Coupe du Monde
29 juin 2026 12 min de lecture

Mondial 2026, matinale du 29 juin : le Canada arrache son premier 8e, l’Argentine boucle 9/9, et le choc Brésil-Japon est déjà là

Première nuit de la phase finale : le Canada devient la première équipe qualifiée pour les 8es grâce à un but tardif d'Eustáquio face à l'Afrique du Sud, l'Argentine boucle un 9/9 historique avec un coup franc record de Messi. Ce soir, Brésil-Japon (19h) et Allemagne-Paraguay (22h30) ouvrent la deuxième journée de la phase à élimination directe.

Stephen Eustáquio (7) célèbre son but libérateur qui envoie le Canada en 8es de finale du Mondial 2026 face à l'Afrique du Sud (1-0) au SoFi Stadium de Los Angeles, 28 juin 2026.

Le premier Mondial à 48 équipes a basculé dans le vif dans la nuit. À Los Angeles, devant près de 70 000 supporters, le Canada a attendu la 92e minute pour ouvrir la phase à élimination directe : un but de Stephen Eustáquio, en reprise de volée à l’entrée de la surface après un ballon mal dégagé par la défense sud-africaine, a envoyé le pays hôte en 8es de finale (1-0). Six heures plus tôt, à Dallas, l’Argentine avait bouclé son sans-faute en phase de poules en dominant la Jordanie (3-1), avec un coup franc de Lionel Messi — son sixième but du tournoi, et un record : il est devenu le premier joueur de l’histoire à marquer lors de sept matchs consécutifs de Coupe du monde. La carte du tableau se redessine déjà : ce soir, place au Brésil-Japon (19h00) puis à l’Allemagne-Paraguay (22h30), deux affiches qui verront tomber les premiers gros du tournoi.

  • Canada 1-0 Afrique du Sud — Eustáquio 90e+2 ; premier qualifié en 8es, le pays hôte attendra Pays-Bas ou Maroc à Houston le 4 juillet
  • Jordanie 1-3 Argentine — Lo Celso 19e, Lautaro Martínez 31e (sp), Al-Tamari 55e, Messi 80e ; l’Albiceleste boucle 9/9 et termine 1re du groupe J
  • Record Messi — premier joueur à marquer dans 7 matchs consécutifs en Coupe du monde, 6e réalisation dans le tournoi
  • À suivre ce soir — Brésil-Japon à 19h00 (M6, beIN Sports 1), Allemagne-Paraguay à 22h30

Eustáquio libère le Canada au bout du temps additionnel

L’image est presque sortie d’un film. À la 92e minute, dans un match que le Canada dominait sans jamais conclure, Jacob Shaffelburg a envoyé un centre depuis la gauche. La défense sud-africaine a mal dégagé, plein axe. Le ballon est tombé à l’orée de la surface sur Stephen Eustáquio, capitaine des Canucks et milieu du FC Porto, qui a enchaîné contrôle de la poitrine et frappe de l’extérieur du pied droit. Sa demi-volée, parfaite, est allée se loger dans le coin gauche du filet de Ronwen Williams, qui avait passé tout le match à colmater les brèches. Une libération de 70 000 personnes, et un moment d’histoire : jamais le Canada n’avait franchi la phase de poules d’un Mondial en deux tentatives.

La frustration avait duré tout le match. Entré à la 75e pour ses premières minutes du tournoi — de retour d’une blessure aux ischio-jambiers contractée en demi-finale de Ligue des champions avec le Bayern Munich —, Alphonso Davies avait immédiatement mis le terrain en pente, sans que la sélectionne sud-africaine ne cède. Jonathan David, titularisé d’entrée, avait vendangé plusieurs situations franches (12e, 16e) ; Liam Millar avait gâché une transition nette (14e) ; à la 22e, Derek Cornelius avait placé une tête aux six mètres, sortie par Williams. Le tournant du match, en première période, fut le triple sauvetage de Williams à la 44e : tête de Moïse Bombito sortie sur la ligne par Aubrey Modiba, reprise ratée de Cornelius, parade du gardien face à Tajon Buchanan. Le gardien des Bafana Bafana, hué pour ses interminables remises en jeu, fut le symbole de l’antijeu sud-africain — et la raison pour laquelle le score est resté nul pendant 91 minutes.

