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Le week-end des six 8es est lancé : à 22h, Brésil-Norvège avec un forfait Paqueta et un sélectionneur qui jouait la Norvège 1998 ; à 02h du matin, l'Angleterre dans l'Aztéca face au Mexique, 80 000 supporters, 2 200 m d'altitude et 80 % de chances d'orage.
Il est 11 heures à Paris, et la Coupe du monde 2026 bascule dans son week-end des affiches. France et Maroc ont ouvert les quarts dans la nuit, Kylian Mbappé a rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs (7-7) et dépassé Miroslav Klose au panthéon (19 buts, deuxième de l’histoire), mais le terrain de jeu de dimanche se joue ailleurs : à 22h, le Brésil de Carlo Ancelotti affronte la Norvège d’Erling Haaland à East Rutherford ; à 02h du matin lundi, l’Angleterre de Thomas Tuchel entre dans l’Aztéca de Mexico, 2 200 mètres d’altitude, 80 000 supporters, et un risque d’orage à 80 % selon Sky Sports. Six huitièmes en 36 heures, du Mexique à Vancouver en passant par Dallas et Atlanta — voici le tableau avant la nuit.
Derrière le programme, ce sont les obstacles non-football qui pèsent ce dimanche. L’Angleterre, qui n’a plus fréquenté l’Aztéca depuis la « main de Dieu » de Maradona en 1986, doit s’adapter en quatre jours à l’altitude qu’elle ne peut pas simuler en Europe. Le Brésil, lui, fait sans Lucas Paqueta (forfait) mais récupère Raphinha et Neymar, et doit battre une Norvège qui ne lui a jamais cédé en quatre confrontations. L’Espagne a affiché son plan anti-CR7 en conférence de presse — Unai Simon prévient : « Le Cristiano que nous voyons à la Coupe du monde n’est plus le même qu’il y a six ou sept ans. » Et l’Argentine, qualifiée au forceps contre le Cap-Vert, a dû s’entraîner en intérieur à Miami pendant que les orages s’abattent sur la côte Est.
Pour le bilan de la fenêtre overnight — la victoire arrachée des Bleus face au Paraguay (1-0) et la démonstration du Maroc face au Canada (3-0) — la matinale du 4 juillet a déjà tout raconté. Pour les 16es de finale de vendredi 1er juillet — Angleterre-RD Congo, Belgique-Sénégal, USA-Bosnie — c’est le point de soirée dédié. Et pour le précédent 11h, qui couvrait France-Suède et la dynamique Mbappé en phase de groupes, voir le point de 11h du 1er juillet.
Le choc de la nuit, c’est celui-là. Mexique-Angleterre se joue dans la nuit de dimanche à lundi, coup d’envoi à 2h heure française (18h heure locale, Mexico), et la Seleccion arrive avec un boulevard statistique : invaincue en quatre matchs dans la compétition, huit buts marqués, aucun encaissé, et seulement deux défaites en 89 rencontres à l’Aztéca. Plus d’un million de personnes ont fêté la qualification en huitièmes dans les rues de la capitale. Le stade — celui des finales 1970 et 1986, de la « mano de Dios » contre l’Angleterre — sera comble.
Thomas Tuchel, le sélectionneur allemand des Three Lions, l’a résumé samedi à la presse : « C’est peut-être l’une des plus belles affiches qui peut nous être proposée, défier le Mexique dans l’Aztéca. Beaucoup d’obstacles nous attendent, sans même parler de l’altitude qui sera évidemment un gros désavantage parce qu’il est impossible de s’y adapter en quatre jours. » Le technicien prévient que son équipe jouera sans Rep. Le gouvernement britannique a autorisé l’ouverture des pubs jusqu’à 5 heures du matin pour permettre aux supporteurs de suivre le match à 1h heure de Big Ben. Le Premier ministre Keir Starmer l’a dit simplement : « Le football est peut-être sur le point de rentrer à la maison, mais nous faisons en sorte que les supporteurs, eux, n’aient pas à le faire. Tout le pays sera derrière l’équipe. » La porte-parole du 10 Downing Street a par ailleurs douché l’idée de Tuchel de faire un « mot d’excuse » aux enseignants pour les enfants qui manqueraient l’école lundi.
