Nottingham Forest : entre ambitions européennes et lutte pour le maintien

Nottingham Forest : entre ambitions européennes et lutte pour le maintien

Analyse de la saison de Nottingham Forest, entre ambitions européennes et lutte pour le maintien en Premier League.

Royaume-Uni

Le 30 mai 2022, le jour qui suit la victoire de Nottingham Forest à Wembley et le retour en Premier League après 23 ans, le propriétaire Evangelos Marinakis se tenait sur les marches de la Council House, sur la place du marché de Nottingham. On se donne rendez-vous près des lions, répète-t-on dans le quartier. Des milliers de personnes se pressaient devant les statues pour célébrer. Marinakis voulait marquer le coup: ce n’était que le début.

Son ambition n’était pas seulement de revenir en Premier League, mais de ramener Forest en Europe. Peu y croyaient, car quel sens pouvait soutenir un tel rêve ? Pour autant, le message était clair: l’objectif était l’Europe, pas seulement le maintien en haut du tableau.

Jeudi, Forest disputera son dernier déplacement européen de la saison dans le groupe de la Ligue Europa, contre Braga. Pour ceux qui ont obtenu des billets ou qui se sont joints au voyage, les trajets resteront marquants. Séville, en septembre, ressemblait à un rêve éphémère: une mer de maillots rouges et de drapeaux, et pendant un instant une équipe qui semblait dominer. Puis la réalité a repris le pas.

Ce qui aurait dû être le point d’orgue de la joie s’est transformé en distraction compliquée. Les supporters se sont repus de nostalgie et du contenu soigneusement mis en scène par le club, et l’Europe a fini par ressembler à une coupe domestique pour beaucoup. Ce n’est pas de l’indignation ou de l’ingratitude: l’Europe demeure spéciale, mais Forest est retombé dans le peloton des relégables pour la troisième fois en quatre saisons. Sur le plan financier, rester en Premier League est devenu la priorité absolue pour l’instant.

Si vous interrogez un observateur neutre de la Premier League, on vous répondra que ce groupe peut encore faire revenir Forest vers les grandes échéances. Mais il existe une autre lecture. Entre août et avril de l’année précédente, les mois glorieux sous Nuno Espirito Santo et son contre-attaque féroce avaient permis à Forest d’accumuler 57 points en 30 matches. En dehors de cette période, le bilan s’est dégradé et Forest a totalisé 104 points sur 106 matches de Premier League. Pour les fans, il est difficile de distinguer ce qui est réel entre l’euphorie passée et les difficultés présentes.

Cette interrogation se retrouve dans l’intersaison: le travail hors terrain a compliqué les choses. La nomination d’Edu comme principal décideur des transferts a été, rétrospectivement, une erreur. Forest a signé 13 joueurs pour environ 208 millions d’euros et chacun a débuté en moyenne cinq matches, un chiffre gonflé par Dan Ndoye et Igor Jesus qui représentaient ensemble 28 des 66 titularisations.

Contre Arsenal, Forest a affiché une défense solide et cherchait à exploiter le contre-jeu dans l’esprit du style 2024-25; 10 des 11 titulaires étaient des habitués de la saison précédente. Jesus était l’exception et même cela a été compliqué par la blessure de Chris Wood et la sous-performance d’Arnaud Kalimuendo avant son départ en prêt.

La dispersion des transferts a été éclipsée par les débats managériaux: une rupture avec Edu qui a rompu le lien entre Nuno Espirito Santo et le club; l’envie d’un style plus offensif a conduit à la nomination d’Ange Postecoglou, sans doute l’un des plus grands bouleversements tactiques imaginables; il a tenu huit matchs. L’objectif de rester en Premier League a ensuite conduit à la nomination de Sean Dyche, un autre grand bouleversement.

Dyche a certes redressé le navire sur le plan chiffré. Forest compte plus de victoires en championnat que neuf autres clubs depuis sa nomination et autant que Liverpool, Chelsea et Manchester United. Ces résultats ont ensuite tendance à ralentir, mais des victoires serrées contre West Ham et Wolves permettent au club de rester à flot.

Mais le point clé demeure: si l’objectif est d’évoluer le style et que, quatre mois plus tard, les supporters regardent du football à la Dyche, une partie du public se détourne. Voir Jesus isolé alors que Forest tentait 52 centres lors d’une défaite 2-0 contre Everton donnait l’impression d’une performance d’art où l’on voit l’homme se faire saigner la tête.

Cette analyse a été présentée comme nécessaire, mais elle résulte de choix qui auraient dû être mieux maîtrisés. Le quotidien mouvant du club crée des fractures entre les supporters qui rêvent d’un idéal et ceux qui endurent les difficultés.

Pour l’instant, des progrès en Europe et une sécurité en Premier League semblent à portée de main, mais l’Europe peut compliquer la vie domestique. À Braga, les réponses sur le terrain viendront peut-être.

Des réponses en provenance de Braga.

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