Oh Hyeon-gyu célèbre son but avec Lee Gi-hyuk lors de la victoire 2-1 de la Corée du Sud contre la République tchèque, Mondial 2026

Mondial 2026 — Matinale du 12 juin : Mexique lance le tournoi, Corée du Sud renverse la Tchéquie, fête aux États-Unis et au Canada

Bilan de la première journée du Mondial 2026 : Mexique 2-0 Afrique du Sud, Corée du Sud 2-1 République tchèque, classement du groupe A, cérémonie d'ouverture Shakira-Burna Boy et programme du 12 juin (Canada–Bosnie, USA–Paraguay).

Le Mondial le plus grand de l’histoire a commencé. À l’Estadio Azteca de Mexico, le pays hote a lancé la 23e édition par une victoire 2-0 sur l’Afrique du Sud, jeudi 11 juin, dans un match d’ouverture ponctué de trois cartons rouges. Quelques heures plus tard, à Guadalajara, la Corée du Sud a renversé la République tchèque (2-1) au terme d’une deuxième période maîtrisée, et le groupe A se retrouve avec deux leaders à trois points. La fête se déplace vendredi vers les deux autres co-hôtes : le Canada accueille la Bosnie-Herzégovine à Toronto (15 h locales, 19 h GMT) et les États-Unis reçoivent le Paraguay à Los Angeles (18 h locales, 01 h GMT samedi), soit les premiers pas du pays hote américain sur son sol en plus de trente ans. Le rendez-vous est désormais posé : 48 équipes, 12 groupes, 104 matches, et un premier tour qui distribue déjà ses premiers enseignements.

Mexique 2-0 Afrique du Sud : la fête, malgré le rouge

Le scénario n’a pas trahi la solennité du moment. Devant plus de 80 000 spectateurs à l’Azteca, le Mexique a livré la partition attendue pour son entrée dans son propre Mondial : engagement haut, pressing constant et deux buts avant la pause. Julián Quiñones a ouvert le score dès la 9e minute, puis Raúl Jiménez a doublé la mise — son premier but en Coupe du monde, obtenu lors de sa quatrième participation à la compétition, un détail que la scène azteca a savouré comme un aboutissement personnel et collectif.

Le match a toutefois basculé dans une zone inattendue à partir de l’heure de jeu. Trois cartons rouges ont été distribués, deux côté sud-africain et un côté mexicain, dont un après recours à la vidéo. L’Afrique du Sud a terminé la rencontre à neuf, le Mexique à dix, et la première soirée du tournoi a livré en creux un signal : dans cette Coupe du monde élargie, la discipline arbitrale ne se dilue pas avec le nombre de matches. Pour le détail de la rencontre, notre récap complet de la soirée azteca revient sur la prestation de Quiñones et Jiménez.

Corée du Sud 2-1 République tchèque : l’heure de Hwang In-beom

Deuxième match du groupe A, deuxième retournement de soirée. Au stade de Guadalajara (44 985 spectateurs annoncés pour 45 664 places, en présence de Gianni Infantino), la République tchèque a pris les devants sur une projection longue de Vladimir Coufal, conclue de la tête par le capitaine Ladislav Krejci à la 59e minute. La Corée du Sud, emmenée par un Son Heung-min (33 ans, désormais à Los Angeles FC) auteur de plusieurs situations franches, a répondu huit minutes plus tard par l’inévitable Hwang In-beom, milieu de Feyenoord, qui a crocheté deux défenseurs dans la surface avant de glisser le ballon sous la barre. Le tournant est venu à la 80e minute : sur un centre de Hwang côté droit, Oh Hyeon-gyu a poussé le ballon au fond des filets pour le 2-1 sud-coréen. Entre-temps, à la 77e, Tomas Soucek avait cru égaliser de la tête, mais le but a été refusé pour hors-jeu.

Pour la sélectionneur Hong Myung-bo, l’enseignement est moins statistique qu’humain. « C’était notre premier match, et un match très difficile, a-t-il résumé au sortir du vestiaire. La victoire en elle-même me rend heureux, mais ce qui est encore plus positif, c’est que nos joueurs ont gagné sans jamais abdiquer. » En face, Miroslav Koubek a reconnu la supériorité adverse tout en estimant que « la meilleure équipe a probablement gagné », tout en pointant « quelques erreurs » de son propre camp. Pour la Corée du Sud, il s’agit d’un premier match victorieux en phase finale depuis la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud (victoire face à la Grèce), et d’une troisième victoire consécutive contre une sélection européenne dans la compétition, après le Portugal en 2022 et l’Allemagne en 2018. La suite tombe samedi 18 juin : Corée du Sud – Mexique, déjà decisivo pour la première place.

Classement du groupe A après la 1re journée

Équipe J G N P BP BC Diff Pts
Mexique 1 1 0 0 2 0 +2 3
Corée du Sud 1 1 0 0 2 1 +1 3
République tchèque 1 0 0 1 1 2 -1 0
Afrique du Sud 1 0 0 1 0 2 -2 0

Les deux vainqueurs se partagent la tête, mais le Mexique possède pour l’instant la meilleure différence de buts. La République tchèque et l’Afrique du Sud, déjà dos au mur après une défaite, jouent leur deuxième match le 18 juin. La troisième journée se disputera le 24 juin.