Le présentateur météo de la BBC Ben Rich complète la photographie : « Si ces orages se développent, ils pourraient être violents. Dimanche, ces orages devraient s’accompagner de fréquents éclairs, et il existe également un risque de grêle. » Sky Sports évalue à 80 % le risque d’orage autour du coup d’envoi. De quoi transformer l’Aztéca en chaudron humide — et compliquer encore un peu plus la mission anglaise. Harry Kane, lui, n’a cure du décor : « Je ne me suis jamais senti aussi bien sur le terrain. Peu importent les situations, le type d’occasions que je me procure, je sens que je peux marquer. » Le capitaine du Bayern Munich (72 buts cette saison, 5 dans le Mondial) reste l’arme absolue.
Premier match du week-end, 22h, East Rutherford (MetLife Stadium), M6 et BeIN SPORTS 1. Le Brésil arrive après un 16e convaincant contre le Japon, mais avec un milieu orphelin de Lucas Paqueta (forfait), et un choix à faire entre Danilo Santos, Endrick (19 ans) ou Gabriel Martinelli pour le remplacer. Carlo Ancelotti récupère en revanche Raphinha, de retour à l’entraînement collectif vendredi pour la première fois depuis sa blessure à une cuisse, et Neymar — meilleur buteur de l’histoire de la Seleçao (79 buts), remis de sa blessure de mai — ronge son frein sur le banc après une rentrée contre l’Écosse.
En face, la Norvège d’Erling Haaland — déjà 5 buts dans le Mondial et des célébrations « façon rameurs » qui ont fait le tour de la planète — joue le match de sa vie. Le sélectionneur Staale Solbaken, qui faisait partie de l’équipe norvégienne victorieuse 2-1 contre le Brésil à Marseille en 1998, l’a redit vendredi à la presse : « On va essayer de gagner comme en 1998, c’est possible mais ce sera difficile. Le Brésil est meilleur et favori, mais pas à 90 %, le match sera plus équilibré. » Avec le sourire, il a ajouté que son équipe jouerait « en 7-3-0 ». Statistique à méditer : le Brésil n’a jamais battu la Norvège en quatre confrontations (2 défaites, 2 nuls), et n’a pas vaincu une équipe européenne en match à élimination directe de Coupe du monde depuis la finale 2002 contre l’Allemagne.
La Norvège doit en revanche faire sans Alexander Sorloth : le buteur de l’Atlético, exilé sur un côté en raison de la présence d’Haaland dans l’axe, pourrait quitter le onze au profit d’Oscar Bobb, un attaquant plus mobile et rapide, formé sous Guardiola à Manchester City. L’autre incertitude, c’est Vinicius Jr : 4 buts dans le Mondial, sauveur du Brésil contre le Maroc en poules (1-1), il demeure l’arme offensive principale d’une Seleçao qui cherche toujours sa sixième étoile depuis 2002.
Le fil rouge de la journée, c’est eux. Kylian Mbappé a rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs du Mondial 2026 samedi soir à Philadelphie, en transformant à la 70e minute le penalty provoqué par Désiré Doué face au Paraguay (1-0). Septième but en cinq matchs dans la compétition, dix-neuvième de sa carrière en Coupe du monde. Derrière, la hiérarchie est désormais nette : Messi 20, Mbappé 19, Klose 16, Ronaldo (Brésil) 15, Müller 14, Just Fontaine 13, Pelé 12.
Mbappé a aussi rejoint un autre cercle. Selon 20 Minutes, depuis le Mondial 2018, il a marqué plus de buts en phase à élimination directe de Coupe du monde (11) que le Brésil (10), l’Angleterre (10), le Portugal (9) ou l’Espagne (4). Il est aussi devenu le seul joueur de l’histoire à marquer au stade des huitièmes lors de trois éditions distinctes — après l’Argentine (4-3) en 2018 et la Pologne (3-1) en 2022, l’Albirroja samedi. Un mano a mano au sommet, dont le prochain épisode se jouera jeudi 9 juillet à 22h, dans un quart France-Maroc à Boston qui est aussi une revanche de la demi-finale du Qatar (2-0).
