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Angleterre-Croatie à 22h : Kane (8 buts en Coupe du monde) peut égaler le record anglais de Lineker (10). Compos probables, Tuchel assume la Kane-dépendance, Mo
À sept heures du coup d’envoi d’Angleterre-Croatie à l’AT&T Stadium d’Arlington (22h, heure de Paris, M6 et beIN Sports 1), les contours des deux équipes se dessinent. Harry Kane sera en pointe côté anglais, avec Bellingham et Rice dans l’entrejeu. Côté croate, l’éternel Luka Modrić (40 ans, Ballon d’or) tiendra le milieu, comme attendu.
Thomas Tuchel devrait aligner une Angleterre en 4-2-3-1, avec Jordan Pickford dans les cages. Devant lui, la défense alignerait James (ou Spence) à droite, Konsa et Guéhi dans l’axe, et O’Reilly à gauche. Le milieu à deux serait composé de Declan Rice et Elliot Anderson. Devant, Bellingham occuperait le poste de meneur, avec Saka (ou Madueke) et Gordon (ou Rashford) sur les ailes. Kane, bien sûr, en pointe.
Une attaque qui résume à elle seule la question que toute l’Angleterre se pose : que se passe-t-il quand le buteur des Three Lions est là, et que se passe-t-il quand il ne l’est pas ?
Avant ce match, Harry Kane totalise 8 buts en phase finale de Coupe du monde. Le record anglais est toujours détenu par Gary Lineker avec 10 buts inscrits sur l’ensemble de sa carrière mondiale (1986, 1990). Deux buts séparent donc Kane de l’égalisation, trois du dépassement.
Interrogé par L’Équipe le 2 juin, le buteur du Bayern Munich avait affiché la couleur sans se cacher derrière la modestie de façade : « Je pourrais peut-être battre celui du nombre de buts inscrits par un Anglais en Coupe du monde. Si je bats ce record, ça signifiera sans doute que l’équipe aura bien fait son tournoi. » Kane vise donc le record, mais il sait aussi que le record ne tombe que si l’Angleterre avance loin. Les deux sont liés.
Pour sa part, le record mondial codétenu par Miroslav Klose — désormais dépassé par Lionel Messi, qui en est à 16 — est hors de portée ce soir : « Mais j’en suis encore trop loin pour le moment », avait tranché Kane.
La presse britannique a passé les dernières semaines à s’inquiéter ouvertement du poids de Kane dans le jeu anglais, au point de forger le terme de « Kane-dépendance ». Thomas Tuchel a répondu en conférence de presse, sans détour : « Nous pouvons gagner des matchs sans Harry, nous gagnerons sans Harry, nous avons déjà gagné sans Harry. Mais c’est plus facile de gagner des matchs avec Harry. »
En cas de défaillance du capitaine, le repli identifié est Ollie Watkins, l’attaquant d’Aston Villa en pleine confiance après une saison aboutie. Watkins n’est pas une solution de fortune, c’est une vraie deuxième option offensive pour une Angleterre qui vise un deuxième titre mondial, trente ans après le seul sacre de 1966.
De l’autre côté, Zlatko Dalic alignerait une Croatie en 3-4-2-1. Livakovic dans les cages. La défense à trois serait composée de Caleta-Car, Sutalo et Gvardiol. Au milieu, le quatuor Stanisic, Modrić, Kovacic et Perisic donnerait à l’Angleterre un duel central dense : Bellingham côté anglais, Modrić (Ballon d’or 2018) côté croate, et Mateo Kovacic à ses côtés pour densifier l’entrejeu. Devant, Pasalic, Kramaric et Budimir formeraient le trident.
La seule interrogation ne porte pas sur la titularisation de Modrić, attendue depuis le début de la préparation, mais sur la durée de son rendement. À 40 ans, le Croate n’a plus les mêmes jambes qu’en 2018 — mais c’est aussi en 2018 qu’il avait étiré le temps contre l’Angleterre en demi-finale, dans un match que les Three Lions n’ont pas oublié.
L’Angleterre arrive à ce Mondial vice-championne d’Europe 2024 et encore marquée par l’élimination en quart de finale du Mondial 2022 contre la France (2-1). La Croatie, elle, reste sur deux performances XXL en phase finale : finaliste du Mondial 2018 (battant l’Angleterre en demie), troisièmes du Mondial 2022. Dans un groupe L où figurent aussi le Ghana et le Panama, un faux pas inaugural relancerait le scénario du match à élimination directe dès la deuxième journée.
Pour Tuchel, l’enjeu dépasse le seul match : c’est toute la préparation méthodique — tests en tentes à l’été 2025 pour reproduire la chaleur américaine, double confrontation amicale gagnée sans briller (1-0 contre la Nouvelle-Zélande, 3-0 contre le Costa Rica) — qui doit se valider sur le terrain ce soir. Pour Dalic, c’est la confirmation qu’une génération dorée (Modrić, Kovacic, Perisic) peut encore tenir tête aux favoris.