Kylian Mbappé, capitaine de l'équipe de France, en conférence de presse à Boston avant le premier match des Bleus au Mondial 2026

Mbappé bloque la porte à l’Italie : « Didier est Français, il est à nous »

Dans un long entretien diffusé jeudi par M6, Kylian Mbappé a posé une ligne claire sur l'avenir de Didier Deschamps après le Mondial : « J'espère qu'il ne va pas la rejouer avec une autre équipe. L'Italie ? Ce serait moche. » Le capitaine assume, à J-4 du Sénégal, le rôle d'avocat du sélectionneur.

À quatre jours du premier match des Bleus face au Sénégal, Kylian Mbappé a posé, dans un long entretien à M6 mis en ligne jeudi, une ligne claire sur l’avenir de Didier Deschamps : « J’espère qu’il ne va pas la rejouer avec une autre équipe. L’Italie ? Ce serait moche. » Le capitaine endosse, à 27 ans, le rôle de garant politique du sélectionneur — sur le sol américain, avant la première liste de 26.

« Didier est Français, il est à nous »

C’est la phrase qui résume tout — et elle prolonge la dynamique ouverte par la liste des 26 annoncée comme un dernier défi pour Deschamps. Prononcée par Kylian Mbappé jeudi dans l’entretien fleuve accordé à M6 — diffuseur officiel du Mondial en France aux côtés de beIN Sports —, elle ferme, en une formule, le débat parti au printemps sur une possible prise de fonctions de Didier Deschamps à la tête de la sélection italienne. « J’espère que ce soit sa dernière Coupe du monde, qu’il ne la rejoue pas avec une autre équipe, a développé le capitaine des Bleus. J’ai vu qu’ils ont dit l’Italie, mais ce serait moche. L’Argentine ? Non ! (Rires.) Il représente trop pour nous en tant que Français. »

La phrase n’a rien d’une boutade. Mbappé la double d’un engagement de captainat : « Moi, je lui mets la pression. » Sur le sol new-yorkais, à 72 heures de l’entrée en lice face au Sénégal, le message est livré avec un timing qui ne laisse rien au hasard — et qui place le débat de l’après-Deschamps dans un cadre qui n’a plus rien de théorique : c’est le capitaine en exercice qui dit publiquement à son sélectionneur qu’il veut que ce Mondial soit le dernier, et qu’il ne veut pas le voir s’asseoir sur un autre banc.

Un Deschamps « apaisé » et « plus souple »

L’attaque de Mbappé n’a pas vocation à régler un conflit, mais à verrouiller l’avenir — et la première moitié de l’entretien est, sur ce point, presque tendre avec le sélectionneur. « Il est apaisé, il a le sourire, résume le Bondynois. Il a beaucoup changé, il est plus souple maintenant. Moi, ça me surprend, mais ça prouve la qualité du gars à se réinventer à chaque fois. Il a vu qu’une nouvelle génération arrivait avec d’autres codes, avec d’autres manières de voir le football et la vie, et il n’a jamais été dépassé par ça. »

Didier Deschamps, 57 ans, est en poste depuis quatorze ans et a annoncé dès janvier 2025 qu’il quitterait l’équipe de France juste après ce Mondial américain. La perspective d’un nouveau challenge n’a rien d’improbable — un récent papier d’Eurosport a relancé l’hypothèse italienne, à mettre en regard avec une Nazionale qui rate cette année son troisième Mondial consécutif. C’est dans ce trou d’air que la phrase de Mbappé s’inscrit : pas un veto, mais une mise au clair — la dernière image du sélectionneur doit être celle des Bleus.

Le Mondial des records, à 4 buts de Klose

Ce n’est pas anodin si Mbappé a choisi d’ouvrir ce chantier maintenant. À 27 ans, avec 98 sélections et le brassard, le capitaine entre dans sa troisième Coupe du monde — et son meilleur scénario personnel croise exactement celui qu’il dessine pour Deschamps. Sixième meilleur buteur de l’histoire du tournoi, à quatre réalisations de Miroslav Klose (16 buts), il a, lui aussi, une page individuelle à écrire sur ce sol américain. « Ce que je veux, c’est revenir avec la coupe, a-t-il résumé. Si je ne marque pas et qu’on gagne ? Je signe au marqueur indélébile, et je serai le premier sur les Champs. »

L’articulation est lisible : Mbappé sait qu’il aura besoin d’un Deschamps « apaisé » et « plus souple » pour viser haut, et il sait qu’un sélectionneur dont la dernière image se brouille dans une rumeur de banc étranger n’est pas un sélectionneur pleinement disponible. Le message n’est pas un caprice de vestiaire, c’est un investissement de captainat : aligner l’avenir du sélectionneur avec celui du groupe, et avec les trois objectifs assumés avant le Mondial.

J-4 Sénégal : ce que le calendrier change

L’autre intérêt du timing est tactique. La France entre en lice mardi face au Sénégal, à New York, au MetLife Stadium (coup d’envoi 21h, heure française), face à une équipe qualifiée comme champion d’Afrique — un détail que Mbappé a lui-même glissé à M6 : « C’est super de commencer comme ça, il y a aussi une histoire entre le Sénégal et la France, donc ce match sera encore un peu plus pimenté. » Le capitaine n’avait pas envie de voir l’épine DD-Italie traîner dans les journaux jusqu’au coup d’envoi ; il l’a donc coupée court, depuis le camp de base américain, avant que la lumière bascule sur la pelouse.

La méthode Mbappé, dans ce Mondial, commence à ressembler à une doctrine : fermer les sujets périphériques un par un, à voix haute, pour que le groupe entre sur le terrain sans bruit de fond. Le dossier primes venait d’être calé par la même méthode quelques jours plus tôt. Le message de jeudi sur Deschamps en est la suite logique : un capitaine qui verrouille tout ce qui peut dévier, à un moment où la lumière des projecteurs va basculer des pages people vers la pelouse — le coup d’envoi du mode d’emploi officiel du Mondial côté Bleus étant déjà connu.

Sources

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