En attendant, les deux hommes peuvent encore creuser l’écart dès cette semaine. Messi et l’Argentine défient l’Égypte mardi à 18h à Atlanta, avec un Messi qui a marqué son 7e but contre le Cap-Vert (3-2 a.p.) et reste le recordman absolu en Coupe du monde. Mbappé, lui, attend le Maroc. La course au Soulier d’Or du Mondial se jouera peut-être entre eux deux — et le classement du panthéon pourrait basculer si l’un des deux inscrit un but de plus que l’autre.
Le coup d’envoi de Brésil-Norvège à 22h n’est que le premier acte d’un week-end qui aligne six huitièmes en 36 heures. Voici la carte complète, à l’heure de Paris :
Le choc Portugal-Espagnol (lundi 21h, Dallas) sera le premier véritable sommet du week-end. L’Espagne arrive en favori après avoir dominé son tour précédent, mais Unai Simon a tenu à tempérer en conférence de presse : « Le Cristiano que nous voyons à la Coupe du monde n’est plus le même qu’il y a six ou sept ans, celui que nous voyions au Real Madrid ou à l’époque de son ‘prime’. Mais il est vrai que nous devons essayer de le tenir le plus loin possible de la surface. Lors de la finale de la Ligue des Nations, il a marqué sur un ballon qu’il a touché dans la surface. » Le gardien d’Athletic Bilbao a rappelé que CR7 restait un joueur qui « dès qu’il entre dans la surface, fait la différence ».
À Seattle, USA-Belgique sera le premier quart potentiel des co-hôtes. L’entraîneur de l’OM Didier Digard, interrogé par L’Équipe sur le Maroc, a résumé le sentiment général sur les outsiders du tournoi : « Très peu de sélections semblent aussi fortes. Avec un tel niveau de confiance, cette équipe peut accomplir de grandes choses. Le Maroc est respecté de tous, il n’y a plus de hasard. » Un constat qui vaut aussi pour les États-Unis et le Mexique, qui disputent chacun leur premier quart de finale depuis 2002 et 1986 respectivement.
Avant que la nuit ne parle, le quart de finale France-Maroc de jeudi 9 juillet à 22h (Boston) est déjà dans toutes les têtes. Les Bleus l’ont emporté difficilement 1-0 face au Paraguay samedi à Philadelphie, grâce au penalty transformé par Mbappé à la 70e minute après une percussion de Désiré Doué — un match heurté, ponctué de fautes et d’une mansuétude de l’arbitre Ilgiz Tantashev qui a laissé passer de nombreux cartons jaunes côté paraguayen. Le gardien Orlando Gill a résumé l’état d’esprit d’une Albirroja qui quitte le tournoi « la tête haute » après avoir « tout donné sur le terrain ».
Le Maroc, lui, a déroulé 3-0 contre le Canada à Houston avec un Azzedine Ounahi des grands soirs (50e, 82e) et un but de Soufiane Rahimi dans le temps additionnel (90+8). Premier qualifié africain de ces huitièmes, deuxième qualification consécutive en quarts après 2022 — du jamais vu. Bounou a multiplié les arrêts en première période, Hakimi a écopé d’un carton jaune qui le place sous menace de suspension, et Ismael Saibari (remplacé par Rahimi à la 22e sur blessure) reste la révélation du tournoi malgré son forfait pour la suite.
Didier Deschamps, de son côté, n’a pas caché la tension du moment : « C’est nous qui nous faisons sanctionner. J’ai demandé aux deux plus costauds des joueurs sur le banc qu’ils aillent tout de suite le protéger à la fin. » Le sélectionneur faisait référence aux nombreuses fautes subies par Mbappé. La France devra aussi faire sans Tchouaméni pour ce quart — un coup dur au milieu, qui rendra la mission de Boston encore plus ardue contre une équipe marocaine décrite par Digard comme « personne n’a aujourd’hui envie de l’affronter ».