Coupe du Monde
28 juin 2026 6 min de lecture

Mercato : Maghnes Akliouche dit oui au PSG, l’opération Lee-Atlético doit d’abord se conclure

Le milieu offensif de l'AS Monaco, 24 ans, a donné son accord au Paris Saint-Germain et a échangé avec Luis Enrique. Le PSG attend désormais le départ de Lee Kang-in vers l'Atlético Madrid pour activer le transfert, évalué entre 50 et 60 M€.

Maghnes Akliouche sous le maillot de l'AS Monaco, en instance de signature au Paris Saint-Germain

Il a passé la journée sur les terrains américains avec l’équipe de France, et bouclé l’une des plus grosses opérations du mercato estival parisien. Maghnes Akliouche, milieu offensif de l’AS Monaco, a donné son accord au Paris Saint-Germain après plusieurs entretiens directs avec Luis Enrique, selon les informations révélées samedi par Foot Mercato et confirmées par Fabrizio Romano. Une décision personnelle qui, en pleine Coupe du monde, redessine l’aile droite du champion d’Europe et conditionne désormais la vente de Lee Kang-in à l’Atlético Madrid.

Un « oui » personnel qui verrouille le dossier

L’information, diffusée coup sur coup par Onze Mondial et Foot-Sur7 samedi soir puis reprise par la presse internationale dimanche, scelle un feuilleton ouvert depuis l’été dernier. À 24 ans, formé à l’AS Monaco où il a explosé sportivement entre 2023 et 2025, Akliouche n’avait pas encore franchi le pas. Les négociations s’étaient enlisées à plusieurs reprises entre Paris et la Principauté — un contexte que nous avions déjà détaillé dès le mois de mai, quand Liverpool tentait de se glisser dans la course. C’est l’échange direct avec Luis Enrique, et non le montant de l’offre, qui a fait basculer le dossier.

L’entraîneur parisien, qui réclamait un profil capable d’occuper l’aile droite, le poste de milieu offensif et même l’intérieur offensif, a vu dans l’international français — qui dispute la Coupe du monde avec les Bleus aux États-Unis — le joueur correspondant exactement à sa grille tactique. Akliouche, de son côté, a obtenu les garanties sportives qu’il réclamait : un rôle de titulaire et non un poste de complément, alors que sa polyvalence en faisait une cible naturelle pour le système du technicien espagnol.

Lee d’abord, Akliouche ensuite : la mécanique Campos

Reste l’équation financière. Et c’est là que le dossier se noue à un autre, déjà bien avancé : le départ de Lee Kang-in vers l’Atlético Madrid. Le directeur sportif parisien Luis Campos, qui a multiplié les allers-retours avec son homologue monégasque ces dernières semaines, a posé une condition claire : pas d’arrivée d’Akliouche sans une vente de Lee dans le même temps. L’international sud-coréen, en quête de temps de jeu après trois saisons au PSG, a fait de l’Atlético sa destination prioritaire, et les discussions entre les deux clubs ont déjà commencé.

Cette stratégie n’a rien d’un hasard. Elle permet à Paris de préserver son équilibre financier — l’opération Akliouche est évaluée entre 50 et 60 millions d’euros par Monaco, hors bonus — tout en libérant une place dans un secteur offensif particulièrement concurrentiel. Le PSG a d’ailleurs officialisé vendredi la première grande vente de son mercato estival, celle de Gonçalo Ramos à l’AC Milan, ce qui a dégagé la marge nécessaire pour activer le dossier monégasque.

Liverpool, City, Newcastle : la file d’attente qui n’a pas suffi

Le PSG n’était pas seul sur le coup. Trois clubs de Premier League — Liverpool, Manchester City et Newcastle — suivaient également le dossier, certains depuis plusieurs mois. La Premier League offrait un pouvoir d’achat supérieur et la perspective d’un championnat moins verrouillé tactiquement que la Ligue 1. Mais Paris a gagné sur deux tableaux : la clarté du projet sportif avec Luis Enrique, et la garantie d’un rôle immédiat dans la rotation.

Pour Monaco, ce départ est un coup dur sportif et financier. Le club de la Principauté, qui avait fait d’Akliouche l’un de ses actifs offensifs majeurs, va devoir trouver un successeur à un joueur qui a disputé 43 matches et inscrit 7 buts lors de la saison 2024-2025 et de la précédente, et qui reste un profil rare sur le marché français. Le timing de la Coupe du monde, qui immobilise le joueur avec les Bleus, laisse à Monaco quelques semaines pour structurer son plan B — dans un marché des ailiers où la concurrence franco-londonienne s’observe aussi sur le dossier Lacroix.

Pourquoi Luis Enrique le voulait

Le profil d’Akliouche coche trois cases dans le système Luis Enrique. Premièrement, la polyvalence : capable d’évoluer sur l’aile droite, dans un rôle d’attaquant de soutien ou d’intérieur offensif, il offre à l’entraîneur espagnol une solution de rotation crédible derrière Bradley Barcola, dont le statut n’est pas remis en cause, et devant un secteur où Kolo Muani est déjà sur le départ. Deuxièmement, la qualité technique : passeur, dribbleur, capable d’éliminer en un contre un dans les couloirs, le natif de Tremblay-en-France correspond au profil d’ailier moderne que Luis Enrique réclame depuis son arrivée. Troisièmement, la marge de progression : à 24 ans, il n’a pas encore atteint son plafond et reste sélectionnable en équipe de France, ce qui assure au PSG un actif sportif et commercial sur le long terme.

L’opération se présente donc comme le pendant offensif de la vente Ramos à l’AC Milan : un PSG qui régénère son secteur offensif en cédant un attaquant axial et en recrutant un joueur de couloir, avec l’ambition de conserver sa domination en Ligue 1 et de viser un troisième sacre consécutif en Ligue des champions. La Coupe du monde, en pleine phase de groupes pour les Bleus, agit ici comme un accélérateur : elle fige le joueur loin de la pression médiatique parisienne, mais n’empêche pas les négociations de se conclure en amont.

Ce qu’il reste à régler

Trois points doivent encore être tranchés dans les prochains jours. D’abord, le montant final du transfert : les 50-60 M€ évoqués par Onze Mondial constituent une fourchette, et Monaco pourrait tenter de pousser vers le haut, sachant que la Premier League était prête à monter plus haut. Ensuite, la structure de l’opération : paiement étalé, pourcentage à la revente, bonus liés aux performances — la négociation finale portera sur ces détails, pas sur le principe. Enfin, la coordination avec l’Atlético pour Lee : tant que le Sud-Coréen n’a pas signé, Paris ne peut pas activer formellement l’arrivée d’Akliouche, même si l’accord personnel est acquis.

Pour le PSG, l’équation est désormais simple : boucler Lee à l’Atlético dans la même fenêtre, officialiser Akliouche, et présenter un secteur offensif recomposé pour la reprise de l’entraînement début juillet. Pour Akliouche, la Coupe du monde sert de parenthèse avant une rentrée parisienne qui s’annonce immédiate. Pour Monaco, c’est la fin d’un cycle et le début d’un chantier de recrutement express.

Sources