Le Grand Prix de Monaco de cette année a une nouvelle fois mis en évidence les limites du circuit emblématique de la Principauté pour la Formule 1. Malgré l’expérimentation d’une stratégie à deux arrêts, la course n’a pas réussi à apporter le spectacle attendu, soulignant une fois de plus la difficulté de dépasser sur ce tracé étroit et historique.

Une tentative de stratégie à deux arrêts qui n’a pas changé la donne
Pour ce Grand Prix, les organisateurs ont tenté d’introduire une règle nouvelle : l’obligation de réaliser deux arrêts au stand. L’objectif était d’augmenter la dynamique de la course en forçant les pilotes à adopter des stratégies différentes. Si cette modification a permis d’insuffler un peu plus d’incertitude, elle n’a pas suffi à transformer la spectacle en course de dépassements.
En effet, sur 78 tours, seul un dépassement légal a été enregistré, illustrant la difficulté de dépasser dans ce circuit mythique. Max Verstappen, champion en titre, a exprimé sa frustration après la course : « On ne peut pas vraiment dépasser ici. Peu importe le nombre d’arrêts, c’est impossible. Même en fin de course, mes pneus étant complètement usés, je n’ai pas réussi à passer. »
Il a ajouté en plaisantant : « On aurait presque pu jouer à Mario Kart avec des bananes sur la surface glissante ! »
Les avis des pilotes et les enjeux stratégiques
George Russell, qui a passé une grande partie de la course à suivre ses adversaires, a critiqué l’impact de cette règle : « Il faut vraiment réfléchir à une solution pour Monaco. La tentative de cette année n’a rien apporté. »
La fin de course a été marquée par une tension stratégique : Verstappen, qui n’avait effectué qu’un seul de ses deux arrêts jusqu’au dernier tour, a tenté de conserver sa position en espérant qu’un incident de course ou un drapeau rouge lui permettrait de changer ses pneus sans perdre la tête de la course. Cependant, cette stratégie n’a pas abouti.
Christian Horner, le directeur de Red Bull, a souligné que cette approche a rendu la course plus intéressante : « Il y avait plus de risques et de suspense, mais le problème principal reste l’impossibilité de dépasser. »
Une course sous haute tension pour Norris, Leclerc et Verstappen
Lando Norris, en tête avec sa McLaren, a vécu une course stressante, optant pour une stratégie classique avec des arrêts aux tours 19 et 50. Malgré une performance solide, il a été constamment sous la menace de Verstappen et de Charles Leclerc, qui ont tenté des stratégies différentes pour le dépasser.
« C’était beaucoup plus effrayant pour moi, » a déclaré Norris après la course. « J’aurais préféré une course en un seul arrêt, plus tranquille. Mais ce n’est pas fait pour moi. Les règles sont là pour divertir les spectateurs, pas pour nous faciliter la vie. »
Leclerc, quant à lui, a vu ses chances s’amincir à cause de stratégies de pneus et de ralentissements tactiques, notamment de la part de Williams, qui a utilisé des tactiques similaires pour limiter la progression des Mercedes et des autres concurrents.
Les tactiques de ralentissement et leurs implications
Plusieurs équipes ont utilisé des tactiques de ralentissement délibéré pour manipuler la course. Liam Lawson, par exemple, a laissé tourner son moteur à un rythme plus lent pour freiner ses poursuivants, ce qui a permis à Isack Hadjar de prendre l’avantage malgré une stratégie différente.
Ce type de comportement a suscité des critiques, notamment de la part de Carlos Sainz, qui a souligné que cela manipule le résultat et va à l’encontre de l’esprit de la compétition. Il a même évoqué la possibilité de réglementer cette pratique en imposant un temps minimum par tour pour éviter ces stratégies de ralentissement excessives.
Wolff, directeur de Mercedes, a suggéré qu’un temps de tour minimum pourrait être instauré pour limiter ces tactiques et favoriser une course plus fluide et plus compétitive.
Le problème fondamental : un circuit difficile à dépasser
Malgré toutes ces tentatives, le cœur du problème demeure : Monaco est un circuit qui ne favorise pas le dépassement. La configuration du tracé, combinée à la taille des voitures modernes, limite considérablement les opportunités de dépassement.
Christian Horner a évoqué la nécessité d’adapter le circuit pour encourager davantage l’action : « Il faudrait peut-être agrandir certains points de freinage ou créer des zones de dépassement supplémentaires. »
Pour lui, Monaco, tout en restant un circuit emblématique, doit évoluer pour rester pertinent dans le contexte actuel de la Formule 1.
Une alternative radicale : la course en qualification
Face à l’incapacité à dépasser, le pilote de Williams, George Russell, a proposé une idée radicale : faire de la qualification le véritable enjeu, en supprimant la course elle-même. Selon lui, une journée de qualification avec des points attribués pourrait remplacer la course, offrant ainsi un spectacle plus captivant et plus équitable.
« La qualification est ce que les fans aiment vraiment, » a-t-il déclaré. « Si on pouvait faire un système où le pole position rapporte des points, cela apporterait plus d’intérêt. »
Cette proposition, bien que peu probable à court terme, reflète l’urgence de repenser le format pour Monaco, afin de maintenir l’attractivité de cette étape historique du championnat.









