Coupe du Monde
19 juin 2026 5 min de lecture

Mondial 2026 : Malo Gusto sort par la petite porte, et rassure les Bleus d’un mot

Sorti mercredi soir en boitant après un contact avec Lucas Digne, le latéral droit de Chelsea a coupé court à la séquence d'inquiétude en conférence de presse, jeudi : « c'est un petit hématome, ça devrait aller ». Récit.

Malo Gusto en conférence de presse avec les Bleus, jeudi 18 juin 2026 (Peter Cziborra / Reuters via L'Équipe)

Vingt-quatre heures ont suffi. Mercredi soir, Malo Gusto quittait la pelouse en boitant, la cheville gauche sous une poche de glace, le staff des Bleus déjà penché sur lui. Jeudi matin, le latéral droit de Chelsea a coupé court à la séquence d’un haussement d’épaules, en conférence de presse, à Boston : « Tout va bien, j’ai pris une petite semelle de Lucas (Digne). Je vais juste faire des soins aujourd’hui, c’est un petit hématome, ça devrait aller. » La phrase vaut résumé médical et vaut programme : avant France-Irak, dimanche, l’arrière tricolore n’a pas l’intention de s’éterniser à l’infirmerie.

Un pied qui traîne, et la soirée bascule

Tout commence mardi soir au MetLife Stadium, où les Bleus signent leur entrée dans la compétition contre le Sénégal (3-1, doublé de Mbappé, repositionnement d’Olise au centre). Malo Gusto, lui, ne joue pas. Didier Deschamps ne le fait pas entrer, comme il l’avait fait contre la Côte d’Ivoire et l’Irlande du Nord en préparation. Le latéral marseillais de formation regarde donc depuis le banc, avant de retrouver le terrain dès le lendemain, dans une opposition interne en deux fois trente minutes face à des jeunes de l’académie du New England Revolution.

C’est là que le tir se complique. Sur un de ses dribbles, Gusto se retrouve embroché par le pied de Lucas Digne, autre doublure au poste. « Un petit dribble de Malo Gusto, le pied de Digne qui traîne et Gusto est resté au sol, est parti en boitant », raconte Florent Germain, envoyé spécial de RMC, sur l’After Foot mercredi soir. Le docteur Franck Le Gall arrive, retire la chaussette, pose une poche de glace sur la cheville. Didier Deschamps et Guy Stéphan s’approchent. « Grise mine de Malo Gusto qui semblait souffrir quand il a quitté la pelouse », complète Germain. Le mot circule déjà sur les téléphones du camp français : « Il faudra surveiller l’état de santé de Malo Gusto dans les prochaines heures mais sa participation au prochain match n’est pas écartée. »

« Un petit hématome, ça devrait aller »

Le jeudi estomac noué, la question revient dès l’ouverture de la conférence de presse : où en est la cheville ? Gusto sourit. Il minimise. Il ne minimise pas pour la galerie — il dose. « J’ai pris une petite semelle de Lucas qui n’était peut-être pas très content, glisse-t-il. Je vais juste faire des soins aujourd’hui, c’est un petit hématome, ça devrait aller. » La phrase a le mérite de fixer la chronologie : soins dans la journée, pas d’examen plus lourd annoncé, retour à l’entraînement attendu très vite.

L’intéressé en profite pour replacer la soirée de mercredi dans son contexte, sans s’y appesantir. Il rappelle la chaleur new-yorkaise, la pelouse « courte et dure » du MetLife qu’il n’avait pas connue l’été dernier en Coupe du monde des clubs avec Chelsea, et la marge qu’il dit avoir sentie entre une première mi-temps ratée et la réaction d’après-pause. « Le coach a bien parlé à la mi-temps, on s’est parlé aussi entre nous. À nous de garder ça maintenant pour les deux derniers matches pour accéder à la prochaine phase. » Aucun regret affiché sur son propre statut, aucune demande de temps de jeu adressée au sélectionneur : « Il n’est pas venu me voir. Mais je dois rester concerné. »

Derrière Koundé, prêt à bondir

Reste la question tactique, celle qui dicte l’agenda du staff avant Irak. Jules Koundé a commencé contre le Sénégal et reste, à ce stade, le latéral droit numéro un. Gusto le dit sans détour : « Je sais que Jules commence aujourd’hui mais je suis là pour jouer aussi. Je me tiens prêt quoi qu’il arrive et je donnerai tout pour le maillot dès que je vais être sur le terrain. » La phrase vaut candidature, pas menace : le Marseillais de naissance accepte la hiérarchie, refuse d’en faire une certitude.

Ce positionnement, lucide plutôt qu’arrogant, correspond à ce que Deschamps appelle de ses vœux dans la gestion d’un groupe de 26. Pas de bruit, pas de frustration exposée, une disponibilité totale. Et, en creux, un message à Koundé : la concurrence existe, même si elle n’a pas encore produit ses minutes.

Car dimanche arrive vite. France-Irak, deuxième sortie du Groupe I, et Gusto n’a pas envie de rejouer les « coiffeurs » plus longtemps que nécessaire. « Tout dépend des états d’esprits, dit-il. Je pars du principe que je suis dans la liste, que je veux jouer. Je me tiens prêt. » La phrase d’après, sur Upamecano — « pour moi ça a été l’un des hommes du match » — et celle sur Cherki — « un gars qui ne se prend pas la tête, qui est très mature » — bouclent l’échange. Elles disent aussi autre chose : un vestiaire qui fonctionne, un joueur qui regarde autour de lui avant de parler de lui.

Reste la cheville. Elle n’a pas livré tout son verdict, mais elle a déjà livré sa punchline : « Ça devrait aller. » Pour les Bleus, c’est suffisant pour préparer l’Irak sans tourner en rond.

Sources