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Selon Sky Sports et ESPN, Harry Maguire ne fera pas partie de la sélection anglaise pour le Mondial 2026, tandis qu’Ivan Toney signe un retour surprise.
La première vraie secousse de la Coupe du monde 2026 côté Angleterre ne vient pas d’un adversaire, mais de la liste de Thomas Tuchel. Selon les informations concordantes de Sky Sports et ESPN, Harry Maguire ne fera pas partie du groupe anglais pour le tournoi, tandis qu’Ivan Toney est rappelé. Phil Foden et Cole Palmer figurent eux aussi parmi les grands absents annoncés, ce qui donne immédiatement une autre couleur au projet du sélectionneur allemand.
Pour le public français, cette liste raconte surtout la méthode Tuchel: moins de statut hérité, plus de hiérarchie de moment. Maguire reste l’un des visages des grandes campagnes anglaises récentes, mais le sélectionneur avait déjà laissé entendre après le match contre l’Uruguay qu’il voyait Ezri Konsa, Marc Guehi, Trevoh Chalobah et, quand son état physique le permet, John Stones devant lui dans l’ordre des préférences. La décision est donc lourde, mais elle n’arrive pas sans signaux préalables.
Le cas Maguire est le plus politique parce qu’il touche à un cadre historique de la sélection. Sky Sports rappelle que le défenseur de Manchester United compte 66 sélections et venait de regagner du terrain en club, avec 14 titularisations sur les 16 derniers matches de Premier League sous Michael Carrick. Il avait même laissé une impression solide lors du dernier rassemblement anglais. Pourtant, cela n’a pas suffi.
La réaction du joueur, publiée sur les réseaux sociaux et reprise par Sky Sports, résume la violence du verdict. Maguire se dit « choqué » et « écœuré », convaincu de pouvoir jouer un rôle majeur cet été. Cette sortie n’a rien d’anodin: elle montre qu’il ne s’attendait pas à une exclusion aussi nette malgré son retour en forme. Pour Tuchel, le message est clair. L’Angleterre ne partira pas aux États-Unis, au Canada et au Mexique avec une logique de fidélité, mais avec une sélection fondée sur des profils jugés plus adaptés à ce qu’il veut défendre et construire à la relance.
Dans le fond, ce choix peut aussi se lire comme une volonté de rajeunir certaines rotations sans renoncer à l’expérience. Konsa et Guehi offrent davantage de mobilité, Stones conserve une crédibilité technique unique s’il est apte, et la concurrence au poste est devenue plus riche qu’au moment où Maguire était intouchable. L’Angleterre n’écarte donc pas seulement un nom: elle acte la fin d’une centralité.
L’autre information majeure concerne Ivan Toney. Sky Sports affirme que l’attaquant d’Al-Ahli, pourtant utilisé seulement deux minutes par Tuchel jusqu’ici, revient dans le groupe final. À première vue, la surprise est totale. Mais ses chiffres en Arabie saoudite rendent la décision beaucoup moins folklorique qu’elle n’en a l’air: 32 buts en 32 matches de Saudi Pro League selon Sky, et une saison globalement très productive qui lui redonne un poids international.
Ce retour ouvre une option différente derrière Harry Kane. Toney n’apporte pas seulement une finition de surface. Il offre du jeu dos au but, de la présence aérienne, du sang-froid sur penalty et une vraie capacité à gérer des séquences plus physiques ou plus directes. Dans un tournoi d’été disputé sous chaleur élevée, cet aspect compte. Le joueur lui-même expliquait récemment qu’il s’était habitué à jouer dans des températures supérieures à 30 degrés, un détail qui peut compter dans la gestion d’un Mondial nord-américain très exigeant.
ESPN ajoute une dimension encore plus spectaculaire au dossier en annonçant aussi les absences de Phil Foden et Cole Palmer. Là encore, l’impact symbolique est immense. Foden et Palmer incarnent deux variantes majeures de la création anglaise, deux joueurs capables de faire exploser un match dans les trente derniers mètres. Les sortir du groupe, ce n’est pas gérer un simple ajustement, c’est redessiner la carte technique de l’équipe.
On comprend alors mieux la logique générale: Tuchel ne cherche pas la liste la plus brillante sur le papier, mais la plus cohérente dans les rôles. Cela peut renforcer des profils de couloir, des milieux plus disciplinés, voire des attaquants au registre plus complémentaire autour de Kane et Saka. L’Angleterre garde une profondeur énorme, mais elle choisit un équilibre bien plus tranché qu’attendu.
À quelques semaines de l’ouverture du tournoi, cette sélection crée donc une double tension. D’un côté, elle confirme que Tuchel assume des choix impopulaires pour imposer sa patte. De l’autre, elle accroît immédiatement la pression sur ses résultats: quand on laisse dehors Maguire, Foden et Palmer tout en rappelant Toney, il faut que l’idée produise très vite du rendement. C’est désormais là que commencera le vrai procès sportif de l’Angleterre version Tuchel.
L’enjeu dépasse en réalité la simple communication d’avant-tournoi. En écartant plusieurs noms majeurs d’un seul mouvement, Tuchel prend possession politique du vestiaire. Il dit à son groupe que la réputation, le prix du transfert ou la popularité médiatique ne garantissent rien. Dans un football anglais souvent prisonnier des débats de casting, ce signal peut renforcer l’autorité du sélectionneur. Mais il oblige aussi les titulaires choisis à répondre immédiatement sur le terrain, car les remplaçants potentiels laissés à la maison pèseront sur toutes les analyses au premier contretemps.
Cette lecture vaut particulièrement pour le secteur offensif. Sans Foden ni Palmer, l’Angleterre perdrait deux créateurs capables d’improviser dans les petits espaces. Tuchel semble préférer une structure plus lisible, avec des connexions plus directes entre les milieux, les ailes et la surface. Cela peut rendre l’équipe plus compacte et plus robuste sur la durée d’un tournoi, mais aussi moins imprévisible dans les matches fermés. Le pari n’est donc pas seulement humain; il est profondément stylistique.
Côté français, cette histoire a enfin une valeur d’observation précieuse avant le Mondial: l’Angleterre arrive peut-être avec moins de glamour individuel qu’attendu, mais avec une idée plus nette de ce qu’elle veut être. Si Tuchel parvient à convertir ces choix forts en cohérence collective, l’équipe deviendra très dangereuse. Si le cadre craque sous la pression, chaque absence annoncée aujourd’hui reviendra comme une accusation. C’est pour cela que cette liste compte déjà comme un événement sportif majeur.