La gestion des temps de jeu et de la fatigue des joueurs est une problématique récurrente pour les clubs et sélections nationales, notamment à l’approche des grandes compétitions. Alors que la Gold Cup s’annonce pour l’été 2025, Mauricio Pochettino doit trancher entre la préservation de ses cadres comme Christian Pulisic ou la quête du titre. Cette décision pourrait impacter directement la préparation des États-Unis à la Coupe du Monde 2026, qu’ils co-organiseront avec le Canada et le Mexique.
Le dilemme de la gestion de la charge physique
L’équilibre entre performance optimale et minimisation des risques de blessures est au cœur des préoccupations des staffs médicaux dans le football d’élite. Pourtant, cet impératif de “gestion de la charge” entre en conflit avec la soif de victoires et d’émotions fortes. Ce duel se complique particulièrement les années précédant un tournoi majeur, accentuant les tensions entre clubs, sélectionneurs, joueurs et leurs corps fatigués.
Harry Kane en est un exemple récent avec près de 3 500 minutes disputées en club avant l’Euro 2024. Cette surutilisation a conduit à des jambes lourdes et une baisse mentale, contribuant à l’échec en finale d’Angleterre face à l’Espagne.
Un été décisif pour Pochettino et les États-Unis
La saison dernière s’est avérée difficile pour Mauricio Pochettino et l’USMNT. Les éliminations face au Panama et au Canada lors de la finale de la Ligue des Nations Concacaf en mars ont soulevé des doutes sur la pertinence de sa nomination. Dans ce contexte, la Gold Cup de juin-juillet représente une occasion de rédemption mais aussi un casse-tête tactique.
Faut-il miser sur une équipe au maximum de ses forces pour viser le trophée sur le sol américain, ou au contraire épargner les vedettes pour garantir une préparation longue et exigeante jusqu’à la Coupe du Monde 2026 ?

Pochettino lors de la défaite contre le Canada en mars (Frederic J. Brown / AFP via Getty Images)
Christian Pulisic et Antonee Robinson en surmenage
Le meneur de jeu de l’AC Milan et le latéral de Fulham ont tous deux affiché des charges de jeu considérables cette saison. Pulisic totalise 3 895 minutes jouées entre clubs et sélection, tandis que Robinson atteint 3 370 minutes. Leurs multiples déplacements transatlantiques pour les rassemblements internationaux amplifient leur fatigue.
Le risque de blessures persistantes, comme celles qui ont affecté Pulisic durant la deuxième moitié saison à Milan, incite à une pause stratégique. Éviter une surcharge cet été pourrait prévenir un épuisement sur la saison 2025-2026 et garantir leur pleine forme au Mondial.

Entre ambition et prudence : le choix difficile de Pochettino
Le sélectionneur argentin est confronté à l’exigence d’une victoire pour renforcer sa crédibilité, ce qui pourrait l’amener à convoquer ses meilleurs éléments pour la Gold Cup. Pourtant, l’USMNT pourrait logiquement se qualifier pour la phase finale du tournoi sans Pulisic ni d’autres cadres, face à Trinidad et Tobago, l’Arabie Saoudite et Haïti dans le groupe.
Une solution pourrait consister à aligner ses stars pour les deux matches amicaux de préparation contre la Turquie et la Suisse les 7 et 11 juin, maximisant ainsi les chances de succès et le moral de l’équipe, avant de leur accorder un repos bienvenu.

La sélection et les messages à faire passer
Le discours de Pochettino sur la sélection des “bons caractères” pour la Gold Cup révèle la complexité du choix. Faut-il favoriser les joueurs expérimentés évoluant dans les grands championnats européens ou laisser la chance à de jeunes talents issus de la MLS comme Diego Luna (Real Salt Lake) et Patrick Agyemang (Charlotte FC) ?
En outre, épargner uniquement certains cadres tout en sollicitant d’autres joueurs ayant, eux aussi, beaucoup joué cette saison pourrait créer des tensions au sein du groupe.

Un choix stratégique pour préparer 2026
La gestion minutieuse des temps de jeu lors de cet été sera cruciale pour la trajectoire du projet de Pochettino à moyen terme. Préserver la fraîcheur physique des titulaires principaux tout en construisant une dynamique positive reste l’équation à résoudre avant une Coupe du Monde historique sur le sol nord-américain.
Les joueurs concernés pourraient ainsi achever la préparation américaine par une note positive, démontrer leur engagement, avant de bénéficier d’une période de repos qui limitera le risque de fatigue excessive. Cette stratégie pourrait également faciliter leur retour aux séances de pré-saison avec leur club, évitant ainsi un retard dans la reprise de forme au début du championnat 2025-2026.








