
Violences à Buenos Aires : retraités et supporters s’affrontent
À Buenos Aires, des retraités soutenus par des supporters de foot manifestent contre la dégradation de leur pouvoir d'achat.
Dans une ambiance tendue à Buenos Aires, des manifestations visant à défendre les retraites ont dégénéré ce mercredi 12 mars, opposant des policiers à des milliers de manifestants, dont des supporters de football. Ce rassemblement, qui avait pour but de défendre les droits des retraités, a rapidement attiré l’attention des médias et de l’opinion publique.
Des heurts violents au Parlement
Les affrontements ont éclaté près du Parlement, alors que des supporters de clubs tels que River Plate et Boca Juniors sont venus apporter leur solidarité aux retraités. Les chants des supporters, clairs et puissants : « S’ils touchent aux vieux, quel bordel se prépare ! », ont résonné dans la capitale argentine.
À la mi-journée, la tension était palpable, et des bousculades ont débuté entre les forces de l’ordre et les manifestants. Les policiers ont réagi avec des balles en caoutchouc, des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour tenter de contrôler la foule. Selon les premiers rapports, au moins deux personnes ont été arrêtées lors des échauffourées.
Impact des politiques de Javier Milei sur les retraités
La colère des manifestants provient en grande partie de la dégradation rapide de leur pouvoir d’achat. Sous la présidence de Javier Milei, l’inflation a atteint un niveau alarmant, culminant à 211 % en 2023. Les retraités, qui perçoivent une pension minimale, sont particulièrement affectés par cette situation.
Les manifestations ont lieu chaque mercredi depuis plusieurs années, souvent avec des groupes de retraités qui se rassemblent pour dénoncer leur situation financière précaire. Depuis le début du mandat de Milei, ces rassemblements ont pris une ampleur inattendue, surtout avec le soutien des supporters de football.
Un soutien inattendu pour les retraités
Les appels à rejoindre les retraités se sont multipliés sur les réseaux sociaux, unissant plusieurs groupes de supporters. Des gens comme Martín Mansilla, un conducteur de taxi âgé de 33 ans, témoignent de leur indignation : « Je suis venu parce que ce n’est pas possible qu’ils frappent des retraités, mon père est à la retraite, il a 83 ans et il touche la pension minimum, il n’a plus accès aux médicaments ! »
Ce soutien des fans de football montre la détermination des Argentins à s’opposer à la dureté des mesures prises par le gouvernement. Même si les précédentes manifestations avaient entraîné des blessures légères et quelques incarcérations, la mobilisation semble être en pleine expansion.
Réaction du gouvernement
Le gouvernement a réagi avant même le début des manifestations, qualifiant l’action de « marche de barrabravas », sous-entendant une influence politique de gauche. La ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, a qualifié la mobilisation de « déstabilisatrice », avertissant les manifestants des conséquences de leurs actions.
Les retraités argentin, déjà en difficulté depuis des années, se retrouvent maintenant face à une austérité accrue, alors que les augmentations de leurs pensions ont été gelées dans un contexte de crise économique exacerbé.