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Ligue 1 : La Dépendance des Clubs aux Droits TV en Crise
La Ligue 1 se retrouve au cœur d’une situation délicate concernant la dépendance des clubs vis-à-vis des droits TV, exacerbée par le refus de DAZN de respecter ses engagements de paiement envers la Ligue de Football Professionnel (LFP). Cette crise met en lumière les fragilités économiques des clubs français, dont beaucoup fondent une part significative de leurs revenus sur ces droits.
Des budgets fragilisés par la dépendance aux droits TV
Actuellement, la LFP doit puiser 35 millions d’euros dans son fonds de réserve pour aider les clubs à faire face à cette situation, en attendant la décision de justice attendue le 28 février. Selon une source proche du dossier, cela vise à éviter une « situation intenable financièrement » pour les clubs, soulignant l’importance vitale des revenus télévisés pour l’économie du football français.
Christophe Lepetit, économiste du sport, précise que pour le Paris Saint-Germain, les droits TV représentent 30 % de son budget, tandis que pour les clubs moins médiatisés, ce chiffre peut atteindre jusqu’à 70 %. En moyenne, environ la moitié du budget des clubs repose sur cette source de revenus.
Une télé-dépendance historique
La télé-dépendance du football s’est intensifiée au cours des 30 dernières années, les droits TV devenant un pilier central à côté des revenus issus des transferts, de plus en plus incertains. « Quand l’un de ces piliers s’effrite, l’ensemble de l’édifice devient instable », explique Lepetit. Avant l’avènement de ce modèle économique, les clubs dépendaient principalement du sponsoring, des subventions et de la billetterie.
Les conséquences de la crise des droits TV
Avec la montée des chaînes satellitaires qui cherchent à enrichir leur catalogue, la Ligue 1 a connu une inflation des droits TV, faisant exploser les prix. Cependant, la situation a pris un tournant dramatique avec l’effondrement du marché, impossible à ignorer depuis le fiasco de Mediapro et l’impact de la pandémie de Covid-19. « Aujourd’hui, il n’y a plus de concurrence sur les droits TV », note Lepetit.
Explorer de nouvelles sources de revenus
La question de la diversification des revenus se pose pour les clubs. Selon Lepetit, les clubs qui jouent en coupe d’Europe, pouvant tirer des revenus commerciaux supplémentaires, sont les mieux positionnés. « Cependant, l’UEFA est également dépendante des droits TV, avec 85 % de ses revenus provenant de cette source », ajoute-t-il. Cela soulève la question de pourquoi les clubs n’ont pas encore réussi à diversifier davantage leurs revenus.
Les clubs français, bien que performants dans les recettes de billetterie et de sponsoring, doivent néanmoins continuer à développer de nouvelles stratégies, notamment en matière de formation et de parcours en coupes européennes.
Les solutions à envisager
Pour surmonter cette crise, les clubs ont deux options : espérer un retour à des droits TV plus lucratifs ou diversifier leurs sources de revenus. Une idée qui circule fréquemment est l’instauration d’un plafond salarial, qui pourrait être discuté en complément d’autres régulations. « Une telle mesure, bien que pas une solution miracle, pourrait s’avérer bénéfique », conclut Lepetit.
Les clubs doivent donc anticiper les éventuels impacts financiers et se préparer à adapter leur modèle économique, comme le fait actuellement le RC Lens en vendant certains de ses joueurs les plus coûteux.