Coupe du Monde
15 juin 2026 5 min de lecture

Qatar–Suisse (1-1) : Khoukhi offre au Qatar son premier point en Coupe du monde et la Nati s’enlise sur un couac VAR

La Suisse domine et ouvre le score par Embolo sur penalty, mais concède l'égalisation dans les arrêts de jeu (Khoukhi). Le Qatar signe son premier point en Coupe du monde pendant que la FIFA reconnaît un bug VAR sur l'action du penalty.

Joueurs qataris célébrant l'égalisation 1-1 dans les arrêts de jeu face à la Suisse au Levi's Stadium de Santa Clara, Mondial 2026

Ils étaient venus au Levi’s Stadium de Santa Clara pour lancer leur Mondial. La Suisse, avec un 3-4-2-1 taillé pour presser haut et Embolo en pointe. Le Qatar, avec un 4-3-3 construit par Julen Lopetegui pour effacer la parenthèse 2022. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, les deux équipes repartent avec un point (1-1) et la même frustration : la Nati, qui a eu le match en main, lâche tout sur une tête dans le temps additionnel. Les Qataris, eux, signent leur premier point de l’histoire en Coupe du monde — au moment précis où la FIFA reconnaît que l’arbitrage vidéo a connu, sur l’action du penalty, un couac qu’elle peinait à masquer.

Embolo punit la Nati, puis la Nati se sabordement

Le match bascule à la 17e minute, sur une action limpide venue de l’entrejeu suisse. Servi en profondeur par Granit Xhaka, Remo Freuler s’écroule dans la surface après une intervention du portier qatari : penalty indiscutable, sanctionné par l’arbitre hondurien Hector Said Martinez. Breel Embolo, formé au FC Bâle et qui connaît Lopetegui pour avoir côtoyé la sélection qatarie en stage, transforme le tir au but avec la même assurance que contre le Cameroun au Mondial 2022. 1-0 pour la Suisse, et la Nati semble tenir son match de rentrée.

Sauf que la suite ne ressemblera plus à un one-way traffic. Si la Suisse garde la possession et s’installe dans le camp adverse, elle ne trouve pas la faille. Manuel Akanji déborde, Denis Zakaria tente sa chance (21e), Michel Aebischer se procure deux grosses occasions dans le dernier quart d’heure de la première période, Rubén Vargas passe à côté du break juste avant la pause. À la reprise, même tableau : la Nati pousse, mais elle bute sur un Mahmoud Abu Nada en état de grâce, auteur de plusieurs parades qui maintiennent le Qatar dans le match.

Khoukhi entre et fait chavirer le Mondial

L’entrée de Boualem Khoukhi, à l’heure de jeu, change la physionomie. L’attaquant d’Al-Sadd, remplaçant au coup d’envoi, n’a besoin que de quelques minutes pour profiter d’un centre venu de la droite. Sa tête, dans les arrêts de jeu, lobe le portier suisse et entre dans l’histoire : 1-1, et le Qatar signe son premier but — et son premier point — en phase finale de Coupe du monde. Quatre ans après la triple défaite en 2022 (Équateur, Sénégal, Pays-Bas) qui n’avait rapporté qu’un seul but en trois rencontres, la sélection de Lopetegui tient enfin sa première unité. L’image des joueurs qataris au sol, à Santa Clara, vaut tous les discours.

Le couac VAR que la FIFA a dû reconnaître

Le penalty de la 17e minute, déjà, n’avait pas fini de faire parler. Très vite, sur les ralentis, plusieurs observateurs relèvent qu’Embolo ou Freuler pouvait se trouver en position de hors-jeu au début de l’action. Problème : la FIFA n’a pas diffusé, en direct, l’animation VAR qui permet habituellement de visualiser les lignes de hors-jeu. Aucune image à l’écran, aucune explication sonore de l’arbitre, et un stade qui ne comprend pas.

Le lendemain, l’instance a publié un communiqué pour sortir du silence. Deux informations, et un aveu. Premier point, selon la FIFA, « lors de l’examen de la décision de l’arbitre sur le terrain, l’assistance vidéo s’est basée sur les lignes pertinentes pour évaluer les positions des joueurs. Ces lignes n’indiquaient, dans aucune des deux actions précédant immédiatement le penalty, que le joueur attaquant était en position de hors-jeu ». Deuxième point, sur l’absence d’images : « un bref problème technique est survenu durant la rencontre, empêchant l’affichage de l’animation du hors-jeu ». Pour sortir de la polémique, la FIFA a également publié, a posteriori, les graphiques utilisés par la VAR.

Reste un goût amer dans le camp qatari. Le penalty est resté, le match nul est resté, mais l’arbitrage vidéo — censé être la référence en matière de transparence — a montré, en plein Mondial 2026, qu’il pouvait tomber en panne au pire moment. À 48 équipes et 104 matchs de phase de groupes, le sujet n’est pas anodin : la moindre défaillance du dispositif sera désormais scrutée à la loupe.

Groupe B : tout le monde à 1 point, et la marge qui disparaît

Le résultat laisse le groupe B dans une configuration aussi rare qu’indésirable pour la Suisse. La veille, le Canada et la Bosnie-Herzégovine s’étaient quittés sur le même score (1-1). Avec ce nul, les quatre équipes du groupe B — Suisse, Qatar, Canada, Bosnie — se retrouvent à 1 point chacune au soir de la première journée. Personne n’a gagné, personne n’est largué, et chaque rencontre à venir pèsera un peu plus lourd.

Pour la Nati, la deuxième journée face au Canada s’annonce déjà comme un match couperet : un nouveau nul, et la qualification pour la phase à élimination directe deviendrait un exercice d’équilibriste. Pour le Qatar, la réception de la Bosnie-Herzégovine est l’occasion de valider l’élan de Santa Clara et de croire, enfin, à un destin dans ce Mondial — comme le rappellent les pages de référence de JustFootball sur la Nati et sur le Qatar, la route est encore longue, mais le point pris à Santa Clara n’est pas anodin.

Sources