Wilton Sampaio, l’homme du soir malgré lui

Si la soirée a livré un scénario offensif, elle a aussi installé un autre personnage au centre du récit : Wilton Sampaio. Arbitre brésilien de 44 ans, en exercice international depuis 2013 et présent à la fois lors des Coupes du monde 2018 et 2022, il a distribué jeudi son troisième carton rouge, l’un d’eux après un recours à la vidéo. Sur les réseaux, son casque de communication futuriste a circulé plus vite que le résumé tactique du match, et son nom a tutoyé les tendances tout au long de la nuit.

La question, désormais, n’est pas celle du hombre du match : c’est celle de la ligne disciplinaire que la FIFA entend maintenir pendant tout le tournoi. Trois exclusions en un match d’ouverture, sur un seul arbitrage, dessinent une tendance que les sélectionneurs observeront dès la deuxième journée. La République tchèque, en particulier, est la première à en avoir fait les frais indirects.

Cérémonie d’ouverture : Shakira, Burna Boy et l’Azteca en habit de lumière

Avant le coup d’envoi, l’Azteca avait déjà livré son show. Selon les organisateurs, plus de 80 000 personnes ont assisté à la cérémonie, ouverte par la chanteuse mexicano-américaine Lila Downs avec un rituel indigène en espagnol, anglais et mixtèque — la langue de la région du Oaxaca où elle est née. Ont suivi Maná, J Balvin, Belinda, Danny Ocean, Los Ángeles Azules, Tyla, et Alejandro Fernández pour l’hymne mexicain. Le clou de la soirée est venu de l’association entre Shakira et le Nigérian Burna Boy, qui ont interprété « Dai Dai », l’hymne officiel de la Coupe du monde 2026, devant un stade acquis. L’actrice et productrice Salma Hayek, nommée ambassadrice officielle du tournoi, a officié comme maîtresse de cérémonie depuis la pelouse.

Le chef de l’État mexicain, Claudia Sheinbaum, a en revanche choisi de ne pas assister à la rencontre. Elle a fait don de sa place à un jeune supporter mexicain via un concours national — un geste politique dans un pays où la Coupe du monde sert aussi de caisse de résonance sociale. Pour le contexte de l’avant-match et la dimension politique du rendez-vous, notre papier consacré à l’ouverture de l’Azteca revient sur ces enjeux, et notre reportage à J-2 sur la manière dont le stade est passé du symbole au point de tension.

Programme du vendredi 12 juin : Canada et États-Unis entrent dans la danse

La deuxième journée installe les deux co-hôtes restants. À 15 h locales (19 h GMT), le Canada reçoit la Bosnie-Herzégovine au BMO Field de Toronto, avec l’objectif affiché de signer une première victoire en phase finale — les Canucks n’ont jamais gagné en Coupe du monde, perdus lors de leurs trois matches en 1986 et 2022. Selon le superordinateur Opta (10 000 simulations), le Canada part favori à 58,3 %, contre 20 % pour la Bosnie et 21,7 % de match nul.

Trois heures plus tard, à 18 h locales (01 h GMT samedi), les États-Unis affrontent le Paraguay au SoFi Stadium d’Inglewood, en Californie. C’est la première rencontre du pays en Coupe du monde sur son sol depuis 1994, soit plus de trente ans. Le seul précédent en phase finale entre les deux sélections remonte à 1930, lors du tournoi inaugural : victoire américaine 3-0. Opta crédite cette fois les États-Unis de 39,8 % de chances de victoire, le Paraguay de 33,6 %, le reste en nuls. Le capitaine offensif Christian Pulisic (27 ans, AC Milan, 33 buts en 88 sélections) portera l’attaque. En tribune, la présence de Donald Trump n’a pas été confirmée ; son homologue paraguayen Santiago Peña a, lui, annoncé son déplacement à Los Angeles.

Côté diffusion, FOX, FS1 et la plateforme FOX One diffusent l’intégralité des 104 matches aux États-Unis en anglais ; les hispanophones passent par Telemundo, Universo et Peacock. Au Canada, TSN et CTV (anglais) ainsi que RDS et RDS2 (français) se partagent la couverture. Pour une vue d’ensemble avant le coup d’envoi, notre mode d’emploi du tournoi rassemble calendrier, chaînes et principales questions.

Et après : Brésil-Maroc, le premier choc de la phase de groupes

Au-delà de la journée de vendredi, la première affiche de la phase de groupes arrive dès samedi 13 juin : le Brésil et le Maroc s’affrontent dans le groupe C, au MetLife Stadium du New Jersey — la même enceinte qui accueillera la finale le 19 juillet. La sélection marocaine arrive avec un état-major remanié, entre forfaits et choix defensifs, comme l’a détaillé notre papier sur la composition des Lions à 48 heures du coup d’envoi. Trois jours plus tard, le groupe A reprendra avec Mexique – Corée du Sud, première finale avant l’heure pour la première place. D’ici là, l’Azteca a parlé, Sampaio a sifflé, et le Mondial le plus long de l’histoire est officiellement lancé.

Sources

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