Scott Fry, le spécialiste des coups de pied arrêtés, n’a rejoint Rangers que depuis six semaines, mais son influence est déjà palpable. À 47 ans, il avait fait sensation à Lincoln City, où ses méthodes avaient conduit les joueurs à le comparer à Austin MacPhee. Après avoir négocié une prime avec le président, les joueurs ont profité d’une soirée tout compris à Manchester grâce à sa maîtrise des coups de pied arrêtés. Fry s’est imposé comme une figure populaire à Sincil Bank la saison dernière.
Parmi ceux qui ont travaillé sous ses ordres, Ethan Erhahon, aujourd’hui à Bolton Wanderers, est convaincu qu’il aura le même effet à Ibrox. Fry a été recruté par le manager des Rangers, Danny Rohl, et il est devenu un élément clé de l’équipe technique.
Le record de Lincoln sur les coups de pied arrêtés l’an dernier était le meilleur d’Europe, avec 30 buts inscrits toutes compétitions confondues. C’est ce qui a convaincu Rohl de le faire venir, et Erhahon le compare à MacPhee, l’ancien sélectionneur écossais et expert des coups de pied arrêtés.
Erhahon, ancien milieu de St Mirren et aujourd’hui à Bolton, décrit Fry comme un homme fascinant: obsédé par les coups de pied arrêtés, et les joueurs l’apprécient pour son investissement. On l’appelait même notre Austin MacPhee. Fry passait des heures à regarder des vidéos sur YouTube pour dénicher de nouvelles variantes à tester, et les joueurs avaient envie de s’y engager.
Selon lui, Fry privilégie une approche simple pour les tireurs: l’action doit être claire et rapide. Il souhaite que le ballon soit livré au second poteau le plus vite possible et, même s’il ne révèle pas tous ses secrets, on voit ses principes à l’œuvre chez Rangers: quand le ballon revient sur une attaque, les grands joueurs restent au fond et c’est là que le centre trouve sa cible. Par exemple, si le ballon revient vers Connor Barron sur le bord de la surface, les joueurs puissants restent près du poteau arrière et c’est là où le centre se dirige.
Erhahon raconte que Fry privilégie l’essentiel du travail sur les phases arrêtées offensives: la seconde phase. Il insistait pour que, dès que le ballon sort, on ne perde pas de temps et que le centre soit dirigé vers le back post dès que possible. Il ne souhaite pas dévoiler tous ses secrets, mais on voit ce travail se refléter chez Rangers désormais.
Si le ballon revient vers le tireur comme dans l’exemple de Barron, l’objectif est simple: attaquer une zone précise et laisser les joueurs arriver. Erhahon souligne aussi que Fry a une approche qui peut être adaptée selon l’adversaire, en marquant man-on-man ou en zone, tout en restant lisible pour les tireurs.
Les coups de pied arrêtés offensifs ne constituent pas l’unique mission de Fry. Erhahon affirme qu’il sera peut-être agacé par une situation où Rangers concèdent sur une action arrêtée, même s’il ne se trouve pas sur le terrain. Mais les joueurs semblent réceptifs à son approche et à son exigence.
Le duo Fry et Rohl a coïncidé avec un retour des Rangers dans la course au titre de Premiership. Lors de son premier match contre Livingston à Ibrox, l’une de ses routines de corners a donné le premier but sur une tête; et contre St Mirren mardi soir, Rangers ont inscrit deux buts issus de coups de pied arrêtés. Erhahon explique que c’est surtout le travail sur les secondes phases qui distingue Fry et qui a permis d’inscrire deux buts lors de cette rencontre.
« La grande idée sur les coups offensifs, c’est la seconde phase, » résume-t-il. « Quand le ballon ressort, il faut l’envoyer au plus vite au dernier poste. Je ne veux pas révéler tous ses secrets, mais vous constatez ce qu’il met en place à Rangers. » Il cite Manny Fernandez comme cible privilégiée et affirme que Fry privilégie la simplicité et les mouvements pour créer des espaces et des occasions.
Pour Erhahon, Fry est fier de son travail et convaincu que son expertise peut aider Rangers à connaître du succès cette saison. « Chaque semaine à Lincoln, nous pensions marquer sur un coup de pied arrêté », se remémore-t-il, décrivant l’investissement et l’importance que Fry accordait à ces phases. Les joueurs de Rangers devraient répondre à son approche et progresser dans ce domaine au fil de la saison.
Par ailleurs, le système mis en place a des implications financières: une prime liée aux performances a été négociée et l’équipe a pu profiter d’une soirée d’équipe à Manchester grâce à ses résultats sur les coups de pied arrêtés. Environ 575 € par but marqué et 575 € perdus lorsque l’équipe concédait sur coup de pied arrêté illustrent les mécanismes qui accompagnent ce travail collectif.
Avec Fry et le cadre de travail apporté par Rohl, Rangers semblent progresser sur les coups de pied arrêtés, ce qui pourrait peser sur leur saison dans la course au titre en Écosse.









