Rebondir après le scandale : le parcours de Oliver Anderson en tennis

Rebondir après le scandale : le parcours de Oliver Anderson en tennis

Après un scandale de trucage, Oliver Anderson tente de rebâtir sa carrière tennis, entre défis et passion retrouvée.

Australie

Le tournant a été brutalement clair lorsque Anderson a compris que des policiers en civil l’attendaient hors du court. Il venait de s’incliner au deuxième tour d’un Challenger, mais c’est son match précédent — une victoire en trois manches obtenue dans des circonstances discutables — qui a attiré l’attention des enquêteurs. Ceux qui suivaient ce match auraient immédiatement senti que quelque chose clochait, se souvient l’ancien joueur.

En janvier 2016, le Brisbanien avait brillé en remportant le titre de simple des juniors à l’Open d’Australie devant son public, démontrant son potentiel face à des adversaires qui deviendraient plus tard top 10, comme Stefanos Tsitsipas, Felix Auger‑Aliassime et Alex de Minaur. Neuf mois plus tard, il était pris en flagrant délit de perte volontaire d’un set, un acte orchestré par des réseaux de trucage qui tentaient d’exploiter sa situation financière précaire.

Cette affaire brouillait déjà sa progression, et des réseaux de trucage l’approchaient dans les jours qui ont précédé l’événement de Traralgon devenu tristement célèbre. Sa blessure après sa victoire à Melbourne et les mois sans revenus dus à une opération avaient alimenté l’idée qu’abaisser délibérément un set pourrait être une solution financière rapide.

Des images diffusées montrent des échanges de services longs suivis de retours qui atterrissent dans le filet, et la progression du jeune opposant n’est plus à la hauteur des attentes. Anderson affirme que son adversaire, classé hors du Top 1 500, avait commencé par gagner le premier set selon le plan des conspirateurs, avant qu’il ne rétablisse la situation et remporte le match en trois sets.

Il affirme aussi qu’il ignore comment la police a été alertée. Selon la BBC, une société de paris est devenue méfiante lorsqu’un parieur a tenté de miser l’équivalent d’environ 6 200 € sur la victoire de Lombe dans le premier set.

Le lendemain, rongé par la culpabilité, il a été largement battu 6-2 6-1 par John‑Patrick Smith. « Tout ce à quoi je pensais, c’était que c’était complètement fou et que seul moi savais ce qui se passait », raconte Anderson. Puis il a été confronté par des agents sous couverture. Il savait alors qu’il avait commis une énorme bêtise.

Il n’a à aucun moment reçu d’argent pour ce match et il a coopéré pleinement avec les enquêteurs. En mai 2017, il a évité une condamnation et a reçu une probation de deux ans imposée par un magistrat de l’État de Victoria.

Rétrospectivement, il voit dans cette erreur une occasion d’échapper à une impasse. Le tennis a toujours fait partie de sa vie, mais son rêve secret était de jouer dans un groupe de rock. « J’étais sans doute un adolescent mécontent et incertain de ce que je voulais faire », se rappelle-t-il.

À la suite de l’affaire, Anderson a été suspendu provisoirement et l’unité d’intégrité du tennis a jugé que les 19 mois déjà passés en détention constituaient une punition suffisante. Libéré, il a choisi de recentrer sa vie sur d’autres horizons tout en restant attaché au sport.

De rebattre les limites, il est passé de la raquette à la mode, concevant et fabriquant des vêtements de villégiature pour des détaillants indépendants. Sa famille a une longue tradition dans le textile et il a appris de ses aïeux avant de lancer sa propre démarche. Parallèlement, il continue à jouer dans des formations dans le Queensland.

Le retour au haut niveau l’a surpris: il n’avait repris la raquette que quelques fois depuis le scandale lorsque, autour de Noël 2023, il s’est entraîné avec son frère pour rester en forme. Grâce à ce travail, il a été repêché pour des sessions à l’Académie nationale de Tennis d’Australie et a obtenu une invitation wildcard pour un tournoi Futures, où il a gagné deux matches et gagné des points ITF.

Ses voyages l’ont mené au Mexique, en République dominicaine et au Mozambique, où il a disputé des tournois et reconstruit son classement. En Angola, il a même remporté un titre, malgré les blessures qui l’ont freiné depuis l’adolescence et qui l’obligent encore aujourd’hui à se remettre d’une déchirure du quadriceps.

Aujourd’hui, il affirme qu’il pourrait s’arrêter et considérer ce retour comme une vraie réussite. Il a rencontré des personnes formidables, visité des lieux incroyables et connu des combats et des moments forts. S’il devait arrêter maintenant, il est convaincu d’avoir déjà accompli quelque chose et d’avoir retrouvé le plaisir de jouer au tennis.

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