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Pour leur entrée dans le Mondial 2026, le Brésil et le Maroc se sont neutralisés (1-1) samedi au MetLife Stadium. Vinicius a sauvé la Seleção, le Lillois Ayyoub Bouaddi (18 ans) a illuminé les Lions de l'Atlas.
Premier vrai match du Mondial 2026. Le MetLife Stadium d’East Rutherford, dans le New Jersey, attendait ce choc depuis le tirage : le Brésil sans Neymar face au Maroc qui a déjà pris goût aux grands rendez-vous. Au bout de quatre-vingt-dix minutes plus dix d’arrêts de jeu, les deux équipes se sont quittées sur un nul (1-1) qui ressemble à un aveu — celui d’une Seleção qui a besoin de son numéro 7 pour exister, et d’un Maroc qui n’a plus rien à envier aux plus grandes nations du jeu.
Le scénario a respecté la promesse du tirage. Pressing d’entrée des Lions de l’Atlas, acculés Brésiliens dans leurs vingt-cinq mètres, ouverture du score marocaine à la 21e : Ismael Saibari, lancé en profondeur par Neil El Aynaoui, trompe Alisson d’un ballon piqué plein de sang-froid. Dix minutes plus tard, Vinicius Junior remet tout à plat. Sur son 50e match avec la Seleção, le numéro 7 signe une frappe du droit qui ne laisse aucune chance au gardien marocain — « joga bonito » au moment où la Seleçao en avait le plus besoin. À la pause, le score est de 1-1, et c’est déjà un miracle brésilien.
L’autre homme du match est un gamin de dix-huit ans, arrivé chez les Lions ce printemps. Ayyoub Bouaddi, milieu de terrain du LOSC, a illuminé la première mi-temps d’une prestation qui justifie à elle seule son choix du Maroc sur la France, officialisé le 15 mai dernier. La rédaction du Figaro a sorti les chiffres : près de 90 % de passes réussies sur ses cinquante tentatives, trois tacles remportés, plus de soixante-cinq ballons touchés. Pour sa première cape en Coupe du monde, le natif de l’Oise a dicté le tempo. C’est lui qui a permis aux Lions de l’Atlas d’asphyxier la Seleçao pendant trente minutes, et c’est sa perte de balle initiale sur le but de Saibari qui aurait pu tout gâcher — mais tout le reste de sa copie a effacé l’incident. Phénoménal, pour reprendre le mot du Figaro.
L’autre image de la soirée, c’est Neymar en survêtement, sur le banc aux côtés de Carlo Ancelotti, touché au mollet depuis plusieurs jours. La presse brésilienne table sur un retour à l’entraînement la semaine prochaine. En attendant, son absence creuse un trou béant dans l’animation offensive : sans lui, la Seleçao n’a pas trouvé la solution dans le second acte, où le Maroc a reculé mais n’a plus rien concédé d’important. La défense, avec Marquinhos et les siens, est apparue fébrile sur les transitions, broyée par l’intensité adverse pendant une demi-heure. « On n’attendait pas le grand Brésil, et on n’a pas eu le grand Brésil », résume le Figaro. Au moment où le sélectionneur italien doit relancer la machine avant les rendez-vous de groupe, le Mondial trouve un nouveau favori : le Maroc, qui confirme sur le terrain ce qu’il avait déjà montré au Qatar il y a quatre ans.
Le nul blanc entre les deux favoris arrange tout le monde, sauf les deux favoris. Haïti et l’Écosse, qui s’affrontent dans la foulée (3 h, heure française), peuvent encore rêver d’une place en huitièmes. Le Brésil, lui, n’a plus le droit à un autre match moyen — sinon, c’est un troisième Mondial de rang sans demi-finale. Le Maroc, lui, a déjà prouvé qu’il pouvait étouffer une grande nation pendant quarante-cinq minutes. Avec un Bouaddi à ce niveau, et un Hakimi des grands soirs, le sélectionneur Mohamed Ouahbi tient son équipe de base pour le reste de la phase de groupes, avant le reste des résultats du jour. La Seleçao, elle, devra attendre le retour de son numéro 10 et retrouver cette confiance qui lui manque depuis le Qatar. La Coupe du monde, elle, a enfin trouvé son premier acte.