Dans une affaire liée au crime organisé, six personnes ont été arrêtées en lien avec le meurtre de Vittorio Boiocchi, un ex-chef des ultras de l’Inter Milan. Quatre d’entre elles étaient déjà incarcérées pour d’autres délits, tandis que les deux dernières sont considérées comme les auteurs des tirs fatals.
Un crime organisé lié au monde des ultras de l’Inter Milan
Vittorio Boiocchi, ancien dirigeant de la « Curva Nord », le groupe ultras de l’Inter, a été assassiné par balles en octobre 2022 près de son domicile à la périphérie de Milan. Âgé de 69 ans, il était également un membre reconnu du milieu criminel milanais, avec un casier judiciaire chargé depuis les années 1970.
Condamné dans les années 1990 à plus de vingt ans de prison pour trafic de drogue, Boiocchi était interdit d’assister aux matchs de l’Inter. Son meurtre s’inscrit dans un contexte violent de lutte pour le contrôle des activités lucratives entourant le stade San Siro les jours de match, notamment la gestion du virage nord, bastion historique des ultras nerazzurri.
Les auteurs et organisateurs du meurtre interpellés
Parmi les six hommes arrêtés vendredi, Andrea Simoncini, 41 ans, proche d’une famille influente de la mafia calabraise ‘Ndrangheta, et Daniel D’Alessandro, 30 ans, sont suspectés d’être les auteurs des coups de feu. Simoncini a été appréhendé en Calabre, tandis que D’Alessandro a été arrêté en Bulgarie.
Les quatre autres détenus, déjà emprisonnés depuis septembre dernier, sont considérés comme les organisateurs de l’assassinat. Ces arrestations font suite à une vaste opération contre le crime organisé dans les milieux ultras de l’Inter et de l’AC Milan ayant conduit à 19 arrestations au total.
Une saga sanglante dans l’univers des supporters milanais
Andrea Beretta, l’un des présumés organisateurs et successeur de Boiocchi à la tête des ultras de l’Inter, est incarcéré pour un autre meurtre : celui d’Antonio Bellocco, un autre responsable ultra et figure mafieuse, poignardé en septembre 2024 lors d’une altercation. Le parquet de Milan souligne que l’enquête a fortement progressé grâce à la coopération de Beretta avec la justice.
Aux côtés de Beretta, Marco Ferdico, Gianfranco Ferdico (son père) et Cristian Ferrario sont également accusés d’avoir orchestré l’assassinat de Boiocchi. Les mandats d’arrêt récents révèlent une lutte acharnée pour le contrôle des activités lucratives autour du stade San Siro.
Le contrôle des activités lucratives au stade San Siro
Les 19 arrestations de septembre ont mis au jour un réseau étendu d’activités illégales autour du stade, notamment :
- la revente de billets;
- la gestion illégale des parkings;
- les ventes non autorisées dans les stands concessionnaires;
- et les paiements pour permettre l’entrée de personnes sans billet.
Ce dossier continue d’ébranler l’univers des ultras milanais et révèle l’implication profonde de la mafia dans certaines franges du football italien.









