
Albion Rovers : Entre Espoir et Crise Financière
Albion Rovers fait face à une crise financière et cherche des solutions pour survivre.
Le chemin vers le Reigart Stadium, anciennement connu sous le nom de Cliftonhill, se fait sous un soleil réconfortant, avec seulement une légère pluie. Ce climat pourrait rappeler que l’on se trouve bien à Coatbridge. Cependant, la semaine a été glaciale pour les supporters d’Albion Rovers, avec des déclarations franches du conseil d’administration sur la réalité financière du club, résonnant sur les forums de fans, marqués par les commentaires des directeurs démissionnaires et le mécontentement vis-à-vis des principaux actionnaires.
Une situation financière préoccupante
Albion Rovers a besoin d’argent pour explorer une nouvelle direction, une histoire familière dans le paysage du football écossais moderne. Cette réalité s’est illustrée un samedi ensoleillé à Coatbridge, lorsque l’arbitre a jugé le terrain impraticable, laissant perplexes ceux qui attendaient le coup d’envoi prévu contre Linlithgow Rose.
Pour les supporters présents, l’anxiété dépasse la simple déception d’un match reporté. « C’est inquiétant », admet Jamie Skelton, 21 ans, qui partage une bière avec son frère Andrew, 27 ans, dans un bar à proximité du stade. Tous deux détenteurs de billets de saison, ils s’accordent à dire que l’un des problèmes que rencontre le club est difficile à résoudre. « C’est la ville », dit Jamie. « La zone d’attraction fait qu’il est facile d’aller supporter à la fois Celtic et Rangers, Airdrie, un club de Championship, est à cinq minutes et Hamilton n’est pas loin. En gros, Albion Rovers compte environ 150 fans fidèles chaque semaine. »
Un avenir incertain
Les Rovers, actuellement exilés dans la Lowland League, sont confrontés à une réalité amère. « Lorsque nous avons été battus en barrages par les Spartans, je ne me suis jamais senti aussi bas », raconte Jamie au sujet de ce match deux ans auparavant qui a marqué la fin de l’aventure d’Albion Rovers en SPFL. Son frère Andrew ajoute : « Nous avons tous les deux dit : ‘C’est fini. Nous ne retournerons jamais dans les grandes ligues’. Je ressens cela de plus en plus aujourd’hui. »
La perspective d’un match entre Albion Rovers et Linlithgow Rose s’est ainsi dissipée lorsque le coup d’envoi a été annulé. Les supporters déçus ont été informés que cette rencontre de la Lowland League était reportée. Pendant ce temps, d’autres prenaient plaisir à jouer au ballon sur le terrain du Reigart Stadium. Andrew fait part de ses craintes : « Vous avez besoin de beaucoup d’argent pour sortir de la Lowland League. » Il estime que la ligue sera très différente dans dix ans.
« Il y a des équipes comme Clydebank, Musselburgh, Auchinleck Talbot et d’autres qui sont bien gérées et qui ont de bonnes bases de fans. Ces clubs poussent pour monter dans la pyramide », souligne-t-il, conscient que l’objectif principal des Rovers doit être la survie.
La recherche de solutions
Le budget a été considérablement réduit, ce qui signifie que la saison prochaine pourrait se concentrer uniquement sur le maintien dans la division. « C’est ça le souci », dit Jamie. « Il y a des joueurs ici qui pourraient jouer à un niveau supérieur, mais comment allons-nous les garder ? »
La salle Jock Stein illustre un passé considérable pour Albion Rovers, mais Hugh Morrison, un directeur du club, est plus préoccupé par le présent et l’avenir. « Nous sommes à un carrefour », déclare-t-il. L’instabilité actuelle du conseil, marquée par le départ d’un directeur et une démission, complique la situation, surtout lorsque les décisions sont influencées par la taille des parts.
« Chaque actionnaire a droit à son opinion. Nous ne sommes pas vindicatifs », insiste Morrison, même si le plus grand actionnaire, Anton Fagan, soulève des inquiétudes sur les forums. Fagan, fils du légendaire Tom, est souvent critiqué mais a refusé de commenter.
Engagement et avenir communautaire
Face aux enjeux, le conseil d’administration a proposé d’acheter des actions à des actionnaires non spécifiés. Il a également lancé le programme Rovers Return pour encourager les supporters à soutenir financièrement le club. Une demande a été soumise à l’initiative Pitching-In, dirigée par la SFA et le Scottish Football Partnership, visant à transformer le stade en un centre communautaire.
Morrison reste optimiste malgré les défis. « Nous souhaitons protéger le club. Il y a une histoire ici. Nous ne voulons pas voir cela disparaître », déclare-t-il. Certains supporters, déjà présents dans le stade lors de l’annonce du report, regardaient un terrain ensoleillé sans match à célébrer. Les raisons du report sont restées floues, bien que le consensus général évoque un « terrain inondé ». Morrison a dû expliquer la situation aux bénévoles et à ceux en hospitality.
Espoir et passion des supporters
Alors que les joueurs retournent aux vestiaires, certains supporteurs, comme Robert Crangle, parcourent des centaines de kilomètres pour voir les Rovers. « Je fais ce voyage régulièrement, » confie Crangle, qui possède un logement à Glasgow. « Je crains simplement que rien ne change. La structure instable des actions rend le club vulnérable. »
Le soutien des fans, comme celui exprimé par Crangle, montre que malgré les incertitudes financières, l’engagement envers Albion Rovers reste fort. Les supporters espèrent un avenir meilleur et rêvent d’un club possédé par les fans à l’image de Motherwell et Stirling Albion.