-2) reste la seule tache sur le tableau, et le chantier prioritaire du mandat prolongé.
L’autre rive du Naviglio trace un chemin inverse. Sans banc depuis son départ de Manchester United le 5 janvier 2026, Ruben Amorim, 41 ans, s’est engagé avec l’AC Milan pour deux saisons, soit jusqu’en 2028, avec une option pour une année supplémentaire, précise Foot Mercato. La presse italienne avait évoqué un salaire net annuel de 3,5 millions d’euros. Le technicien portugais succède à Massimiliano Allegri, limogé après une saison unique conclue à la cinquième place de Serie A — insuffisant pour ramener les Rossoneri en Ligue des champions après l’échec de l’exercice précédent (huitième).
Dans son communiqué, Amorim a affiché une ambition très claire : « Entraîner le Milan a toujours été l’une de mes ambitions. Je sais parfaitement ce que représente ce club : l’histoire, le prestige et un public extraordinaire dans le monde entier. » Un retour au premier plan rapide pour celui qui avait quitté le Sporting CP après quatre saisons marquées par deux titres de champion du Portugal (2020-21, 2023-24), avant un passage compliqué à Old Trafford.
Le contraste est saisissant. L’Inter prolonge un entraîneur novice en pro, mais qui a immédiatement converti sa prime à la confiance en titres. Le Milan, lui, réinjecte un nom à la cote encore vacillante, articulé autour d’un système de jeu — Amorim est resté fidèle à son 3-4-3 — et d’un discours de méthode. Deux héritages différents : Chivu a succédé à Simone Inzaghi, parti à Al-Hilal après la débâcle en finale de C1 2025 (0-5 contre le PSG) ; Amorim prend la suite d’Allegri, lui-même successeur de Stefano Pioli. Aucune des deux maisons ne repart de zéro, mais aucune ne fonctionne sur le même tempo.
Pour l’Inter, l’horizon est limpide : la prochaine saison de Serie A s’ouvre à domicile face à Monza, et la grande question demeure le retour au premier plan continental. L’élimination face à Bodø/Glimt reste la seule anicroche du mandat Chivu, et sa prolongation est explicitement conditionnée à l’objectif européen. Le Milan, de son côté, disputera la Ligue Europa la saison prochaine — conséquence directe de sa cinquième place — et devra y démontrer qu’Amorim peut convertir son système de jeu en résultats. Le derby della Madonnina de la fin d’année prendra, dans ce contexte, une résonance particulière : l’architecte prolonge, le pari se relance, et la hiérarchie milanaise du football italien se rejoue en parallèle.