Les skippers de la Class40 se rapprochent de l’arrivée et la bataille Nord Sud demeure incertaine. Plus les jours passent, plus l’objectif approche et plus les choix tactiques pèsent sur le résultat. Un dilemme majeur, apparu en début de semaine, oppose une route Nord plus agitée et peut‑être plus audacieuse à une route Sud plus conservatrice mais plus longue.
Depuis lors, la traversée de l’Atlantique a affiné les positions. À titre indicatif, l’écart latéral se situe autour de 556 kilomètres entre les partisans du Nord et du Sud, mais de nombreuses subtilités persistent. Pour l’instant, ce sont toujours les Nordistes Corentin Douguet et Axel Tréhin (SNSM Faites un don !) qui mènent la danse. Le duo, qui faisait partie des favoris, a même réussi à creuser l’écart face à ceux qui privilégiaient la même option.
Hier, selon Amélie Juvien, à la direction de course, Legallais, Alternative Sailing – Les Construction du Belon, Solano et Influence 2 ont été décrochés; ils ont été empêtrés dans un grain ou une zone sans vent. On voit qu’ils tentent de descendre vers le Sud pour revenir. Depuis deux jours, on se voit mangé par l’anticyclone et l’on manque d’échappatoires, confiait hier Fabien Delahaye (Legallais).
De l’autre côté de l’échiquier, sur la route Sud, Seafrigo-Sogestran et Les Invincibles disposent d’une avance de plus de 314 kilomètres sur le peloton. « On barre toute la journée pour ne rien laisser passer », assure William Mathelin-Moreaux (Les Invincibles). « Il faut rester lucide et en forme jusqu’à la fin. » Pour les poursuivants, Bleu Blanc Planète Location et Amarris, une option encore plus au sud s’est dessinée. « On voit qu’il y a une autre option qui s’est dessinée; suivre la même trace que les deux devant ne servirait à rien. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ont de la vitesse pour l’instant et savent garder le rythme dans les alizés », analyse Amélie.
Aujourd’hui, Achille Nebout (Amarris) rappelle que « l’alizé est un peu plus faible ; il faut exploiter au mieux les bascules de vent qui peuvent faire gagner de la distance ». Celui qui souffrait d’une migraine assure « aller mieux » et évoque les enjeux à venir: « on a le vent pile dans l’axe donc on continue à tirer des bords. Il faut choisir entre chercher une rotation de vent plus à l’ouest ou plus de pression et de vent au sud. On essaye de trouver le bon compromis entre les deux ! »
Le sprint final se joue dans des alizés capricieux. « Une dépression qui passe au Nord va faire tomber les alizés », précise Amélie. « La conséquence, c’est qu’il peut y avoir des zones sans vent, des trous d’air sur le parcours. » Les équipages les plus chanceux éviteront ces pièges, d’autres pourront être fortement retardés. Pour les Sudistes, les alizés restent plus constants mais ils enchaîneront une série d’empannages jusqu’à la Martinique.
Le suspense est total. Outre la tension des nerfs, la logistique porte aussi sur la nourriture, l’eau et l’énergie à gérer jusqu’au bout. « Il ne faut pas oublier qu’il peut rester pour certains encore une semaine à dix jours de route », rappelle Amélie. « Forcément, cela commence à être long mais on en a l’habitude », sourit Achille Nebout. « Nous, on ne manque de rien à bord ! » D’après les routages et les estimations, les premiers pourraient arriver dans la soirée du lundi 17 (heure locale, dans la nuit de lundi à mardi en métropole) et dans la journée suivante (mardi 18). Mais d’ici là, tout reste à faire !









