Une génération espagnole en pleine ascension à l’Euro féminin 2025
Malgré une défaite difficile en finale contre l’Angleterre, la sélection féminine espagnole a su marquer les esprits lors de l’Euro 2025, confirmant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération prometteuse. Après avoir conquis le Mondial à Sidney en 2023 et remporté la Ligue des Nations, les Espagnoles ont montré qu’elles font désormais partie des grandes du football européen, même si la victoire n’a pas été au rendez-vous cette fois-ci.
La rencontre finale, qui s’est terminée aux tirs au but, a été une véritable agonie pour l’équipe de Monte Tomé. La gardienne Cata Coll, qui a réalisé des arrêts spectaculaires tout au long de la compétition, n’a malheureusement pas pu empêcher la défaite. Dans un bar d’Estrémadure, l’enthousiasme était palpable, la patronne encourageant les joueuses avec passion : « Vamos, chicas, vamos ! » Les supporters, comme Roberto, suivent avec ferveur cette équipe nationale qu’ils considèrent comme une véritable révolution du football féminin en Espagne. « Cela aurait été la consécration d’une dynamique incroyable. Il y a peu de temps, nous étions à la traîne, et aujourd’hui, nous sommes parmi les meilleures », confie-t-il avec fierté.
Une équipe qui s’est hissée parmi l’élite
Jusqu’à récemment, l’équipe espagnole évoluait dans l’ombre, incapable d’accéder aux phases finales d’un tournoi international majeur. La progression a été spectaculaire, notamment grâce à leur qualification pour la demi-finale face à l’Allemagne, huit fois championne d’Europe. C’est sur un but d’Aitana Bonmati, l’une des révélations de cette compétition, que l’Espagne a obtenu son ticket pour le dernier carré, suscitant l’admiration de tous.
Malgré la défaite en finale, les joueuses ont dominé la majorité du match. La rencontre a basculé à la 56e minute lorsque les Anglaises ont égalisé, imposant un rythme intense jusqu’au coup de sifflet final. Les Espagnoles ont montré une cohésion exemplaire, s’appuyant sur un style de jeu inspiré du FC Barcelone, où la possession du ballon, les passes précises et les incursions incisives sont au cœur de leur stratégie. « C’est une génération extraordinaire », affirme José Alberto, présent dans un bar pour encourager les « Rouges ». « Elles font aussi peur que l’équipe masculine, c’est un vrai honneur de les voir évoluer. »
Une révolution culturelle et sportive en marche
Ce groupe incarne bien plus qu’une simple équipe nationale : il symbolise une véritable révolution. Sur le plan culturel, il a tourné la page de l’ère Rubiales, le président de la fédération espagnole de football, contraint de démissionner après son geste inapproprié lors de la finale de Sidney. Depuis, les joueuses ont exigé des changements profonds, notamment la féminisation du corps technique et des institutions sportives. Montse Tomé, ancienne adjointe de Rubiales, a été nommée à la tête de l’équipe nationale, marquant une étape importante dans cette dynamique de changement.
Les vocations dans le football féminin en Espagne ne cessent de croître. En 2024, plus de 109 000 jeunes filles étaient inscrites dans les fédérations, contre 40 000 il y a dix ans. La popularité de l’équipe nationale ne cesse d’augmenter, avec une audience record lors de la demi-finale contre l’Allemagne, attirant plus de 4,3 millions de téléspectateurs, soit 40 % de part d’audience.
Malgré la défaite en finale, les Espagnoles ont affirmé leur statut de favorites pour les compétitions à venir. Leur parcours, marqué par leur talent et leur détermination, annonce une nouvelle ère pour le football féminin en Espagne, qui continue de rayonner à l’échelle européenne et mondiale.