Au final, la domination canadienne est sans appel : 12 tirs à 6, 7 cadrés à 1. Le Canada aurait même pu l’emporter plus tôt sans les exploits de Williams (sortie devant Tani Oluwaseyi à la 65e, sauvetage de Mbekezeli Mbokazi sur David dans la même action). Mais c’est bien un coup de génie d’un seul homme qui a débloqué la nuit, comme l’a résumé Alistair Johnston en zone mixte : « Stephen nous a qualifiés dans un instant de magie. » Jesse Marsch, sélectionneur canadien, a félicité ses joueurs devant les caméras : « Vous êtes des héros du Canada, pour les futurs enfants de ce pays qui vont jouer à ce sport. » La fête a duré sur le terrain, avec Ismaël Koné, béquilles, venu célébrer avec ses coéquipiers malgré sa blessure.

L’Afrique du Sud, pour la première fois de son histoire en phase à élimination directe d’un Mondial, sort avec les honneurs. Hugo Broos n’a pas masqué le gap physique et technique avec le pays hôte : « Nous avions un déficit de puissance et de vitesse en comparaison avec le Canada. Ç’a été un match difficile pour nous, certes. Par contre, nous pouvons tirer de la satisfaction de ce que nous avons accompli. Je suis très heureux et fier de notre équipe. » Les Bafana Bafana quittent le Mondial la tête haute, après avoir eux aussi écrit une page de leur histoire. Le Canada, lui, affrontera le 4 juillet à Houston le vainqueur du choc Pays-Bas-Maroc, mardi à 03h00 (heure française).

Messi entre un peu plus dans l’histoire, l’Argentine boucle un 3/3

Six heures avant le coup d’envoi du match d’ouverture de la phase finale, l’Argentine avait fait son travail. Déjà qualifiée et première du groupe J, l’Albiceleste de Lionel Scaloni avait fait tourner : Messi sur le banc, place aux titulaires Lo Celso, Paredes, Otamendi et Lautaro Martínez. Le premier a ouvert le score d’un coup franc imparable (1-0, 19e) ; le second a transformé un penalty obtenu pour un pied au visage sur Senesi (2-0, 31e). L’AT&T Stadium de Dallas, plein de supporters jordaniens venus acclamer leur « Mousa Al-Tamari » local, a vu la surprise se dessiner à la 55e : sur un contre rapide, Mousa Al-Tamari — ailier du Stade Rennais — a réduit l’écart d’une belle reprise au premier poteau sur un centre en une touche d’Haddad (2-1).

C’est à la 61e que la nuit a basculé dans l’histoire. Lionel Scaloni a fait entrer Messi, accompagné d’Almada et Mac Allister. Vingt minutes plus tard, sur un coup franc à l’entrée de la surface, le capitaine a déposé un coup franc côté gardien, imparable, qui est allé se loger dans le petit filet opposé. 3-1, 80e minute, et un sixième but personnel dans le tournoi. Plus important : un record absolu. Messi est devenu le premier joueur de l’histoire à marquer lors de sept matchs consécutifs de Coupe du monde — une série entamée lors de la finale 2022, poursuivie en 2026. L’Argentin compte deux réalisations de plus que Mbappé, Vinicius, Haaland et Dembélé au classement des buteurs. Le sélectionneur jordanien Sellami n’a pas masqué son admiration d’après-match : « Nous savions que ce serait très difficile. »

L’Argentine termine la phase de poules avec un 9/9 sans appel : trois victoires, neuf points, première place du groupe J, devant l’Autriche et l’Algérie (4 points chacune). La Jordanie quitte la compétition avec 0 point mais le sentiment du devoir accompli, après avoir poussé l’Albiceleste dans ses retranchements. Prochaine étape : les 16es de finale, le samedi 4 juillet à 00h00 (heure française) face au Cap-Vert, tombeur de la Colombie lors de la dernière journée du groupe — un choc de style entre la meilleure attaque du tournoi et l’un des plus surprenants représentants africains.

