Matchs du jour
Chargement des matchs...
Lewis Hamilton remporte le Grand Prix de Catalogne 2026 et signe sa 106e victoire en carrière, la première avec Ferrari après 31 GP en rouge. Russell 2e, Norris
Barcelone — Lewis Hamilton a attendu 31 Grands Prix sous les couleurs de Ferrari pour goûter à la victoire en rouge. Dimanche, sur le Circuit de Barcelona-Catalunya, le Britannique a remporté le Grand Prix de Catalogne 2026 et signé sa 106e victoire en carrière, la première depuis son arrivée chez la Scuderia début 2025. Parti deuxième sur la grille derrière la Mercedes de George Russell, le septuple champion du monde a transformé une course d’observation en démonstration stratégique pendant que Mercedes, dominatrice depuis le début de la saison, concédait sa première défaite du championnat.
Il a devancé Russell, et Lando Norris, troisième après l’abandon moteur de Kimi Antonelli dans les trois derniers tours alors qu’il pointait en deuxième position. Près de deux ans après son dernier succès, décroché avec Mercedes au GP de Belgique 2024, Hamilton laisse éclater une émotion qu’il retenait depuis un an et demi de montagnes russes en rouge.
Le week-end avait pourtant commencé sur une note qui n’annonçait pas le coup de théâtre. Après un « big reset » de Mercedes, George Russell arrachait la pole position à son ancien coéquipier. Antonelli, leader du championnat, complétait la première ligne à venir en P3 sur la grille, à 68 points du Britannique de Mercedes au classement pilotes. Hamilton, deuxième, savait qu’il partait pour une course d’attente, pas pour un cavalier seul.
Au feu, Russell négociait parfaitement son envol pour creuser trois secondes d’avance sur Hamilton dans les dix premiers tours, aidé par des pneus mediums mieux adaptés à la chaleur catalane (30°C). La donne stratégique, elle, était déjà différente : Ferrari avait parié sur les softs au départ pour Hamilton, en sachant que la dégradation forcerait un troisième arrêt — un pari rare en course, jamais vu de la saison en tête de grille.
Pendant que Hamilton gérait ses gommes, Charles Leclerc jouait les lièvres. Parti dixième sur la grille, le Monégasque remontait jusqu’à la sixième place sur ses mediums et se mettait à mettre la pression sur Max Verstappen, en difficulté avec ses pneus. Un travail d’équipe qui, sans le dire, préparait le terrain : Verstappen plongeait au stand au tour 12 pour les mediums, Hamilton pour les durs une boucle plus tard, Russell contraint de suivre un tour plus tard « contre son gré ».
La passe d’armes interne Ferrari s’est jouée sans heurts. Leclerc, en sixième position, a laissé passer Hamilton sans discuter au 32e tour, quand le Britannique s’est retrouvé quatrième après son troisième arrêt — un arrêt mediums inattendu au tour 28, signé d’une stratégie déjà compromise mais relancée par la suite.
Le scénario bascule au 40e tour. Fernando Alonso, son « vieil ami » comme le rappelle la presse spécialisée, gare son Aston Martin en bord de piste. Virtual Safety Car. Mercedes, qui s’apprêtait à faire chausser des hards à ses deux pilotes, se retrouve piégée par la fenêtre de pit offerte sous régime neutralisé. Hamilton en profite pour son dernier arrêt, sans perte de temps, et ressort en pneus neufs avec une marge fraîche sur des Mercedes contraintes de gérer le train de gommes dures.
Reste alors à convertir. Antonelli attaque Russell, sans passer. Russell tient, mais perd du temps sur chaque tentative. Le rythme d’Hamilton en pneus mediums neufs est d’un autre calibre : la SF-26 upgrades, sur laquelle le Britannique a eu un input personnel important cet hiver, exprime enfin tout son potentiel. Le podium se dessine. Antonelli, en deuxième position, revient à moins d’une seconde de Russell quand son moteur le lâche à trois tours du drapeau à damier.
Sur le tour de décélération, Hamilton craque. « Grazie a tutti Maranello, thank you so much! You helped me achieve this dream and I can’t thank you enough. » Une radio qui circule déjà dans tous les comptes-rendus du paddock, et qui résume l’année écoulée : un pilote au bord du gouffre fin 2025, une reconstruction hivernale, une nouvelle voiture conçue avec lui, et 31 Grands Prix pour y arriver.
Au parc fermé, le Britannique est revenu sur ce qu’il considère comme l’une de ses plus belles victoires. « They’re all special in their own way but this one is something else. I watched Ferrari have all their success on TV when I was younger and wondered what it would be like to win in this car. I’m forever grateful and this is hopefully the first of many. »
Le GP de Catalogne redistribue aussi les cartes du championnat. Antonelli, intouchable depuis le début de saison, connaît son premier abandon de l’année au pire moment. Son avance au classement passe de 68 à 43 points en une après-midi, et la dynamique Mercedes — deux doublés en trois courses — s’interrompt pour la première fois depuis l’ouverture.
Norris, troisième, limite la casse pour McLaren, qui reste la troisième force du plateau derrière les deux écuries de pointe. Les pronostics de début d’année, qui voyaient Hamilton comme l’X-factor de la saison 2026, prennent une autre tournure au dixième rendez-vous.
L’autre sujet ouvert par ce week-end catalan est interne à Ferrari. Charles Leclerc, « prince héritier » de la Scuderia jusqu’ici, a reconnu samedi être « embarrassed » par son crash en Q3 — son deuxième week-end difficile d’affilée après Monaco. Hamilton, lui, enchaîne deux deuxièmes places et une victoire. La question du numéro 1 à long terme, que la presse spécialisée voyait déjà réglée par le contrat pluriannuel signé par le Monégasque avant Monaco, se rouvre.
Leclerc conserve la vitesse brute, reconnaît-on chez Motorsport.com. Mais pour la première fois depuis longtemps, il se retrouve à devoir prouver qu’il reste la référence au sein d’un garage où l’autre moitié tourne soudain à un niveau qu’il n’avait pas vu venir.