Coupe du Monde
13 juin 2026 5 min de lecture

Thibaut Courtois, 34 ans, ouvre la porte à la retraite internationale après la Coupe du monde

En conférence de presse avant Belgique-Égypte, Thibaut Courtois (34 ans) a confié qu'il y avait «plus de chances» qu'il ne continue pas avec les Diables Rouges après la Coupe du monde 2026. Âge, corps

Thibaut Courtois en conférence de presse avec la Belgique, juste avant la Coupe du monde 2026

À 34 ans, à trois jours du premier match des Diables Rouges dans la Coupe du monde 2026 face à l’Égypte, Thibaut Courtois a ouvert la porte à la fin de sa carrière internationale. Sans l’acter, sans la dramatiser, mais avec la lucidité d’un gardien qui sait compter les saisons : « il y a plus de chances que je ne continue pas avec la sélection après la Coupe du Monde que de poursuivre ».

Une phrase, et le curseur qui bascule

La phrase est tombée en conférence de presse, ce vendredi 12 juin, à la veille du départ belge vers le premier match du tournoi. Le gardien du Real Madrid n’a pas annoncé un retrait, il a dessiné un horizon. « Je ne sais pas si c’est le moment d’en parler, mais il y a plus de chances que je ne continue pas avec la sélection après la Coupe du Monde que de poursuivre », a-t-il livré, comme on referme un dossier dont on connaît déjà la conclusion.

Ce n’est pas un communiqué, ce n’est pas une conférence d’adieu. C’est, posé en pleine lumière américaine, un signal de fin de cycle — celui d’un joueur qui a tout gagné avec son club (champion d’Europe 2022 et 2024 avec le Real Madrid) et qui a porté les Diables Rouges jusqu’à la troisième place du Mondial 2018, avec le trophée de meilleur gardien du tournoi (Golden Glove) en prime.

34 ans, le corps, la concurrence

Courtois n’a pas cherché à maquiller l’argument principal : l’usure. « J’ai 34 ans et je dois penser à mon corps, a-t-il expliqué. Je veux continuer à jouer à un haut niveau pendant de nombreuses années. » Le Real Madrid, où la concurrence avec le poste de gardien reste un sujet de gestion à long terme, n’a pas vocation à voir son titulaire international s’éteindre physiquement en sélection.

Et puis il y a le détail que la presse spécialisée a bien repéré : « J’ai remarqué que pendant ces trêves internationales, on pouvait récupérer et travailler tranquillement. » Sous la formule, une confession sur le tempo effréné du calendrier international. Un Mondial 2026 élargi à 48 équipes, disputé sur trois semaines et un territoire immense (États-Unis, Canada, Mexique), n’est pas un cadre idéal pour souffler.

« Le moment de passer le relai »

Vient ensuite la phrase qui donne sa vraie dimension à l’annonce. « Je pense que c’est le moment de passer le relai à une nouvelle génération. » Le « relai » — passation, succession — n’est pas anodin dans la bouche d’un gardien qui a longtemps incarné, à lui seul, la sécurité belge derrière une génération dorée vieillissante.

La Belgique post-2018 entre doucement dans l’ère d’après. Hazard a tiré sa révérence. De Bruyne, en fin de contrat à Manchester City cet été, joue les prolongations. Lukaku, à 33 ans, reste utile mais n’est plus l’ogre d’il y a cinq ans. Et voilà que le dernier rempart de la génération des Diables « troisième de la Coupe du monde » commence, lui aussi, à préparer la sortie. Le sélectionneur Rudi Garcia, arrivé en 2023, devra composer sans doute avec un nouveau profil dans les cages, ou avec une hiérarchie rajeunie (Sels, Kaminski, Lammens, Butez figurent parmi les candidats crédibles à la succession, sans qu’aucune source ne désigne un dauphin officiel).

Famille et dernier tournoi

Il y a, dans la conférence de presse, un aveu plus intime. « Ma famille est ici parce que cela pourrait être mon dernier tournoi », a glissé Courtois, en remerciant ses proches d’avoir fait le déplacement. La phrase suffit à mesurer ce qui se joue, à quelques jours du coup d’envoi belge face à l’Égypte, ce lundi à 21h (heure locale). Six tournois majeurs au compteur avec les Diables — Mondial 2014, Euro 2016, Mondial 2018, Euro 2020, Mondial 2022, Euro 2024 — et la perspective d’un septième et dernier rendez-vous, à l’âge où les gardiens, paradoxalement, atteignent souvent leur pic technique.

Real Madrid, encore et toujours

Il n’empêche : la parole d’un gardien qui sort d’une saison ponctuée par un nouveau sacre en Ligue des champions (le deuxième du Real en trois ans) a un poids différent. Courtois n’est pas un joueur en fin de cycle club ; il est en fin de cycle sélection. La nuance compte. Elle explique pourquoi le Real n’a, à ce stade, aucun intérêt à pousser son portier vers la sortie : il reste l’un des premiers noms sur la feuille de matches madrilène, et la Maison Blanche n’a pas vocation à se priver d’un élément qui lui a rapporté deux Ligues des champions en trois saisons.

C’est précisément ce distinguo qui rend la déclaration si intéressante : pour une fois, la décision ne vient pas d’un joueur sur le déclin, mais d’un acteur au sommet de son art, qui choisit de refermer un chapitre international sans rien abdiquer de son standing en club.

Belgique-Égypte, l’ouverture belge

Reste le terrain. Lundi soir, l’Égypte se dressera sur la route des Diables pour ce qui constitue l’ouverture belge dans la compétition. Si la parole de Courtois a libéré la question, le sélectionneur Rudi Garcia n’a, à ce stade, pas commenté publiquement la sortie de son gardien titulaire. Au-delà du match, c’est l’après-Courtois qui se dessine : un Mondial à finir en beauté, et une page qui se tournera, à 34 ans, avec la même sobriété que celle que le gardien a installée en conférence de presse.

Sources