Brésil-Japon, le premier test grandeur nature pour la Seleção d’Ancelotti

Le choc est à la hauteur de l’enjeu. Ce lundi à 19h00 (heure française), au Houston Stadium, le Brésil et le Japon ouvrent la deuxième journée de la phase à élimination directe. La Seleção, première du groupe C après deux larges victoires (3-0 contre Haïti, 3-0 contre l’Écosse) suivant un nul inaugural face au Maroc (1-1), a retrouvé des couleurs sous Carlo Ancelotti. Vinicius Junior, en particulier, a marqué à chaque match de poules — une performance que seuls Jairzinho (1970), Romario (1994) et Ronaldo/Rivaldo (2002) ont réussie dans l’histoire de la Seleção. Tous ont porté le Brésil au trophée. L’ailier du Real Madrid arrive à 100 %.

Le Japon, de son côté, n’a rien d’un simple outsider poli. Deuxième du groupe F derrière les Pays-Bas, les Samurai Blue de Hajime Moriyasu sont sortis invaincus de la phase de poules : 2-2 face aux Néerlandais, 4-0 contre la Tunisie, 1-1 contre la Suède lors de la dernière journée. Mieux : en octobre 2025, ils ont signé leur première victoire de l’histoire face au Brésil (3-2 en amical, à la 14e tentative). Le sélectionneur Moriyasu, qui n’a pas dévié de son 3-4-2-1 depuis 2024, sait fermer les espaces et jaillir en transition. Zion Suzuki, dans les buts, n’a encaissé que trois buts sur ses 540 dernières minutes de jeu.

Reste une barrière statistique qui joue contre les Samurai Blue : jamais le Japon n’a gagné un match à élimination directe en Coupe du monde masculine. Ils ont chuté en 8es en 2002, 2010, 2018 et 2022. Côté Seleção, Carlo Ancelotti devra composer sans Raphinha, touché aux ischio-jambiers contre Haïti et pas encore repris l’entraînement collectif, ni sans Franca. La composition probable alignerait donc Alisson dans les cages, une défense Danilo-Marquinhos-Gabriel-Santos, un milieu Guimaraes-Casemiro avec Paqueta en meneur, et un trident Rayan-Paqueta-Vinicius-Cunha devant. Côté japonais, Takefusa Kubo (genou) est également incertain, ce qui pourrait pousser Moriyasu à titulariser Junya Ito ou Daizen Maeda. Le coup d’envoi sera donné par l’arbitre italien Maurizio Mariani, à 19h00, sur M6 et beIN Sports 1.

Allemagne-Paraguay, la nuit continue à 22h30

Trois heures après le coup d’envoi de Brésil-Japon, l’Allemagne entre en piste à 22h30 (heure française) face au Paraguay, sur beIN Sports 1. Le choc oppose la Mannschaft, qui a terminé en tête de son groupe malgré une défaite 2-1 contre l’Équateur lors de la dernière journée, à la Albirroja, quart de finaliste surprise en 2010 et tombeuse de l’Uruguay lors des barrages qualificatifs de la zone Amsud. Le tirage a livré une affiche déséquilibrée sur le papier — l’Allemagne reste favorite d’après les bookmakers — mais le Paraguay de cette édition a déjà prouvé sa solidité en phase de poules. Pour la sélection de Julian Nagelsmann, c’est aussi l’occasion de tourner la page après le match catastrophique de la troisième journée et de montrer que la Mannschaft reste une machine de guerre quand arrive la phase à élimination directe.

