Récompensé pour la troisième année consécutive avec son staff lors de la Nuit du rugby, Ugo Mola est revenu sur la difficulté d’exercer ce métier si particulier. Il précise que ce trophée représente, au-delà du symbole, une forme de reconnaissance de la liberté dont bénéficie le Stade Toulousain et de l’environnement qui permet à chacun de s’épanouir professionnellement.
Dans le contexte actuel du Stade Toulousain, ce trophée symbolise la capacité à rester performant tout en gérant les aléas du haut niveau, mais il ne garantit pas la suite. Selon lui, il faut rapidement se mettre au diapason, car les autres ne cessent de progresser et les trophées restent importants pour le club qui travaille dur pour les obtenir.
Le staff a évolué : on grandit, on vieillit et on s’assagit; on prend des coups et on apprend de nos erreurs. Comme l’équipe et le club, il mut et s’adapte. Mais les non négociables restent : prendre du plaisir, que la passion demeure vive et que l’envie continue d’animer le travail, car nous sommes des privilégiés de pratiquer ce sport.
Il évoque aussi la fragilité du métier et rappelle des exemples de revers vécus par d’autres staffs : des coachs rencontrent des périodes difficiles et des remaniements surviennent lorsque les résultats se font attendre. Le Stade Toulousain a connu des hauts et des bas, et il sait que l’avenir peut être incertain.
Une lassitude est perceptible chez certains supporters qui voient le Stade gagner sans cesse. Il répond que c’est une réalité du jeu et qu’il faut continuer à regarder droit devant et à s’adapter. Le rugby français est en dynamique positive : de nombreux clubs performants, trois champions d’Europe d’affilée et une génération de jeunes qui sortent des centres de formation. Plus personne n’a peur de faire jouer les jeunes, ce qui renforce la projection du Stade Toulousain.
Il met aussi en avant des exemples de staffs inspirants, dans différents sports et clubs : Bordeaux-Bègles et Bayonne, mais aussi Vannes, Perpignan, Montauban et Tillous-Borde, que Mola a connu. Il affirme qu’il existe de nombreuses approches efficaces et que la liberté du Stade Toulousain vient aussi des dirigeants qui pilotent le club.

En début de saison, on a beaucoup parlé de regeneration mentale pour les staffs. Etre un staff nombreux et complet aide à regenerer les energies et à maintenir la motivation. Il précise qu’il faut profiter de la chance d’être en poste et rester conscient de la fragilité du métier.
Vous vous inspirez d’autres sports ? Oui, beaucoup. On accueille Trent Robinson des Roosters à Sydney, on travaille avec le staff de ski alpin et avec d’autres clubs comme Agen; On cherche à faire venir des personnes pour varier les approches. Le rugby est porté par des échanges entre clubs et rivalités qui, si elles existent, permettent au rugby d’être plus attractif.
Cela fait dix ans que vous êtes à la tête du Stade Toulousain. C’est long dix ans ? Oui, la difficulté de rester à la tête d’un staff lorsque les résultats peuvent être précaires est réelle. La stabilité vient des présidents et de la continuité du club, qui permet d’envisager l’avenir et d’assurer la suite.
Est-ce que vous partagez les propos d’Antoine Dupont sur le salary cap ? Oui, des problématiques existent et le salary cap vise à niveler et à protéger les joueurs, car le rugby moderne est physiquement exigeant et les carrières sont courtes. Il rappelle que certaines économies réelles existent dans différents clubs et que les joueurs méritent d’être protégés et rétribués à la hauteur de ce qu’ils génèrent, pour que le sport puisse perdurer.
Les deux accros à l’extérieur ne doivent pas masquer la motivation du staff. L’objectif est de relancer la machine et de démarrer la saison au plus tôt. Le championnat reste très disputé et, malgré les idées reçues, il n’a jamais été aussi ouvert, avec plusieurs clubs capables de viser le titre.
Concernant le bord terrain, il affirme que la liberté est une valeur clé et qu’il préfère garder son propre regard et son intuition, tout en restant connecté avec ses adjoints qui gèrent les datas et partagent les analyses utiles. L’objectif est d’être efficace et de transmettre rapidement l’information pertinente.
Les adjoints reçoivent l’ensemble des données et les transmettent en fonction de ce qui est utile. Après près de sept à huit ans de collaboration, ils se connaissent par cœur et savent ce qui compte, afin d’éviter la surcharge et de privilégier ce qui peut guider les décisions sur le terrain.









