À bientôt 38 ans, Novak Djokovic se trouve face à un défi majeur : la conquête d’un 25e titre en Grand Chelem, un record qui semble s’éloigner au fil des saisons et des blessures. Alors que Roland-Garros approche, la question revient avec insistance : le Serbe parviendra-t-il à maintenir sa domination historique sur la scène du tennis mondial ?
Une saison sur terre battue marquée par des revers
La saison de Novak Djokovic sur terre battue 2024 a débuté difficilement. Éliminé prématurément aux Masters 1000 de Monte-Carlo et Madrid, puis contraint de déclarer forfait à Rome, le 6e joueur mondial voit ses doutes s’accroître, exacerbés par des défaites précoces à Doha et Indian Wells en début d’année.
Invité en dernière minute à l’ATP 250 de Genève, il dispose d’une ultime opportunité pour retrouver des sensations avant Roland-Garros, tournoi majeur où il avait brillé en remportant la médaille d’or olympique l’été dernier à Paris.
Après une conférence de presse frustrante à Monte-Carlo, Djokovic a affiché un visage plus serein à Madrid, concédant : « C’est une nouvelle réalité pour moi, d’essayer de gagner un ou deux matchs sans forcément penser à aller loin dans le tournoi. » Cette phase marque un tournant dans la carrière de l’ancien N.1 mondial, détenteur du record de 428 semaines en tête du classement ATP.
Une période de transition après le Big 4
Privé depuis 2022 de la rivalité au long cours avec Roger Federer et Rafael Nadal, tous deux à la retraite, Djokovic traverse une phase de reconstruction. L’Écossais Andy Murray, dernier membre vivant du « Big 4 », a récemment mis fin à sa collaboration d’entraîneur avec le Serbe après seulement six mois.
Durant cette association, le duo a atteint les demi-finales de l’Open d’Australie (où Djokovic a dû abandonner sur blessure) et la finale du Masters 1000 de Miami, perdue face à l’émergent Tchèque Jakub Mensik.
Malgré ces performances, le compteur en Grand Chelem de Djokovic stagne à 24 titres, à égalité avec l’Australienne Margaret Court, icône d’une époque révolue. Son dernier sacre majeur remonte à l’US Open 2023.
Des blessures à répétition qui compliquent la quête
Le corps de Djokovic montre des signes d’usure qui inquiètent. Opéré du genou droit en juin 2024, il a également souffert d’une déchirure à la cuisse gauche lors du dernier Open d’Australie, suivie d’une infection oculaire à Miami.
Ancienne joueuse française et analyste, Catherine Tanvier évoque une fatigue physique grandissante : « Il est en train de mourir physiquement. Le corps ne démarre plus. » Le classement dominé par les jeunes Carlos Alcaraz et Jannik Sinner laisse peu de marge d’erreur.
Djokovic lui-même avoue la difficulté d’équilibrer carrière professionnelle et vie privée à son âge, soulignant qu’il n’est plus seulement question de disputer des tournois, mais aussi de maintenir une motivation et une intensité à l’entraînement.
Un palmarès toujours impressionnant et l’espoir malgré tout
La finale surprise à Wimbledon en 2024 et son titre olympique conquis peu après son opération au genou sont des rappels éloquents de la résilience du Serbe. À ce jour, il reste le troisième joueur le plus titré de l’histoire du tennis masculin, derrière Jimmy Connors et Roger Federer.
Le tournoi de Roland-Garros s’annonce donc comme une édition « plus ouverte que jamais », notamment sans la présence de Rafael Nadal. Richard Gasquet, actuel vétéran du circuit français, considère toujours Djokovic comme l’un des favoris malgré les défis physiques.

Le N.2 mondial Carlos Alcaraz affirme lui aussi : « Je suis convaincu que si son objectif est de disputer les prochains Jeux olympiques en 2028 à Los Angeles, il serait capable de le faire ! »
Après Roland-Garros, Djokovic retrouvera des surfaces plus favorables à son style, avec le gazon de Wimbledon en juillet et les courts en dur de l’US Open en fin d’été.