Rudi Völler, directeur sportif de la Fédération allemande, a résumé l’enjeu avant la rencontre : « Lundi sera complètement différent. C’est un match à élimination directe. Nous jouons notre destin. Soit, nous passons au tour suivant, soit nous rentrons à la maison. Les joueurs le savent. Ce sera un match contre un adversaire qui adoptera probablement une stratégie défensive très physique. » Le sélectionneur Julian Nagelsmann garde la confiance de sa direction : « C’est un entraîneur absolument exceptionnel. Il est très expérimenté, il sait exactement comment faire, et au bon moment, même lorsque la situation devient un peu critique », a défendu Völler, avant le match. Le coup d’envoi sera donné à 22h30 (heure française), sur la chaîne cryptée beIN Sports 1.

Le tableau complet des 16es et ce qu’il reste à venir cette nuit

Les 16 affiches de la phase finale sont désormais connues. Trente-deux qualifiés, seize éliminés, et une journée marathon qui s’étale jusqu’au 4 juillet. À noter, parmi les chiffres qui sortent du lot : neuf pays africains en 16es de finale — un record pour une Coupe du monde, après les qualifications du Cap-Vert, de la RD Congo, de l’Algérie, de l’Égypte, du Sénégal, du Maroc, de la Tunisie (éliminé), de l’Afrique du Sud (éliminé) et de la Côte d’Ivoire. L’Europe compte treize représentants, l’Amérique du Sud cinq, l’Amérique du Nord trois (Mexique, États-Unis, Canada), l’Asie deux (Japon, Jordan éliminé).

Voici le programme des 16es à venir, dans l’ordre chronologique :

  • Dimanche 28 juin 21h00 — Afrique du Sud – Canada : 1-0 (terminé, qualification Canada)
  • Lundi 29 juin 19h00 — Brésil – Japon, à Houston, sur M6 et beIN Sports 1
  • Lundi 29 juin 22h30 — Allemagne – Paraguay, sur beIN Sports 1
  • Mardi 30 juin 03h00 — Pays-Bas – Maroc, à Monterrey, sur beIN Sports 1 (détermine le prochain adversaire du Canada)
  • Mardi 30 juin 19h00 — Côte d’Ivoire – Norvège, sur beIN Sports 1 et M6
  • Mardi 30 juin 23h00 — France – Suède, sur beIN Sports 1 et M6
  • Mercredi 1er juillet 03h00 — Mexique – Équateur, sur beIN Sports 1
  • Mercredi 1er juillet 18h00 — Angleterre – RD Congo, sur beIN Sports 1 et M6
  • Mercredi 1er juillet 22h00 — Belgique – Sénégal, sur beIN Sports 1
  • Jeudi 2 juillet 02h00 — États-Unis – Bosnie-Herzégovine, sur beIN Sports 1
  • Jeudi 2 juillet 21h00 — Espagne – Autriche, sur beIN Sports 1 et M6
  • Vendredi 3 juillet 01h00 — Portugal – Croatie, sur beIN Sports 1
  • Vendredi 3 juillet 05h00 — Suisse – Algérie, sur beIN Sports 1
  • Vendredi 3 juillet 20h00 — Australie – Égypte, sur beIN Sports 1 et M6
  • Samedi 4 juillet 00h00 — Argentine – Cap-Vert, sur beIN Sports 1 et M6
  • Samedi 4 juillet 03h30 — Colombie – Ghana, sur beIN Sports 1

La prochaine fenêtre française de la Coupe du monde, c’est demain soir. Les Bleus de Didier Deschamps, déjà qualifiés en tant que premiers du groupe I, défieront la Suède à 23h00 (heure française) — un choc entre deux écoles du football, et le premier grand rendez-vous tricolore de cette phase à élimination directe. Pour revivre la soirée qui a envoyé la France en 8es, retour sur le récital de Dembélé face à la Norvège et sur la dernière journée du groupe I vue depuis le point de 11h du 26 juin. Pour replonger dans la phase de poules, le récit du point matinal du 27 juin et le point de minuit du 27 permettent de suivre la dernière ligne droite avant la phase finale.

Sources